‹ JadisChapitre 36 sur 64 · A JOSÉPHIN SOULARY · texte numérisé non relu

A JOSÉPHIN SOULARY

Cueillez, cueillez vostre jeunesse!

Ronsard.

JJans un feuillet de vélin rose, Je viens de trouver quelque chose Qui réveille un passé doré.

Ne riez point de ma faiblesse; En pensant à votre jeunesse, Vous me comprendrez... J'ai pleuré.

Deux brins de violette blanche, Du jasmin et de la pervenche :

Un bouquet flétri pour trésor?

Ami, ces fleurs sont précieuses..

Chers débris! Des heures joyeuses.

Du printemps vous parlez encor.

Le chemin creux, les vertes rives, La vigne où picoraient les grives, Je les revois chaque saison; Mais plus de courses, de pillages!

Le front penché, sous les ombrages, A pas lents marche la Raison.

Henriette, petite et brune, Narguait la déesse Fortune, Avec ses longs cheveux bouclés.

Ses grands yeux noirs, et son sourire Qui, malicieux, semblait dire :

De mon cœur je garde les clésl

Prompte au caprice, un peu boudeuse, Lucile était blonde, rêveuse.

Et, par instants, folâtre aussi.

Toi, pauvre pervenche fanée, Tu racontes notre journée Dans le bois de Montmorency.

C'était en Juillet, un dimanche ; Elle étrennait sa robe blanche Et son gentil chapeau lilas.

Bien à l'écart, assis sur l'herbe.

Nous fîmes un festin — superbe, Riant tout haut, jasant tout bas...

Adieu, mes belles amoureuses !

Adieu, folles et langoureuses ; Illusions, gaîtés, espoir!

Hélas! je crois que ma main tremble; Tristes fleurs, cachez-vous ensemble.

Pour toujours, au fond du tiroir.

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