Ihid., p. 71, 149 et
3. Les quatre Livres de la Vénerie d'Oppian, par Florent Clirestien. Paris, 1575,
fol 28 r.
11 s'escoiile subit, et gaillart et accort, Il entre d'un grand cœur par le sueil de la mort. Lors d'un somme profond le pauvret se resvoille, Et portant dans ses flânez ceste estrange merveille Du mal inespéré, il se met en fureur, S'escoulant çà et là : ore en la profondeur Du fleuve retiré, et ores sur la grève 11 s'cstend tourmenté du grand mal qui le grève. Mais l'autre ce pendant, beaucoup moins soucieux. Se recrée en mangeant un repas doucereux, Qu'il arracbc à loisir des environs du foye : Puis le soir approcbant sortant il se faict voye. Et laisse le corps vuide. 0 le Ccrcbeur prudent Combien grande est ta force et ton miracle grand! Quelle audace a ton cœur! combien as-tu de peine. Mettant ton petit corps contre la mort procliaineM
1 Oi'PiEN :
'IXVcOfJiwv patoç jj.èv, àxàp jxeyàXoifftv ôixoiw; tiéXzeaOat Qripeaai iravà$to; etvexa pouXïjç àXxrjç TE xpaTeprj; \jTzb vrjiieÔavoTfft ixéXeffdtv. ^11 yap TOC xépoeorfft xaréxTave ôtTïXôa çùXa, kpTZ\jazf,poLq ôçet; te xal àpyaXéou; xpoxooetXou;, xctvou; NetXwouç, çovtov yévoç • ôzroxs yâp xtç Orjp&v XeuyaXéwv eGot) rptatoixa ueTocdciaç XciXea xal x^oç ^^py xal âdTceTov alôXov ipy-oi^^ dr] (5a tôt' J/veûixwv ôoXIyjv èrzi [jlïjtiv Oçatvœv Xo;oï; dçOaXixoÏCTcv àrceipova Oïipa ôoxeûei, etaôxE TOC paOùv utcvov 1^1 ^pea\ TctCTTaxracTO * act|;a ô' àp' èv tJ^a|xdOoc<Tt xal èv 7:r,Xoï(Tcv èXu^Oel; p'.\if lOopev, îiuXeôva ôcaTîTapievo; OavaTOco •roX|Jir,p-75 xpaocr;, ôcà ô' vjpkoi yiXuOe Xat}jLoO. 'AuTàp ôy' àl ÛTCvou ^apuasoç epyeTO ôeiXôç, y.al xaxôv èv Xayôveacrc çépwv tÔctov àrpoTteX-TOV, zàvTT] jiacvôiAEVo; xal àixiixa^o? àiiçaXâXTjTat, àXXoTE ô' èv tpajidOotat xuXtvô6nevo; tuotI xépaov, âyptov àdOixaivwv, (TTpw9W|ievo; àixç' ôôuvrjdcv.
A'jTàp oy' oùx àXéyec, yXuxepfj ô' èTTCTÉpTCcT' èôtoô^jj, r,::aTt ô' âyxi |xâXc<TTa Tzapi^nEvo; ecXaTzcvil^ec * i'\ik fjï TOC rpoXtzwv xeve6v ôé|ia; IxOope Or,pô;.
IxveOixov (iey(xOu|xe, (xeyaaOcvè;, aloX66ov)Xe, ÔT<TT)v TOC xpaSÎTj T^XjAav xiSev! 5<t<tov OTréaTy;;, àyxiiAoXov OavaToco Te6v oéna; ixP'î ^pef^ia; !
{De Yenalionc, 111, v. 407-452. Cf. Slrabon. XVil I, 59.)
En passant, Grévin s'accorde un aniusomenl littéraire : ayant à Iratluirc a un gentil épigramme en Ausonne », il en tire un sonnet :
Quel(|ue femme adultère un poison apresla Pour son niary jaloux : mais craif^Miant (|ue la j)rise Assos lost ne parlisl sa meclianle entreprise, Un poison d'argent vif eneore elle adjousla.
A chasqu'un de ces deux la nature presta Un venin plein de mort, pour-veu (ju'on les divise : Mais celuy la (jui but tous les deux par surprise, Pour un contrepoison heureux il les ^ousta.
Car du venin mortel le lieu est délaissé, Ce pendant que les deux combattent leur querelle, Et (ju'au ventre d'embas le tout est dédiasse.
0 Dieu, que tu es bon ! La femme plus cruelle Est la plus profitable : et, alors (pie lu veux, On sent p;ir deux poisons un secours bienheureux'.
Grévin cite aussi l{onsard% et il ne s'interdit pas de se citer lui-même (deux vers de Cémr, un passage d'une de ses odes, le commencement d'un de ses sonnets, et un de ses sonnets en entier^). I^irle-t-il du chien enragé, il écrit : « Les signes du
\. Venins, p. 25.
AusoNE :
Toxica zelolypo (ledit uxor mœcha inarito,
Nec sa lis ad viortem credidil esse dalum. Miscnit argcnti letalia pondéra viri,
Coijerct ut cclcrcm ris (jeminata neccm. Dividat lnvc si qiiis, faciunl discreta vencnum;
Antidolnm sumdf qui soc.ielata bibet, Ergo, inler sêse dum noxia pocuhi cerlant,
Cessil Iclalis noxa salulifcrw.
Proliuus et vacuus alvi petiere recessus,
Lubrica dcjedis qna ria nota cibis.
Qnam pia cura Deum! prodesl crudelior uxor; Et, quuni fala voiunt, bina venena jurant. 2. Venihs, p. 89.
7). Venins, |i. 101, 140, 58.
chien enragé ont esté compris en une response faicte aux calomnies d'un mesdisant, en ces vers :
Uelirez-vous arrière, à fin que voslre veue Ne se souille, voyant une beste incognue*.... »
Les dix-liuil \erî? i;i[»|)uilés en cet endroit sont extraits de la Ucspome aux calomnies^ pamplilet anonyme de Grévin contre Charpentier ^ Grévin n'a rien ahdiqué de ses rancunes. Il aime à se souvenir de Charpentier, en passant en revue les hètes malfaisantes.
Cinquante-cinq figures illustrent Touvrage. Plantin avait commencé l'impression des Venim au mois de novemhre 1565. 11 reprit le travail en juillet 1567 et l'acheva le mois suivant. Geoffroy Balin ou Ballain, artiste de Paris, en dessina les planches, Jehan de Gourmont les grava sur bois. Nous avons sur ces divers points le témoignage des registres de Plantin \ Deux lettres de celui-ci à Pierre Porret nous mettent au courant des retards que subit l'apparition du volume : « D'Anvers, ce 7 juillet 1567.... Vous voyés par ces feilles que j'ay commencé le livre de M. Grévin, de si long temps délaissé, faute de papier, dont gi'âces à Dieu, j'espère doresnavent avoir assés, pour le moins autant et plus que je n'en pourray payer, si la vente ne me soulage mieux d'un costé ou d'autre, pour continuer les ouvrages que je pourois entreprendre, soycnt in-8" ou in-f" commun. Je vous prie faire mes recommandations et excuses audit sieur Grévin, et luy dire que j'espère de continuer à son livre tant (|u'il soit achevé, et que je suivray à mon pouvoir ses advis cl luy envoyeray des feilles le plus souvent que je pourray*. » Kl peu d(; temps a[nès : " j'ay commencé le livre de Grévin