LA VEILLE DE LA RUINE
teur resta le dernier auprès de madame de Vas Concellos.
— Docteur, dit celle-ci en le reconduisant, j'irai demain visiter votre maison de santé , vous me montrerez votre fou.
ONB MiUSOH DE SAHTi.
Le lendemain , en effet , madame de Vas Goncellos se rendit à la maison du docteur. C'était une maison de santé située dans un des faubourgs de Paris , une maison blanche entre cour et jardin, encadrée entre de grands arbres qui projetaient leur ombre sur la façade et donnaient à l'habitation une apparence sépulcrale. Cette maison réunissait en elle le double caractère de la maison de
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santé et de la prison ; le jardin était vaste , bien aéré , entrecoupé d'eau , seulement les fleurs en avaient été soigneusement écartées par prévoyance hygiénique ; on avait craint que leur parfum portât au cerveau des malades et en augmentât Taltération. Les croisées du second étage étaient garnies de grilles, c'était là le second cachet dont nous avons parlé. Du reste , tous les employés de cette maison avaient un air de discrétion comme dans tous les établissements où l'on se trouve en contact avec les malades. Le docteur reçut madame de Vas Ooncellos dans son salon, et, supprimant tous les préambules d'usage , lui dit :
— Madame , allons voir notre fou. Je dis notre , car j'ai tout lieu de supposer qu'il est aussi bien à vous qu'à moi* Cependant j'ai besmn d'une confirmation franche; si vous êtes , en effet, l'hà-oïne de s<m histoire, votre vae peut le perdre ou le sauver , et néoessai* rement elle produira une cride qu'il est de mon devoir de raisonner. Parlez-moi franchement ; connaissez-vous cet homme ?
— Je le connais, répondit madame de Vas Concellos.