LE COURONNEMENT DE NAPOLÉON
trice recevrait à genoux la couronne que l'Empereur placerait sur Scïtête ». Peu importait au Pape. On lui présenta ce cérémonial, il l'accepta. Mais ensuite l'Empereur fait savoir « qu'il désire prendre la couronne pour éviter toute discussion entre les grands dignitaires de l'Empire, qui prétendraient la lui donner au nom du peuple. 11 pense que Sa Sainteté, bénissant la couronne et prononçant une prière pendant que l'Empereur la met sur sa tête, est ainsi censée remplir Tancien cérémonial ». Et, cette fois, il abroge ses engager ments.
Est-ce par un tel argument qu'il parvint à convaincre Pie VII ? Fit-il valoir, comme Ta dit Mgr Jauffret, le précédent de Louis le Débonnaire et des empereurs carolingiens. « Charlemagne, écrit Mgr Jauffret, avait dit, en sortant de l'église de Saint-Pierre, qu'il n'y serait pas entré s'il eût su que le Pape avait le projet de le couronner, ne voulant point paraître redevable au Saint-Siège d'une couronne qu'il ne tenait que de son épée. » Pour qu'on ne pût tirer de la circonstance présente aucune induction semblable, le nouvel empereur s'approcba de l'autel immédiatement après le sacre, prit la couronne et la plaça luimôme sur sa tête, comme le fit autrefois le petitfils de Pépin. Il couronna ensuite l'Impératrice. Ce céré7nonial avait été préalablement arrêté. » Ce qui donne une valeur spéciale à ce témoignage, c'est que Mgr Jauffret, alors grand vicaire de Lyon,
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était en même temps vicaire général de la Grande aumônerie. 11 fut, en 1806, évoque de Metz et aumônier de l'Empereur, puis en 1811 archevêque nommé d'Aix. On eût difficilement été mieux instruit.
, L'Empereur, officiellement, n'allégua point de textes ; il donna seulement cette pauvre raison des dignitaires. Mieux eût valu n'en donner aucune.
Pour la prière, il proposa que le Pape prononçât celle que, à Reims, Tarchevêque disait en plaçant la couronne sur la tête du Roi ; seulement que, en substituant çà et là le pluriel au singulier, on la rendît commune a l'Empereur et à l'Impératrice.
Le Pape ne fit pas d'objection.
Les choses furent donc ainsi réglées de ragrément du Pape : « L'Empereur, ceint de l'épée, revêtu du manteau, tenant d'une main le sceptre et de l'autre la main de justice, se tiendra en prière, debout devant l'autel, durant que le Pape fera à l'Impératrice la tradition de l'anneau et du manteau. Puis — et ce sont les termes mêmes du nouveau programme, ce sont les termes du Cérémonial — l'Empereur remettra la main de justice à Tarchichancelier, le sceptre à Tarchitrésorier, montera à l'aulel, prendra la couronne, la placera sur sa tête, prendra dans ses mains celle de l'Impératrice, reviendra se placer auprès d'elle et la couronnera. L'Impératrice recevra à genoux la couronne. Le Pape fera les prières du Couronnement. » Cela fait l'objet des articles XXX, XXXI et XXXII dans la