BARQUES ÉCHOUÉES
à une de ces représentations caricaturales de la foule, que l'artiste affectionne sans doute pour la laideur si variée des faces qu'elle recèle. C'est, dans les rues pavoisées d'une ville en liesse, un tassement de corps et de têtes, un grouillement de peuple, un fourmillement humain qui s'étend d'un bout à l'autre de la toile, — au bas de laquelle, ouvrant la marche du cortège, émerge un orchestre vaguement militaire doté de trognes hilarantes et suivi d'un étatmajor bouffon de gardes civiques et de prélats. La foule envahit tout, s'écrase dans la rue trop étroite, s'accroche aux saillies, se presse aux fenêtres, hurle, gesticule , s'agite , brandit des cartels aux inscriptions comiques.
Nombreux suivront les tableaux conçus dans le même esprit et baroque :
c'est le Baptême des Masques y le Masque regardant des Crustacés, F Etonnement
du Masque Wouse, l'Intrigue, les Masques scandalisés raillant la Mort, — car la Mort aussi montre sa face décharnée et, souvenir des vieilles danses macabres, des squelettes mêlent leurs ébats aux sarabandes des masques, — Squelettes voulant se chauffer, Squelettes se disputant un Pendu, les Musiciens terribles.
Ce changement d'orientation dans le choix des sujets devait impliquer, logiquement, une évolution parallèle dans la couleur. Elle est devenue en effet imaginaire et paradoxale, inso-