Nicandre, p. 20, v
Nicandre :
"AXXoç ô' au xô/XotCTi ôop.r)v IvôâXXeTat aïrjç* àXXw ô' eyY\oà.o\}aa. XottIç T^ep'.\ir,x£a xûxXov xotxîXov aiôXXet* lîoXée; ô' ànàOotoc jityévTej; (T7:eîpr) XeTîpaîvovTai àXtvôdjJievot ^a\ià(ioiai.
(Ther., v. 153-156).
Heureusement, des épisodes tempèrent un peu la sécheresse de ces nomenclatures. Quelques vers empruntés à l'un d'eux suffiront à donner une idée du style de Grévin traducteur. Voici une fable qu'on pourrait intituler lAiie et le Serpent, Jupiter, après avoir partagé avec Neptune et Pluton l'empire des éléments, voulut récompenser les hommes de ce qu'ils l'avaient averti du larcin de Prométhée. Il leur donna la Jeunesse, qu'ils emportèrent de l'Olympe. Mais bientôt, le fardeau leur semblant trop pesant, ils le chargèrent « sur un blanc ventre nice »^ dit Grévin, c'està-dire sur un âne au ventre blanc (nice est un vieux mot qui signilie naïf ou niais),
lequel ayant marché Flechissoit, et avoit son gosier desséché.
L'âne passa près d'une fontaine limpide, gardée par un serpent. Il s'adressa humblement à
ceste bete tortue ; En flattant la pria qu'en sa déconvenue Elle le secourût ; mais elle demandoit A ce sot pour loyer la charge qu'il avoit Receuë sur son dos ; luy voyant que ce faire Etoit nécessité, n'alla point au contraire. Et tout depuis ce temps, les hommes sont vêtus De viellesse fâcheuse, et les serpens tortus Laissent leur vielle peau^..