SUR LA
CROQUIS
" Cathédrale " de James Ensof
Parmi les œuvres d'Ensor, la Cathédrale me semble sa meilleure eau-forte : Rembrandt lui-même n'a peut-être jamais dépassé celle-là.
Il y a, sur la terre, des lieux où l'âme du passant s'attarde dans la joie révélée d'un décor maternel ; il y a des heures où le passant édifie son à me en décor à la vie qui allaite tous les êtres. — Shakespeare est le voyageur imprudent qui s'enfonce dans la forêt pleine de cris douloureux, d'appels bouffons, d'harmonieux bruissements, et des plaintes de la folie; mais dans l'âme d'Eschyle sont les belles proportions, et Eschyle déroule sous ses yeux olympiens la danse tragique des Suppliantes, comme si elle était pour la frise d'un temple.
Ces truismes paraissent véritables. Mais la Cathédrale échappe aux catégories faciles , car , pour qui s'est proposé de la considérer en analyste, ce qui frappe tout d'abord en elle, c'est la simultanéité d'une admirable sévérité de composition avec les caractères habituels de l'art d'Ensor, qui sont l'exubérance de l'impression et l'abondance du détail.
Voici s'ériger, dans son absolu de pierre et dans la grâce gothique de sa dentelle, comme une fête
de l'air et comme le triomphe épanoui du vouloir, la Cathédrale.
A ses pieds, à l'avant-plan, la foule des jours de fête flamands, houleuse mer de visages vulgaires ou grotesques, d'un dessin très précis.
jette une pierre subitement s'étonne, et distingue, dans les cercles et les bulles, révélée, l'âme confuse du trouble étang.
Avec une grande sobriété de moyens, Ensor a su établir une transition de lignes et de sentiment
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