‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 61 sur 262 · vers · texte numérisé non relu

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seillail la thérapeutique du temps de Nicandre. Peu de digressions. Ceux que charme dans le vieux langage la naïve impudeur des expressions pourront chercher dans la traduction de Grévin* l'épisode de Vénus changeant une jeune fille en lis, et, pour l'humilier davantage, attachant à la fleur, par un raffinement de vengeance, une particularité dont ne se fussent point offusquées, au temps de Juvénal, Laufella ou Médulline'. J'aime mieux citer le passage où nous voyons les enfants villageois

qui laissent dégourdis Le ramper dangereus, et par voye douteuse Marchent sans le suport de leur mère soigneuse^,

s'amuser à mâcher la fleur de la jusquiame qui leur fait gonfler les lèvres et les gencives. Comme les Thériaques, les Contrepoisons se terminent par quelques vers adressés à Jean de Gorris :

Toy aussi, de Gorris, qui as l'esprit divin Favorise toujours le nom de ton Grévin, Qui poursuivant les pas d'une Muse parfette S'est fait, comme l'auteur, médecin et Poëte : Favorise moy donc, qui premier des François Ay montré mon langage à ce Poète grégeois*.

Sans être littérale, la traduction de Grévin se recommande par sa fidélité. Les extraits ci-dessus rapportés, comparés aux passages correspondants de Nicandre, montrent dans quel esprit elle est conçue, cherchant à se conformer non seulement au sens, mais encore au mouvement du texte, rendant, par exemple, un rejet par un rejet. Cette façon de traduire semble aujourd'hui

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