‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 76 sur 262 · Acte 111. — Calpurnie confie ses pressentiments à la nourrice · texte numérisé non relu

Acte 111. — Calpurnie confie ses pressentiments à la nourrice

Dilecta nutrix, quid mihi inslat^ nescio : Sed me misellam mirus invasit timor.

Elle lui raconte le songe qui Ta effrayée la nuit précédente. La nourrice la rassure et lui conseille de sacrifier aux dieux :

Rite conceptis deos Mollire votis, thuraque aris omnibus Adolere prœslat. Non inexorabilis Mens est deonim.

Calpurnie ne se propose pas moins de dissuader César d'aller au Sénat. Lg chœur implore la faveur des dieux pour la fête des Lu perça les.

Acte lY. — Après une si longue exposition, nous voyons enfin commencer l'action et naître un intérêt de curiosité. Calpurnie conjure César de ne pas assister à la séance du Sénat. César résiste d'ahoi'd à ses prières, puis linil par céder : MiUalur senatm in hune diem. Mais Decimus Brutus lui demande si le vain(jueur de tant iU\ nations s'arrêtera aux songes d'une femme :

Si Ciesar orbem, Cœsarem muiier régit!

Et César n'hésite phis; il s'écrie :

tamus : omnis jacta nabis aléa est.

Le chœur blâme la facilité des hommes à mépriser les conseils de la femme.

AcTK V. — Lo meurtre est accompli. Biulus,enlranl en scène, jette la nouvelle au peuple dans une apostrophe dramali(|ue :

Spirale, cives! Ovsar interfectu^ est....

puis, Cassius et Bnitus appellent le peuple à la liberté. On s*attendrait à ce que la pièce piît fin en c(;l endroit, j)ar un chœur (jui porterait aux nues la conduite des conjurés. Muret, désireux de nourrir son cinquième acte, le termine par une seconde partie, d'une allure assurément théâtrale, mais qui se rattache assez faiblement à la partie précédente, (lalpninie reparaît, se lamente et crie à ceux qui ont tué son époux (ju'ils doivent lui faire partajrer son sort. Le chœur, oublieux tout d'un coup des sentiments républicains dont il a fait montre, maudit les meurtriers de César. L'ombre de celui-ci surfait alors. Ce n'est pas, comme le (lit M. Faguet, le cadavie du diclaleur (ju'on apporte sanglant sur la scène*. C'est bien son ombre qui nous déclare qu'elle demeure déjà avec les habitants de l'Olympe. César fait allusion à la vengeance qu'on tirera de sa mort; Calpurnie laisse éclater sa joie de celte apothéose, et la pièce se tei'inine paisiblement \n\v des considérations du chœur sur l'immortalité de l'ame.

Venons maintenant à la tragédie de Grévin. La compaiaison à laquelle il nous convie se fera peu à peu : nous n'aurons qu'à la résumer.

Acte L — César, parvenu au faîte de la grandeur, se sait entouré de périls. Mais un héros tel que lui ne doit pas redouter le trépas :

Quoy! ([ii'au cueur de César la craincte prenne place! Non, il n'en sera rien : car cela seul etface L'honneur de mes beaux faicts. Il vaull l»ien iiiimix mourir Asseuré de tout |)(>in(l, qu'inccssainnicnt périr

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