Fabiucils, toc. cil
pharmaques qui raccompagne dans Touvrage de Marti us, et que Leclius a remplacée, je ne sais pourquoi, par une autre :
Quanquam majores sua quondam mœnia iiostri Quorum et nos de slirpe sumus, non urbibus islis Vestrœ Asiœ junxere, meamque tuamque sit inter Immensus patriam, qui nos disjungatj hiatuSy Oplime Protagora...y etc.
A qui Marti us a-t-il emprunté la traduction des Thériagiies (et, par conséquent, à qui a-t-il emprunté cette traduction des Alexiphar maqucs) 1 XGré\in, déclarent unanimement Lectius, Fabricius, Schneider et Ilarles. ils font erreur, malheureusement. A la suite du passage que j'ai cité, Schneider, passant en revue les différents traducteurs de INicandre, glisse cet aveu : « Versiorwm poeticam ah Euricio Cordo medico profectam nunquam tradavi nec curavi — » S'il Tavait eue en mains, cette traduction élégante, mais un peu libre, d'Euricius Cordus, il Taurait reconnue : c'est par elle que Jérémie Martius, sans en nommer l'auteur, termine son traité De Venenis, Seul, Hoffmann a vu clair dans cette question. Après avoir parlé de l'ouvrage de Martius, il ajoute : « Àccedunt Nicandri Tlieriaca et Alexlpharmaca in lalinum sermonem reduclaper Euricium Cordum\ »
Dans ce traité des Venins^ Grévin a indicjué à deux reprises les liens ([ui, dans les idées de son temps, rattachent à la médecine la connaissance des « enchanlements et sorcelleries' », soit que ces enchantements aient pour cause quelque médicament ou lireuvage, auquel cas leur étude se rapporte ù la théorie même
1. HoFFMASN, Lexiconhihlioijraphhum. L(M|tsick, 1852-183(», t. III, p. 120, col. 1. "l. Venins, p. 9 et ôl.
des venins, soit que renchanteur ne fasse usage que de simples paroles et de la « fascination ».
M(Mne lorsqu'elle est représentée par des hommes d'une doctrine prodigieuse pour leur é|)oque, tels que Paracelse ou Corneille Agrip|)n, la science du xvi" siècle reste l'hérilière du moyen âge, dont elle a conservé la foi et aussi la superstition. On croit à Tastrologie, a l'occultisme, à la cabale, à la magie. On croit (jiic la nature est peuplée de démons et de gnomes, et Ton croit au pouvoir des sorciers, intermédiaires entre l'homme et ces puissances invisibles et malignes. Le grand Fernel lui-même a donné dans les qualités occultes et dans les démons : Guy Patin, son admirateur à tous autres égards, le lui a assez repioché. Que devait donc penser la foule, si de tels hommes étaient crédules? La crédulité générale a son reflet dans la littérature. Konsard, dans un de ses grands hymnes, intitulé Les Daimom, dédié à Lancelot Carie, évoque de Riez, s'étend poétiquement sur le pouvoir des démons et sur les hypothèses que Ton peut faire touchant leur origine :
Quand l'Eternel baslit le grand palais du Monde, Il [)eu[)la de poissons les abysines de l'onde, D'hommes la terre, et l'air de Daimons, et les cieux D'Anges, à celle fin qu'il n'y eust point de lieux Vuides en l'univers, et selon leurs natures Qu'ils fussent tous remplis de propres créatures* —
Quelques protestations se firent entendre contre ce rôle du surnaturel dans l'étude de la nature. La plus célèbre est celle de Uabelais : « Laisse moy l'astrologie divinatrice et l'art de Lullius, comme abus et vanitez, » écrit Gargantua à son fds Pantagruel. Cette voix ne fut pas la seule. Grévin souhaitait qu'on débarrassât la science médicale de l'hermétisme et du merveilleux. Dans le Second Discours sur r Antimoine, il criait à Launay : « Voyla... comment vostre marchandise est esventée et niis(^ an ronu des