‹ JadisChapitre 33 sur 64 · A M. LE CONTRE- AMIRAL LOUIS MAUDET · texte numérisé non relu

A M. LE CONTRE- AMIRAL LOUIS MAUDET

JJ u sable, des roseaux que la mer bat sans trêve, A l'horizon bleuâtre on voit comme en un rêve

Le vieux fort d'Ulloa, La triste Vera-Cruz, avec ses maisons peintes, Puis, là-bas, bien au loin et dans les demi-teintes.

Le pic Orizaba.

Le cœur se serre vite en cette solitude !

Nul abri. — Le pêcheur n'y vient point d'habitude

Étendre ses filets; Toujours l'herbe est jaunie et rare sur la plage ; Pour tout bruit on entend le flot vers le rivage.

Polissant les galets.

A chaque pas on trouve une funèbre pierre. Au milieu de l'îlot cet humble cimetière

Témoigne qu'ici-bas Sans la victoire il est bien des morts glorieuses... Toutes ces croix de bois, ces légendes pieuses,

Disent : Noble trépas !

Plus d'un jeune officier, dans l'horrible souffrance D'une fièvre implacable, oubliant l'espérance,

Ici fiit terrassé !

Plus d'un brave marin qu'attendait sa promise, Dort, sous ces grands roseaux inclinés par la brise,

Immobile et glacé.

Des crabes, vers le soir, de tous côtés surgissent. La mousse, le lichen et les algues tapissent

Ces tombeaux désolés ; L'alcyon fatigué s'y repose avec crainte; Le vent du Nord, parfois, dit une étrange plainte

Sur ces morts exilés.

A bord du Tonnerre, mouillage de Sacrificios.

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