‹ Jacques PatruChapitre 5 sur 9 · HISTOIRE DE LA PREMIÈRE DAME MUETTE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA PREMIÈRE DAME MUETTE

(iLeprince, père dcces trois dames, habitait, comme je vous Tai dit , l'ile de Candie , et en jiouvcrnaitune partie. Depuis deux ans il avait épousé une princesse belle , riche et aimable , rien ne mancpiailason bonheur. Ses sujets IV

doraient, et les poètes de Tile célébraient dans leurs vers sa magniftcence et sa bonté. Les fêtes qi^il donnait réalisaient tout ce que Fi niagi nation humain(3 peut inventer de plus séduisant. Ses jardins étaient les plus beaux du monde , des fruits et des fleurs de toutes sortes y croissaient en abondance. Les métaux les plus précieux enrichissaient sa table; les meilleurs musiciens et les plus habiles danseuses embellissaient sa cour. La protection céleste lui était réellement acquise , et il en jouissait sans en abuser. Les génies même et les fées, qui peuplent en grand nombre Tile de Candie , semblaient prendre a lâche de le protéger , et aussitôt que formés ses vœux recevaient leur accomplissement. Parmi les fées, une seule passait pour Tennemie de sa famille , quoique jamais elle n''eiit prouvé son inimitié. C'était une méchante petite fée , laide et bossue , qui sans cesse médisait de toutes les fées ses sœurs, et semblait se complaire dans le mal : on la nommait la fée Maissann; il n''était pas de mau-

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Vais tour c|u''elle n''eùt joue aux pauvres habitants du pays. Si une brebis s'égarait, c''était cjLie la mauvaise fée Tarait attirée clans quelque piège pour désoler le pasteur ; si un amant devenait infidèle a sa maîtresse , c''est qu'ail avait entendu dans Fombrc quelque voix mystérieuse et perfide, quelques conseils habilement calculés qui empoisonnaient les sources de son amour ; si parfois , quand un voyageur altéré s'^approcliait d^me fontaine , la fontaine se troublait tout d''un coup, et au lieu d\uie eau limpide , roulait , sur un fond de cailloux boueux , une eau fétide et sale , c''était la mauvaise fée qui d'un coup de sa baguette avait opéré cette transformation, et, cachée derrière un massif de lauriers-roses, riait aigrement, et s''applaudissait de ses noirceurs. La fée Maissann était Feffroide toute la contrée; on racontait que les principaux officiers du palais avaient tous été victimes de son influence maudite : Fun, a travers les vitraux de son harem , avait cru voir sa femme causant avec un jeune Clir-

cassicn parfailcmenlbcau et parfaitement tendre; raiilrc, étant à îa cliassc , s'hélait laissé entraîner à la poursuite dVine gazelle , et la nuit Tavait surpris dans la foret , seul , incapable de retrouver son chemin , mourant de fatigue et de faim ; un troisième s''était réveillé en sursaut , rêvant que sa fille unique était devenue tout à coup bossuecomme la méchante fée, quoiqu'il n''cn fût rien et que la taille de sa fille ressemblât a la tige élancée d^m jeune palmier. Bref , il n''était pas de pitoyables plaisanteries dont la fée Malssann ne s''avisât. Elle ravageait les jardins, volait les fruits, souillait de poussière les plus beaux vêlements , niellait dans les fourreaux des hommes de guerre des épées de bois à la place de leurs kandjars damasquinés , inspirait des lerreurs paniques aux plus déterminés, lourmenlait les jeunes filles, agaçait les jeunes garçons , faisait hurler les chiens et attirait les chakals. Enfin sa laideur seule pouvait cire égale a sa méchanceté. On avait beau la supplier, ni les prières, ni les

larmes ne raltendrissaient; et soit malice, soit que véritablement elle fut affligée de cette infirmité, elle faisait courir dans Tîle le bruil qu^le était sourde , et que les prières qu''on lui adressait ne pouvaient pas arriver à son oreille. Les autres fées ne lui parlaient pas et la fuyaient , ce qui Tirritait encore , et nul doute que si son pouvoir eiït égalé sa méchanceté , elle ne se fût vengée cruellement de leur mépris. »

Giaffar , pendant cette description , avait donné à diverses reprises des marques de terreur , tantôt portant la main à son turban , en signe d''humilité, et comme pour délourner de sa tête un péril imminent, laiilot regardant pitoyablement les déchirures de| son kaftan. Le narrateur s''inlerrompit pour lui demander la cause de son effroi.

— Je gage , dit le kalifc en souriant , que

notre ami se croit dans Tile de Candie, et qu''il

craint d*'étre victime des mauvais tours de la

fée ; mais ne faites pas attention à ses signes.

il Ai

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Notre ami a la lèle un peu faible, el ses pensées ressemblent à un canevas lissé par une iTialadroite filantlière. Continuez , je vous prie, car votre liisloire commence à m'inlëresscr.

Giaffar hocha la tête sans mot dire, et le narrateur reprit en ces termes :

«Au bout de deux ans de mariage, la princesse mil au monde une fille belle comme le jour et qu'ion nomma Amina. Sa naissance fut Toccasion de réjouissances inouies : toutes les fces de Tiie furent invitées Ii les honorer de leur présence , la mauvaise fee elle-même reçut une invitation, ,)e ne pourrais pas décrire tous les amusements de ce jour à jamais mémorable. Dèsle malin, des troupes de musiciens exécutèrent les symphonies les plus douces sous les fenêtres de Faccouchée ; des joutes de toutes sortes eurent lieu, et des prix maf^nifiques furent décernes aux vainqueurs. Mais tous les plaisirs de la journée furent surpassés par le repas du soir; la table était dressée dans une VOtQnde de verdure , et squs un dèmc formé

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par des sycomores aux larges feuilles; a cliatjae tronc d^arbre étaient altacKces Jcs girandoles lumineuses , et cjui tantôt couraient en guirlandes, tantôt se reunissaient en faisceaux; susjiendues au-dessus de la table, des cassolettes d''or répandaient les plus doux parfums. Cent esclaves noirs et cent esclaves blancs étaient occupés a remplir les coupes ; et de tous les cotés on entendait des sons harmonieux qui se mariaient agréablement. Toutes les fées assistaient au repas, excepté une seule, la méchante fée dont je vous ai parlé. Vers la fin du repas, on apporta la jeune Amina , et les fées la couvrirent de caresses et de baisers ; et chacune à son tour voulut lui faire un don. Celle-ci lui octroya le pouvoir de charmer les cœurs, cellc- Ih le don de la parole , une troisième le talent de la poésie. L''unc voulait cprelle fut la plus belle de toutes les princesses , Fautre qu''elle en fût la plus sage ; on lui promettait les honneurs , la gloire , la richesse , un mari accompli , et de nombreux enfants. Le prince

son père était dans renchantement , lorsque tout a coup il se fit un grand bruit. Un char , attelé de deux griffons noirs , perça le dôme formé par le feuillage des sycomores, et s''abattit auprès du prince. La fée Maissann en descendit ; elle était étincelônte de diamanls et éblouissante de parure ; mais la parure et les diamants la rendaient plus laide encore ; les perles fines qui se mêlaient à ses cheveux en faisaient mieux ressortir Pépaisscur et les teintes grisonnantes; sa robe étroitement pincée dessinait vigoureusement les irrégularités de son omoplate ; ses petits yeux noirs enfoncés dans leur orbite, brillaient sinistrement comme les yeux d'un basilic ; son nez retroussé , surmonté d''une énorme verrue , faisait ombre dans son visage ; et quoiqa''elle s''efforçât de sourire gracieusement, sa bouche semblait si disgracieuse^ ses dentssi noires et si mal rangées, qu'on éprouvait du dégoût a la voir ainsi sourire.

«. Quoi qu'ail en soit , le prince mon maître

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raccueillitavec politesse , la remercia de Thonneiir qirelle lui faisait , et la fit asseoir à ses côtes. La fée s''excusa crabord d'hêtre venue si tard ; puis , promenant ses regards louches et faux sur toutes les fées qui détournaient la vue, elle demanda a voir la jeune Amina, et quand on la lui eut apportée , elle Tembrassa et parla ainsi d''une voix criarde et sifflante :

u — Je ne veux pas être moins généreuse que mes sœurs , et comme elles je vais faire un don à la petite Amina. 31es soeurs lui ont donné la beauté , Tesprit, la sagesse; que lui manque-til donc pour être une femme accomplie? Une seule chose, et je me charge de la lui donner. Elle aura la plus belle voix du monde et sera excellente musicienne ; quoique sourde , je n''en comprends pas moins les douceurs de Fharmonie , et je veux que la musique lui cause autant de plaisirs qu''elle me cause de regrets.

« Après avoir ainsi parlé , la fée remonta sur son char , et , saluant le prince de la tète ,

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disparut dans les airs. Apres son dc'parl, toutes les feess''cntrc-regardcrenl, cherehant adcviner le sens de la scène qui Amenait de se passer. Aucune déciles ne pouvait croire que leur mccliantc soeur eût voulu sérieusement déroger à ses habitudes de perfidie, et semblaient craindre pour Tavenir de la princesse. Ouoi qu'il en soit , la oaîtc reprit bientôt le dessus. Le bal commença, et les fe'es dansèrent avec de jeunes Osmanglis , parfaitement beaux et bien tourne's , qui ne paraissaient pas trop leur déplaire, quoique mortels et non génies. Bref, la soirée finit dans la joie , malîjrë les funestes pressentiments qui pendant un instant en avaient arrêté Tessor.

«Au bout d\me année, la princesse accoucha d^nie seconde fille qu''on nomma, comme je vous Pai dit, Jusana; et une année encore aj^rcs dVine troisième fille qu'on nomma Emnèh. A chaque naissance, ce furent les mêmes réjouissances et les mêmes cérémonies que la première fois; les fées assistèrent ég dément à ces fêtes, et

ce qui parut le plus siiioulier, c'est que la fec Maissann arriva encore à la fin du repas, montée sur le même char, qu''elle prononça les mêmes paroles et fit le même don aux princesses nouvellement nées. Vous verrez comment ce don a causé tous les malheurs des trois dames , dont le silence vous ctonne. Mais n''anticipons pas sur les événements.

Les trois jeunes princesses grandissaient , et chaque jour en sVcoulant leur apporlail de nouvelles grâces et de nouveaux attraits. Leur figureélaitparfailementrcgulicre et belle, kur taille avait les proportions les plus harmonieuses , et elles perfectionnaient tout ce qu''elles voulaient entrej;rendre ; rien n''était si piquant que leur conversation , et toute la cour s''émerveillait des réparties spirituelles qui leur venaient à tout propos; mais ce qu'il y avait de plus singulier en elles, cVst quVlles ne parlaient jamais qu'en musique ; tout ce qu''elles disaient, elles le cadençaient musicalement; elles exprimaient en chantant toutes

leurs sensations , joie ou peine , colère ou satisfaction. Je me souviens qu*'un jour j''avais ele chargé tle j)unir la princesse Ainina ; mais tout à coup elle se mil a me chanter un air si suppliant, que j''oubliai mes ordres ; et alors , sur un mouvement vif et joyeui , elle me remercia tle mon humanité. Ces cadences continuelles, ers roulades , tantôt plaintives, tantôt gaies et folâtres , nous semblaient la chose la plus extraordinaire du monde. Et en effet, rien n''était plus bizarre que d''entendre ces trois enfants déclamer d*'une façon toute particulière les choses que tout le monde se contente de parler. Entre elles et dans leurs jeux , leur goût pour la musique éclatait davantage encore, elles se distribuaientchacune leur partie : Taînée faisait la basse, la cadette le médium, et la petite Emnèh , avec sa voix argentine, brodait sur le thème, gravement soutenu par ses deux sœurs , les plus gentilles ] rlilfs notes perlées qu''on pût entendre. Des r-À^r de dix ans , elles chantaient les morceaux

les plus difficiles , et toute la cour éprouvait un plaisir infini a les écouter. Le prince leur père remerciait la fëe du don qu''elle avait fait a ses tilles , et ne ks appelait jamais que ses trois petits rossignols. »

Ici le narrateur fit une pause , et Giaffar en profita pour satisfaire plus amplement la curiosité qui commençait à le gagner ; et , après avoir incliné légèrement la tète comme pour demander au kalife la permission de parler :

— Vous conviendrez , dit-il , que voici une histoire bien étrange et presque incroyable. Qu'on aime la musique et qu'on chante a certaines heures pour se délasser ou amuser les autres , rien n'est plus ordinaire ; mais trois jeunes filles parlant continuellement en musique , même pour dire les choses les plus simples , pour dire à un esclave : Sortez , ou apportez-moi un sorbet , voila qui passe mon imagination ; et je regrette beaucoup que les trois dames dont vous racontez l'histoire soient devenues muettes , car j'aurais eu un grand

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plaisir a Jcs cnUndrc aie souliailcr iiiusicalcmciil le huiijour.

— Si incroyable que vous paraisse celle fatalité musicale , reprit le narrateur (Tun Ion gi ave , clic n''cn est pas moins vraie ; et si ces dames pouvaient parler, elles vous Fattcslcraicnt au besoin.

Les trois dames firent en ce moment un signe de tète pour affirmer autant qu'il citait en leur pouvoir Tasserlion du narrateur.

— ^insi , mesdames , dit GialTar , vous av icz des airs notes pour toutes les circonstances de la vie, cl chacune devons repondait a Fautrc sur le même Ion , et sans presser, ni ralentir la mesure. Par Tange Gabriel , je voudrais connaître votre langue, et savoir comment on dit en musique : Passez-moi un des ananas cpii sont dans votre corbeille , car je nie sens considérablement altère.

Cette plaisanterie de Giaffar ne fut pas du goût du kalife , il lança un regard furieux a son visir ; mai:j Fairièe des trois dames le calma

d\\ïï signe , et prenant un magnifique ananas , elle le présenta à Giaffar , qui n''osa y loucher , de peur d^encourir la colère de son maître.

— Je vous demande pardon, mesdames, dit alors le kalife, de toutes les inconséquences commises jusqu''ici par mon compagnon ; quoique honnête au fond , et incapable de mal , il a si peu d''esprit que je m^atlends toujours a quelque nouvelle gaucherie de sa part. Priez votre convive de continuer son histoire, elle m'intéresse au plus haut point, et je suis curieux de savoir comment voire goiil extraordinaire pour la musique a pu amener votre perte.

Le narrateur reprit :

« La réputation des Irois princesses s-''etait répandue dans l'ile , il n''était question que de leur prodigieux talent ; jamais on n''avait entendu des voix aussi pures, jamais on n^ivait rencontré trois musiciennes aussi accomplies; il arriva même que leur nom s''étcndit au-delà de Candie. La favorite du sultan El Arsiann , Tun des plus riches et des plus puissants souverains

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de Syrie , apprît parla renommée les merveilles qu''on racontait des trois sœurs. Dès ce moment, le désir lui vint d''en posse'der une au moins ; elle en parla au sultan qui envoya un ambassadeur h mon maître , pour le prier de lui envoyer une de ses trois filles : il promettait de la combler d'honneurs et de richesses, et de la mariera quelqu''un des princes qui relevaient de sa couronne. Quoique celte demande affligeât vivement le prince leur père, il lui fallut céder. La colère du sultan était trop a craindre , et c''eùt été foUe de s'y exposer. L^aînée des trois sœurs partit donc , non sans adresser a son père et a ses sœurs les plus touchants adieux du monde en musique. Arrivée a la cour du sultan El Arslann , elle se vit dès l'abord entourée d''hommages ; son talent merveilleux ravissait tous les cœurs , et la favorite lui témoigna la plus sincère admiration. Elle vécut ainsi trois ans tranquille et heureuse ; et elle était sur le point d'épouser un prince généreux et opulent, lorsqu'au n

accident terrible vint de'truire toutes ses espérances , et changea le bonheur dont elle jouissait en désespoir. Depuis quelque temps le sultan avait conçu des soupçons sur la fidélité de sa favorite , et il la faisait épier attentivement. Un jour que celle-ci se promenait dansles jardins du Harem avec Aniina, elle Tcntraîna vers un petit bosquet ombragé par des cyprès , et la faisant asseoir sur un banc de gazon a ses côtés :

« -^ Ma chère Amina, lui dit-elle , j'ai une confidence a te faire , et je compte assez sur ta discrétion pour oser te livrer le secret de ma vie. J''ai rencontré , en allant l\ ma maison de campagne , un jeune homme beau comme Paurorc , qui m''a suivie de loin , et m''a fait assez entendre par ses gestes qu''il était éperdument épris de ma personne. Je ne lui ai pas répondu. Mais depuis, quand je sors , il est toujours sur mes pas, et je t''avouerai franchement que sa persévérance m''a touchée. Je lui ai écrit de venir ce soir sous les murs du jardin à un endroit

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que je lui ai iiuliquc , et il n\allciKl que mon signal pour franchir tous les obslacles et tomber à mes pieds. Pour signal, je suis convenue tFune chanson que lu connais ; mais si je la chantais moi-même j''eveillerais a coup siu* Taltcnlion de mes gardiens : chanle-la donc a ma place, et sois assurée de ma reconnaissance.

Cl Amina fut eflFrayee de ce qu'acné venait , d'entendre, elle représenta a la favorite que par une telle démarche elle s''exposait au sort le plus cruel ; mais celle-ci ne voulut rien écouter, tant Pamour Taveuglait et la rendait sourde aux bons conseils. Amina fut donc obligée de céder à ses désirs. A peine eut-elle prononcé les premiers vers de la chanson , qu''en effet un jeune homme sV'lanca dans le bosquiet, et tomba aux pieds de la favorite, en Taccablant de protestations d''amour et de baisers ardents. Mais presque au même instant des gardes entrèrent d^ni autre côté, s''emparèrent de la favorite et de son amant, et emme*

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nèrcnl aussi /Vniina qui p; otcsla vainement de son innocence. Le sultan en personne les intenooea tous trois, el après l'interrogatoire, la favorite et son amant furent {'trangles. Pour Amina le sullan lui dit :

f( Je ne veux pas le donner la mort, quoiqu'à coup sûr lu Taies méritée. Mais tu seras punie par cil tu as pe'clic, et tu apprendras a tes dépens que le talent de la musique peut quelquefois être nuisible a ceux (\u\ le possèdent.

« En même temps il ordonna a deux muets d\arraclier la lanjjue a la princesse.

« Voilà comment la princesse Amina est devenue muetle. )>

C!etle conclusion terrilde ne fit qu'inspirer au kaliFe une curiosité plus orande d^ipprendre riiistoire des deux autres dames, et comment elles étaient devenues mueltes a leur tour. Il en lénioiona le désir, que leur introducteur salisfil en ces termes :

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