L'INDULGENTE ANARCHIE
Une des formes par qui s'accuse la révolution, c'est l'indulgence — s'entend Tindulgence vis-à-vis des délinquants et des criminels. On a le cœur débordant d'une pitié molle pour quiconque enfreint les lois, pourvu que ce soient des lois de droit commun et non des lois spéciales, dirigées contre une classe de citoyens et ayant pour objet de les contraindre à l'admiration devant les modes diverâ qu'on se plaît à employer pour démontrer comme est efficace la liberté sous le présent régime.
« Pourvu à vingt ans d'une charge de judicature à la sénéchaussée de ïarbes, les fonctions de condamner en matière criminelle répugnèrent tellement à mon cœur que je refusai tout exercice de cette charge. Je me retirai à Toulouse, où je préférais les travaux consolants de défendre les accusés et les citoyens au ministère terrible de les juger. » Qui écrit cela? Bertrand Barère, celui qui fut surnommé TAnacréon de la guillotine, l'homme qui, dans la Terreur, joua, sans doute par peur, le rôle le plus sanguinaire, qui approuva, loua, exalta toutes les lois révolutionnaires, toutes les