‹ JadisChapitre 47 sur 64 · A M. LE COMTE ARMAND DE PONTMARTIN · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE ARMAND DE PONTMARTIN

o I N, oh ! bien loin du bruit ! je sais un coin de terre. . . Que le rêve était doux en ces sentiers ombreux ! Je ne l'oublierai pas, Toasis où, naguère, Longtemps je fus heureux.

L'église a l'air bien pauvre avec son toit de chaume Et son clocher moussu dont le coq est rouillé ! Mais l'autel a des fleurs, — et l'humble temple embaume. Quand Mai s'est éveillé.

Le presbytère, assis sur la rive du fleuve. Abrite l'hirondelle et le pinson jaseur : Cette maison si simple — et si loin d'être neuve ! Sourit au voyageur.

Autour est le jardin : Des plantes potagères ; Contre les murs blanchis trois ou quatre espaliers ; Un jasmin, des lilas, du thym dans les parterres; Un buisson de rosiers...

Tout près du jonc fleuri qui de la Seine émerge, De sveltes peupliers, formant un vert rideau, Frémissent doucement, alignés sur la berge, Et se mirent dans l'eau.

Lé village s'étend à l'ombre de l'église. Les Crésus du pays ont un clos de pommiers; Dans la haie apparaît mainte rouge cerise : Espoir des écoliers !

Et poules et poussins sont à la picorée; Et l'on voit les enfants — démons au teint vermeil, — Se roulant bruyamment sur l'herbe diaprée Qu'inonde le soleil.

Le long des marronniers grimpe le chèvrefeuille, Balancé par la brise ainsi qu'un encensoir : L'abeille y fait la sieste à l'abri d'une feuille. En attendant le soir.

Sous ce beau ciel d'azur librement on respire. Nul trouble, nul mécompte ! On dirait qu'en ce lieu Si rempli de parfums, où tout semble sourire, L'homme est plus prés de Dieu.

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