LES LIB&ICULTEURS ET LA MÉVENTE
est de peu d'usage, mais enfin il est écrit et jusqu'ici on n'a pas encore songé à Teffacer. Si ces misérables lecteurs au lieu d'apprendre par cœur les morceaux choisis de tel ou tel grand écrivain contemporain et vivant, s'avisaient de Voltaire, Diderot, Musset, Bossuet, Béranger, d'un auteur mort, mort depuis cinquante ans. Certes, la faute de goût serait impardonnable, mais, faute d'une éducation rationnelle, le Français manque de goût. Il n'est à cela qu'un remède : c'est de détruire les <Buvres de tout écrivain mort depuis cinquante ans. En brûlant les bibliothèques et en interdisant, sous peine de mort, l'impression ou la réimpression de tout livre dont l'auteur n'est pointen vie, on parera, d'une part à la mévente, d'autre part à l'ingloire — à moins que les citoyens lecteurs décidés à toutes les révoltes plutôt que de subir de mortels ennuis, ne proclament la grève qui, pour eux aussi, est un droit primordial. Au fait, ils l'exercent, sans avoir eu besoin de l'attester par des gestes.
Il faut vivre dans ce temps où, à propos de tout et de rien, pour chacune de ses petites affaires, l'individu qui se prétend libéré, s'empresse de réclamer l'intervention de l'État sauveur, de l'État nourrisseur, de l'État providence, pour assister à cet étrange spectacle d'hommes de lettres réclamant un impôt sur la pensée ; et parallèlement, une autre campagne est menée pour rendre perpétuelle et indéfinie la propriété littéraire.
. Il conviendrait d'abord de définir la propriété littéraire : n'est-ce pas la propriété de toute pensée qui a été émise par un individu oralement ou par écrit ? Un discours appartient aussi bien à son auteur qu'un sonnet ; une réplique qu'une épigramme; une lettre qu'un article; une dépêche qu'un roman. Il a été interdit de produire et de publier des lettres ou des morceaux de style intéressant rhistoire littéraire et même Thistoirç tout court, parce que ces lettres ou ces morceaux étaient Tœuvre d'un écrivain mort depuis moins de cinquante ans. Où commence Técrivain ? M. Thiers est-il un écrivain ? M. Jules Simon est-il un écrivain ? L'empereur Napoléon III est-il un écrivain ? Oui, car chacun a écrit et publié des livres; mais on n'a pas besoin qu'il en ait imprimé, il suffit qu'il ait émis une pensée pour que la propriété de cette pensée appartienne, durant un demi-siècle après sa mort, à ses héritiers et que nul n'ait le droit de publier cette pensée éditée ou inédite, sous peine de dommages-intérêts vis-à-vis des héritiers, légataires ou légataires de ses légataires. Il y a chose jugée.
Donc, tout historien qui prétendrait, en étudiant une partie d'histoire où figureraient des hommes qui n'étaient point morts en 1857, citer leurs lettres ou leurs paroles, peut être condamné, doit l'être, car
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il commet un attentat contre la propriété littéraire. C'est là ce qu'on propose de rendre indéfini : autant dire qu'on entend supprimer, au profit des gens de lettres vivants et de leurs héritiers, toute histoire — non pas seulement l'histoire littéraire, mais l'histoire tout court.
Et, en vérité, pourquoi faire ? Mis à part trois ou quatre poètes et moins de romanciers — encore d'eux, combien peu d'œuvres? — quel éditeur, fût-il le plus entreprenant, pensera à réimprimer les œuvres tombées après un demi-sifecle dans le domaine public? Quel livre d'histoire? Quel livre de voyage ou quelle étude d'art? Beau denier qu'ont là les héritiers ! Quelle pièce de théâtre, si applaudie qu'elle ait été en son temps, s'avise-t-on de republier? On joue encore de celles sous qui l'on a fait des musiques, mais, ôtez lés musiques, qui se soucie des paroles ? Assis sur les piles invendues et invendables des livres de leur ancêtre, les héritiers pourront attendre Tamateur. Ce ne sera même plus l'épicier. Le papier imprimé est plein de microbes.
Si la nation profite à quelque moment des imaginations du romancier ou du poète et que celui-ci ait laissé des descendants misérables, n'est-elle plus assez généreuse pour leur apporter, sous forme d'une souscription publique ou d'une pension d'État, le témoignage de sa reconnaissance? Mais si,
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envers les vivants, elle peut avoir quelques devoirs, elle en a de bien autrement pressants à Tégard de ces morts illustres dont le génie forme le meilleur du patrimoine national. C'est par la diflusion de letir œuvre qui a fixé la langue, qui a^ en des mots décisifs, précisé des idées personnelles, qui a imaginé des légendes gracieuses ou sublimes, qui a révélé les angoisses, les surprises, les désespoirs, les transports de leur cœur ; c'est par le versement au fonds commun de ces idées et de ces rêves, de ces belles phrases et de ces nobles^ chants qu'elle paiera les morts de la seule monnaie qui puisse plaire à leurs ombres sacrées : l'immortalité.
Il y a cent quinze ans, dans ce roois de septembre commençant, Paris a vécu des jours qui sont entre les plus néfastes de son existence vin^t fois séculaire. Ces jours-là, les 2 et 3 septembre 1792, près de deux millç individus, emprisonnés et désarmés, beaucoup blessés, certains infirmes, des vieillards, des prêtres, des femmes, furent massacrés dans neuf prisons ou maisons religieuses transformées en prisons. Par qui? La légende révolutionnaire dit : par le peuple de Paris — et quelle tache à jamais sur ce peuple ! L'histoire dit : par une faction qui n'a jamais reculé devant aucun crime, faction que mènent des étrangers, des fous, des dégénérés, des tuberculeux et qui, par son audace et par la lâcheté de ceux qu'elle opprime, s'est établie maîtresse de Paris, y a régné pendant deux années, du 10 août 1792 au 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) .
Ce qu'ont pensé et souffert les massacrés, on le sait par les quelques malheureux qui, par un coup du hasard, l'intervention subite d'un homme
de bonne volonté, rattendrissement inespéré d'un massacreur, la . lassitude des bourreaux, ont échappé à la mort. Combien? Une centaine peutêtre, parmi lesquels des filles et des voleurs entrent pour deux tiers. Plusieurs ont raconté cette agonie et Ton a leurs témoignages : Ils furent publiés jadis dans les Mémoires sur la Révolution française^ réimprimés en 1858; quelques autres furent apportés tout récemment par M. Lenôtre dians la Bibliothèque de Méînoires et de Souveni?*s. Cela est profondément dramatique, mais n'apprend ni d'où est venue l'idée du massacre, ni qui Ta réalisée, ni à qui elle a profité.
Ce qu'ils ont dit, c'a été les visites domiciliaires de policiers improvisés, l'arrestation brutale, la détention dans les arrière-chambres de comités, le transfert aux Carmes, à la Conciergerie, au Châlelet, à la Force, à TAbbaye, au Séminaire Sami- Firmin, les espérances et les craintes, la conviction que l'erreur allait être réparée et leur innocence reconnue, les lentes heures vécues dans les misères et les angoisses, puis le bruit aux portes, les vociférations et les cris de désespoir, les silences intermittents qui font croire au salut, les reclierches d'un moyen de s'évader, Tappel des compagnons de geôle dont pas un ne revient, le bruit qui se répand d'un tribunal qui juge, donc qui peut absoudre, et le fol espoir de prouver à ce tribunal qu'on n'a rien fait, qu'on ne sait même pas pourquoi on fut arrêté ; et puis la comparution
devant ces hommes, et la chance, le hasard, un mot heureux, une phrase qui plaît — le salut !
L'abbé Sicard, l'abbé de Salamon, Weber, Pau- Une de Tourzel, Gandolphe, Jourgniac-Saint- Méard, Tabbé Berthelet, labbé Vialar, Tabbé Saurin, Maton de La Varenne, la marquise de Fausse-Landry ; ce sont les mêmes faits, les mêmes sentiments, le même ravissement à vivre, et le même étonnement d'avoir échappé. Au lieu d'une dizaine de relations. Ton en aurait cent que Ton ne saurait rien de plus, car, à l'exception de quelques personnages en vue, tels que Montmorin, l'ancien ministre des Affaires étrangères, nul ne savait quel crime il pouvait avoir commis.
Dans le journal que tenait un Parisien de ce temps, un nommé Payen, homme pieux et fréquentant les églises, qui avait pris sa part au mouvement des Parlements d'où sortit la Révolution, on trouve ces notes qui rendent très exactement l'impression générale : « Le 13 août, on fit des recherches de toutes les personnes soupçonnées d'avoir conspiré contre FÉtat. On les arrêtait comme criminels de lèse-nation. Ce même jour, on fit la recherche des prêtres réfractaires, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas voulu recevoir la constitution civile du clergé. On les arrêta et on en conduisit
une partie aux Carmes-Deschaux, une au séminaire de Saint-Firmin, à Tabbaye de Saint-Germain. On a aussi arrêté les pauvres prêtres infirmes qui étaient à Thospice du village dlssy. Les prêtres constitutionnels quittèrent leur costume et prirent Thabit bourgeois et les cheveux en queue. Le lo août, personne ne sortit de Paris sans passeport. On ne fit la procession que dans les églises et, depuis ce jour, elles ne sortent plus dans les rues... Le 24 août, on a forcé tous les religieux et les religieuses de sortir de leur couvent, qui n'avaient pas voulu sortir... Le dimanche 2 septembre, des gens payés par je ne sais qui, se portèrent en foule aux différentes prisons de Paris où ils trouvèrent des membres de la Commune qui y formaient comme une espèce de tribunal et se faisaient représenter les registres, et, suivant leur jugement, ils absolvaient et faisaient mettre dehors les prisonniers pour crimes d'État ou de lèse-nation où, en sortant, ils étaient massacrés par le peuple gagé en criant : Vive la Nation ! »
Les détails que donne ensuite le narrateur naïf n'ajoutent rien à ce qu'on sait : ce qui le frappe dans le massacre à la Salpêtrière, c'est que « la malheureuse M""® Desrues y périt » ; il y revient à deux reprises. Cela est d'un vrai Parisien, amateur de causes célèbres et vraisemblablement habitué du Palais : l'histoire de l'empoisonneur Desrues ou Derues, si habilement débrouillée et contée récemment par M. Georges Claretie,
ayant été de celles qui avaient le plus fait frémir et discuter la petite bourgeoisie.
Ce n'est point là ce qu'il faut retenir, mais cette constatation d'une puissance anonyme, mystérieuse, qui disposait de la liberté et de la vie, et devant qui, frappés de terreur, tous se soumettaient — car pas une fois on ne trouve un accès de révolte, une mise en défense, un brave homme, épée ou pistolet en main, vendant sa peau. « On fit des recherches... On arrêtait... Des gens payés par je ne sais qui... » Il semble que ce soit la Fatalité qui règne et que toute résistance soit impossible. C'est un état d'esprit connu, tel qu'on a pu le constater à Paris il y a trente-six ans, tel qu'on le constatera demain s'il plaît à la Confédération Générale du Travail de refaire ce qu'ont fait la Commune de 1871 et la Commune de 1792.
Tout part de cette Commune insurrectionnelle formée dans la nuit du 9 au 10 août 1792, qui, par l'assassinat de Mandat, commandant général delà Garde nationale, a désarmé la défense des Tuileries, a livré le Roi à ses agresseurs — combien peu nombreux, peu braves, et que les Suisses eussent amplement suffi à repousser, n'eussent ét^ les ordres de Louis XVI î
Mandat tué, cette bande qui s'était emparée de l'Hôtel de Ville, grâce à la complicité du maire
Pétion, légiféra, fit des nominations, se donna une apparence de pouvoir légal, s'établit en assemblée délibérante. De quel droit? Elle va le dire ellemême dans le premier de ses procès-verbaux :
« L'assemblée des commissaires de la majorité des Sections réunis avec pleins pouvoirs de sauver la chose publique, considérant que les dangers qui menacent la patrie proviennent principalement de ce que le salut de l'empire a été confié à des mains perfides, reconnaissant que d'après le grand principe de la souveraineté nationale, le peuple a le droit de retirer les pouvoirs qu'il a délégués... » Voilà, Avec les mêmes mots., on commettra encore bien des crimes.
Qui est-ce ? Les noms d'Auvray, de Balin, de Baudrais, de Benoist, de Bernard, de Bodson, de Bouin, de Boula, de Bruslé, de Camus, de Charles, de Clémence, deCoulombeau, deDangé,deDarnaudery, de Defrasne, de Delabarre, de Delaunay, de Deltroit, de Dobsent, de Dunouy, de Duroure, ces noms dont on pourrait continuer indéfiniment Fénumération, n'apprennent rien. On ne retient que Manuel, procureur de la Commune ; Hébert, second substitut ; Léonard Bourdon et de Bourdon-Vatry, membres de la Commune ; mais, mis à part Manuel et encore pour combien de temps, ce ne sont pas ceux qui siègent à la Commune qui la dirigent.
ce sont des hommes qui ont dédaigné d'en faire partie, mais qui viennent y parler comme Robespierre et Billaud-Varennes, qui y présentent des adresses aussitôt adoptées, ou comme Marat qui, a dit Pétion, « s'était emparé de la direction et des mouvements de la police, qui, assidu à toutes les conférences, s'immisçait dans toutes les affaires, parlait et ordonnait en maître ».
Ce sont ces hommes qui décident les massacres. Pourquoi? Est-ce, comme a dit Barère, dans l'apologie qu'il en a prononcée deux mois après, a pour faire disparaître ces conspirateurs que le glaive de la Loi semblait ne pouvoir pas atteindre, pour anéantir tous les projets désastreux enifantés par l'hydre du feuillantisme, du royalisme et de l'aristocratie qui levait sa tête hideuse ? » Des mots cela, mais parce que, comme l'a dit CoUot-d'Herbois aux Jacobins, « saîis le 2 septembre, il n'y aurait pas de Convention nationale ».
Ceux qui, au 10 août, s'étaient emparés du pouvoir sentaient fort bien qu'ils étaient une infime minorité et que la France, si elle était libre dans ses votes, les rejetterait avec horreur ; que, à la Convention nationale, devant laquelle se retirerait tout à l'heure la Législative, ils seraient isolés, sans force et sans autorité; que déjà certains de leurs adversaires, pour libérer la Convention de la tyrannie parisienne, pensaient qu'il serait opportun de la réunir dans une autre ville. Pour faire trembler les électeurs, pour obtenir des élections à leur
gré, ils risquèrent le coup du complot. Gorsa«, dans le n*' III de son Courrier des 83 départements^ à la date du 3 . septembre, écrit : <( Le moment terrible est venu ; des hordes de cannibales avides de sang et de pillage ont violé l'asile de la liberté ; ils ne dissimulent point qu'ils ont des intelligences intérieures sur lesquelles ils comptent... Us veulent la mort des patriotes... C'est donc aujourd'hui un combat à outrance ?.., Qu'ils périssent ! »
« Hier sur les quatre heures, on remarque au palais des hommes suspects ; des signes qu'ils se donnent entre eux éveillent des inquiétudes. Le patriotisme vigilant ne tarde pas à se convaincre de leurs perfides intentions. Dénoncés d'abord, on les surveille, on les fouille ; on trouve sur eux les preuves matérielles de leur délit ou plutôt d'une conspiration manifeste. Qui sont ceâ scélérats ? Un ancien officier de gendarmerie, des prêtres réfractaires, un évêque. On les conduit au comité, mais le peuple furieux, qui sait que le crime et la vengeance l'environnent et que les prisons sont pleines de conjurés, en fait une justice terrible, mais nécessaire, mais nécessitée^ car, il ne faut plus se le dissimuler, nous sommes en guerre ouverte avec les ennemis de notre liberté. Périr par leurs mains, ou qu'ils périssent par les nôtres! telle est la cruelle alternative ; enfin, au moment même, neuf heures du soir, le torrent du peuple se porte à la Conciergerie et demande les têtes des coupables. »
SEPTEMBRE âil
Et, dans le numéro IV, portant la date du 4, le même Gorsas écrit : « La générale battue, le tocsin sonné de toutes parts, avaient produit un mouvement d'autant plus exalté qu'on avait la conviction que les Autrichiens l'avaient combiné avec un Plan de Terreur pour Paris. On avait eu en outre des preuves d'une conjuration nouvelle, dans le détail de laquelle il nous est impossible d'entrer aujourd'hui. Nous nous bornerons à dire qu'un complot était prêt d'éclater; que des bandes de conspirateurs, au même moment et à un signal donné, devaient se porter sur différents points; que les prisons à la même heure devaient s'ouvrir; que des milliers de scélérats, entassés depuis trois ans, se seraient répandus comme un torrent dévastateur, qu'ils devaient être secondés par tout ce qu'il y avait à! honnêtes gens (et il y en a beaucoup), tous ces faits n'étaient point douteux... La connaissance de ce nouvel attentat a produit le plus terrible mouvement dont les fastes de l'histoire puissent fournir l'exemple; et, pendant que plus de cent mille citoyens volaient aux armes pour se porter aux frontières, cent mille autres, ou plutôt tout Paris, se sont rendus aux prisons emcombrées de brigands avec Fintention de tout sacrifier à la siireté publique... [Demain, les plus amples et les plus sûrs détails.) Paris est calme ce soir. »
Voilà la légende qu'on fabrique et qu'on accrédite. Toute pareille est la version des Révolutions de Paris et de la Feuille villageoise. C'est un élan spontané des Parisiens, décent raille Parisiens. Or les massacreurs étaient cent quarante bien comptés, plutôt moins que plus, sauf les amateurs.
Enlever les élections à Paris, c'était bien, mais il fallait la France. N'y a-t-il pas celte circulaire signée Duplan, Panis, Sergent, Lenfant, Jourdeuii, Marat, Deforgues, Léclerc, Duffort, Cally, constitués à la Commune et séant à la mairie, où il est écrit : « La Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces détenus dans les prisons à été mise à mort par le peuple... et, sans doute, la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les boi*ds de l'abîme s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public. » Et ce qu'on ne sait pas, ce qu'on ne veut pas savoir parce qu'on ne regarde que les massacres de Paris et de Versailles, c'est que l'appel de Marat et de la Commune de Paris fut entendu, c'est qu'on massacra à Meaux, à Reims, à Charleville, à Caen, à Conches, à Lyon, à Gisors. — Encore n'est-ce là que des indications. On dut tuer ailleurs.
Oui, mais la Convention nationale fut ce qu'elle devait être. Au moins, pendant quatre mois, la Commune de Paris la trouva-t-elle à son gré.
Ensuite, elle la traita comme la Royauté même. —
Et ce fut le 31 mai et la proscription des Girondins. Mais de ceux-ci, complices et protecteurs des massacreurs, de ceux-ci dont était Gorsas, il faudra bien reparler quelque jour et marquer au front les hommes qui, par lâcheté, par peur, par connivence, par goût du pouvoir — et quel pouvoir ! — ont couvert les assassins de leur protection, de leurs discours, et des hypocrisies de leur patriotisme.