‹ James Ensor, peintre & graveurChapitre 39 sur 81 · LA TENTATION DU CHRIST · texte numérisé non relu

LA TENTATION DU CHRIST

peinte de descriptions infernales, émanées, dirait-on, de quelque dissert religieux.

Au fond de l'érèbe catholique, c'est un amalgame de formes originales, dominées par saint Georges cuirassé, muni d'une flamberge, terrassant les esprits déchus. Des anges claironnent les massacre de ces malebêtes aux yeux de Dieu, car le jour du jugement suprême est venu! Le ciel entr'ouvert illumine les envoyés divins, saint Georges et les anges, resplendissants de couleurs chatoyantes. Déjà les condamnés sont précipités. Il transluit à peine quelques vestiges de leur beauté éphémère. L'enfer les engouffre. La géhenne transforme, érode, démembre, brétaude,

couchée sur le dos, autour de laquelle vaguent des animaux couronnés, des têtes extraordinaires encore, au sein d'une fleuraison tentaculaire. Ah! mais voici d'autres imaginations. Le rebelle, affligé de pattes posées de travers, serre dans ses griffes une façon de hache d'armes. Quelque conception fantastique, engoncée dans un œuf, l'avoisine. Un combattant, porteur d'un écu en bandoulière, un heaume placé sur le chef, agrippe des poissons, la gueule béante, sous une variété de chardon rouge, pubescent, ailé, nanti de moignons brachiaux qu'environne, quoi donc? on ne sait trop : des instruments de musique, faits de pinces de homard! Et ce n'est

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