‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 66 sur 262 · H. Mautil's, De Vcnenis, p · texte numérisé non relu

H. Mautil's, De Vcnenis, p

ijimci, .s'excuse, en ce qui concerne les TItériaqueSj de n'en donner que le lexte grec, sans traduction latine en regard, conlrairement à sa méthode. Je n'en ai pas, dit-il, de traduction littérale, mais on trouvera à la suite une excellente traduction en vers latins par Jacques Grévin : « Ciim nulla nobis de verbo ad verbum venio suppeteret, grœcuni textum hic tibi soliim damus. Ne tamen hac itt re o/fichim erga te nostrum mancum videreluv, Jacobi Grevini medki et philowphi Parisiensis doctissimi versibus latinis translationem subjunœimuSy qui etsi -oL^y. TTôSa fjrxcis non respondeant, nint tamen tam élégantes et eruditi, menlique Nicandri ila consoni, ut ipsi etiam Ligurino Momo facile sa lis facere possinl ^. » La ti'aduction des Tliériaques ainsi vantée est celle qui termine le volume de Martius :

Replilimn, quœ dente nocent, ictuque, ferarum Tum varias formas, tum noxia vulnera, qu)s hœ Incautos périmant homines...y etc.

Donc, pour Lectius, ces vers appartiennent à Grévin. Chose bizaire : Lectius, venant ensuite aux Alcxipharmaques de Nicandre, donne en regard du texte, sans explication, une traduction en vers latins diflerente de celle qu'on lit dans le volume de Martius. Par conséquent, nous voilà déjà sûrs que Fabricius commettait une erreur en imprimant, dans la première édition de ^'d Bibliotheca grxca^ que les deux poèmes latins rapportés par Lectius sont, le premier comme le second, l'onivre de Jac(juos Grévin', opinion (jue partagèrent d'autres bibliographes, notîunment Jean Ubode'. Lectius lui-môme n'en disait pas tant, et n'attribuait à Grévin que la première traduction. Pour le dire en passant, on s'explifjue d'autant moins cette inexactitude de Fabricius, (pi'il n'ignorait pas rexistcnce de la version de Jean de

1. Lectius, Voelse Grœci veleres carminis beroici scriptores. Genève, I(î06, 1. I,

2. Fabricius, op. cit., t. VIII, j». 034. 7k IhuL, t. IV, p. 352.

— i20 — Gorris : il eût pu facilement se convaincre de ce fait que la traduction latine placée en regard des Alexipharmaques par Lectius n'est autre que celle de Jean de Gorris :

Sint quamvh Asiœ prociil a se dissita latie

Mœnia, qtteis urbes noitri cinxere parentes,

Protagora, alque illas spatium disterminct ukjch^..., etc.

Aussi Schneider prend-il soin de relever cette indication erronée dans la préface qu'il écrit en tète de son édition des Alexipharmaques de Nicaudre. Schneider rappelle que Lectius a emprunté le texte de Nicandre à Henri Eslicnne; et il ajoute : « Ilanc (editionem) repetiit in gemina Collectione poctarum Colonix Âllobrogum anno 1G06 édita Jac. Leclim, addiia lameii versione latina poetica Jacobi Grevini, Galli, qui antea gallico carminé Nicandrum interpi^etatm anno 1570, poslea lalinam etiam ejm versionem expertusest, quant videlicet Lectius Theriacis subjunxit;' contra Alexipharynacorum versionem a Jo. Gorrxo profeclam juxta posuit\.. » Une rectificalion en ce sens fut insérée' par Harlcs dans la nouvelle édition de la Bibliotlieca grxca de Fahricius'. Ainsi, voilà qui demeure entendu : la traduction des Alexiphannaqu£S imprimée dans l'ouvrage de Lectius est celle de Jean de Gorris. Reste à savoir (seul point qui nous intéresse), de qui vient la traduction des Thériaques rapportée par le même Lectius :

Replilhim, quce dente nocent, ictuque, fer arum Tnm varias formas..., etc.

Cette traduction, Lectius et les autres après lui ont-ils eu raison d'en reporter l'honneur à Grévin? Bien entendu, lorsque nous connaîtrons l'origine de cette traduction des Thériaques, nous connaîtrons également l'origine de la traduction des Alexi-

1. J.-G. Schneider, Nicandri Alcvipharmaca. Halle, 1792, p. X,

Page 1