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l'ensemble.
(x) Huiït toiles d'Ensor prirent place ainsi au Musée d'Anvers, grâce à la générosité de quelques mécènes anversois : Madame Georges Born, MM. Alphonse Aerts, Ilenri Fester, Laurent Fierens, Charles, François et Louis Franck, Charles Good, Théod. Kreglinger, Ivan Maquinay, H: Mistler, Max Osterrieth et Maurice Speth. Encore fallut-il vaincre une certaine opposition.
(2) M. Jules Destrée, étant ministre des Sciences et des Arts, fit décider l'achat de toutes les œuvres qui figurent au Musée de Bruxelles, le Lampiste excepté.
Photo P. Becker, Bruxelles
La FEMME AU NEZ RETROUSSÉ (1879). | Coll. A. Lambotte, Esneux. |
En partie, disons-nous, mais tout de même d’une façon plus complète que dans nos musées. Car ce qu'on y voit n’en représente | | qu'un aperçu fragmentaire. |
Il n'était plus temps pour qu'il en pût être autrement ; plus temps, L quand on tenta de racheter les | erreurs du passé. Elles s'étaient en tout point vérifiées les paroles d'amertume que le cas d’Ensor avait arrachées, il y a plus de vingt ans déjà, à Georges Lemmens (nn) cethautiesattistensl longtemps méconnu :
« La Belgique n'a de caresses » vraiment maternelles que pour » les recommenceurs du passé, » séniles pontifes du «grand art», » ou les fervents de la mode.
» Honneurs, faveurs officielles,
» grasses sinécures, à eux les
| | | » bénéfices obligés d’une médio- Fillette assise (1885). | » crité productive, d'une gloire D ML de | » vaine et éphémère. Mais ceux-là qui, inconscients de la fatalité qui les |
» pousse, vont droit devant eux sans égard aux traîtrises du chemin,
» seuls, indifférents au rire ou au silence, les vrais artistes, enfin, qui |
» illuminent la route de quelque vérité nouvelle ou éclairent une face |
» encore obscure de la beauté, ceux-là risquent fort de rester ignorés | » toute leur vie et pauvres... James Ensor, pas davantage, ne connut
» les gâteries du succès, et son nom, dans les besognes des critiques,
(x) James Ensor. Numéro spécial de La Plume, 1809, Paris.
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» s’est rarement accouplé aux épithètes laudatives. Sa notoriété n'eut » jamais qu’une cause, le scandale, — soit que le public s’effarât de » l’ingéniosité outrancière de sa vision, — soit que, plus tard, l'artiste » suscitât volontairement la réprobation des «honnêtes gens » par des » œuvres attentatoires à la morale ou à la dignité bourgeoises ».
Les temps ont quelque peu changé. Trop tard cependant, comme on l’a constaté, et, tel qu’il est donné au public de le connaître, Ensor attendra longtemps encore la justice et la compréhension totales. On ne le connaîtra pas sous toutes les faces de son génie. On ne saura point que si, dans ses figures ou dans ses intérieurs, il a égalé un Manet; un Fayt ou un Chardin dans ses natures-mortes ; un Watteau dans ses compositions lyriques, il s'est également, par ses eaux-fortes et ses dessins, porté au rang des Callot, des Hogarth, des Whistler, de tous les maîtres du burin, parfois même d’un Rembrandt, comme dans ces planches incomparables : Le Christ apaisant la tempéte et le Christ montré au peuple. Et cela sans jamais leur ressembler, sans leur rien devoir, sans autre dette envers eux que la joie qu'il éprouve à pouvoir les admirer.
Son originalité et sa maîtrise sont d’ailleurs bien les dernières qui pourraient être mises en doute.
« Venu, dit encore Lemmen, après les beaux peintres que furent » Artan, Boulenger et Louis Dubois, James Ensor témoignait d'une » ‘personnalité peut-être. plus nette, et dans tous les cas d’une incom- » parable sensibilité de coloriste ».
Toutefois pour lui assigner, dans l’histoire de l'art, la place qui lui revient, il faut aussi lui tenir compte de ses droits de précurseur. Il faut avoir présentes à la mémoire et classer historiquement : ses tendances, ses recherches et surtout ses anticipations qui permirent à son inspiration curieuse, inquiète, investigatrice, de tenir pour ainsi dire
l'avenir sous les yeux et de formuler, en des essais successifs, les