Il, 17, y. 20-23;.18,v
3* Cf. GiiÉviN : II, 29, v. 6-7; 30, v. 17-18. •
de suite à la partie du drame que Voltaire a dû écrire avec prédilection, aux harangues qui terminent la pièce après la mort de César. Quelle occasion pour Tauleur de donner carrière à son talent en satisfaisant son désir de faire passer dans notre langue les beautés du poète anglais! Shakespeare en cet endroit a atteint les sommets de l'art. C'est ici sans doute que Voltaire va s'inspirer de lui? Point. La simplicité de Grévin convient trop à sa grêle et froide élégance. Voltaire prendra à Shakespeare d'importants détails : le cadavre de César apporté sur la scène, l'énumération dramatique des blessures, la lecture du testament, quelques interjections de la foule. Mais pour le mouvement et le ton oratoire, il n'a garde d'oublier son modèle secret. Cette fois, il faut citer : Discours de Cassius (et non pas de Brutus, parce que Voltaire, qui a fait de Brutus le fils de César, a craint de montrer au public un parricide) :
C'en est fait, il n'est plus...
Vive la liberté! ma Main brise vos fers...
Vous rentrez dans vos droits indignement perdus.
Grévin :
Le Tyran est tué, la liberté remise.
... Voyla, voyla la main^ Dont ore est affranchi tout le peuple Romain.
... Allez donc, citoyens, Reprendre maintenant tous vos droicts anciens *.
L'éloquence d'Antoine ne sait pas mieux se défendre des réminiscences :
Comblés de ses bienfaits, ils sont teints de son sang. . . Du plus grand des Romains, voilà ce qui nous reste ; Voilà ce dieu vengeur idolâtré par vous, Que ses assassins même adoraient à genoux ; Qui, toujours votre appui dans la paix, dans la guerre, Une heure auparavant faisait trembler la terre... Amis, en cet état connaissez-vous César?... Marchez^ suivez^moi tous contre ses assassins.