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LE COURONNEMENT DE NAPOLÉ'ON

décision^ et la plaça Itd-mème sur sa tête. Lacté, compris de tous les assistants, produisit un effet inexprimable. »

Cette version fit fortune, et, depuis Jors, nul historien de TEmpire, à ma connaissance, n'a manqué de la rapporter. Elle devint classique et s'enjoliva. Dans Y Histoire générale, du IV^ siècle à nos jours, publiée sous la direction de MM. Lavisse et Rambaud, M. E. Chénon écrit': « Le Pape le sacra ainsi que l'Impératrice, mais, quand il voulut lui poser la couronne sur le front, Napoléon s'en saisit brusquement et se couronna de ses propres mains. Pie VII se plaignit et obtint que l'incident ne serait pas relaté au Moniteur. » Le brusquement de M. Chénon remplace le sans brusquerie de M. Thiers, mais il faut bien agrémenter. On agrémente en effet : ainsi, M. Debidour, àdJv^V Histoire de l'Église et de l'Etat en France : « Mais à la fin, quand le moment arriva pour le Pape de prendre la couronne et de la poser sur la tête de TEmpereur, comme il avait été convenu, on vit tout à coup Napoléon s'en saisir prestement comme un escamoteur et la placer lui-même sur son front, après quoi il couronna aussi lui-même l'Impératrice agenouillée devant lui... Le malheureux Pie VII assista tout interdit à cet audacieux manquement aux paroles données. Protester dans l'église même n'eût été qu'un scandale inutile. Napoléon eût fait étouffer sa voix par les acclamations populaires. Le lendemain, il était trop tard, etc.. »

Ainsi Ja légende s'accroît et fait boule de neige. Faut-il avouer qu'un historien tel que Albert Sorel Ta admise, et aussi un canoniste tel que le Père Theiner ? Il convient non d'y mettre fin — ce sont là des entreprises dont on se flatte lorsqu'on est très jeune, et dont l'expérience fait connaître le néant — au moins d'interrompre la prescription.

A Rome, dans la négociatiqn entre Fescli et Consalvi, au sujet du voyage du Pape, le cardinal secrétaire d'État avait exigé du ministre de France l'assurance que la cérémonie du Sacre ne serait point séparée de celle du Couronnement et qu'il ne serait rien innové dans la circonstance présente, contrairement à la dignité du Souverain Pontife et à l'usage constamment suivi que les Empereurs de France et d'Allemagne sacrés par les Papes fussent en même temps couronnés par eux. L'engagement avait été pris par Fe'sch au nom de l'Empereur,

Le Pape arriva à Fontainebleau, puis à Paris. Une négociation nouvelle s'engagea au sujet des modifications à introduire dans le Pontifical romain qui devait être suivi dans la cérémonie. L'Empereur sentit la difficulté de revenir sur l'article du Couronnement. Dans un premier P?*o/e/ rfç Cérémonial qui fut imprimé, il admit que la tradition de la couronne lui fût faite par le Pape comme celle des autres ornements. Seulement « l'Impéra-

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