‹ James Ensor, peintre & graveurChapitre 62 sur 81 · SQUELETTES MUSICIENS · texte numérisé non relu

SQUELETTES MUSICIENS

de feu, il ressemblait à une divinité infernale. La sirène, transie par un exquis petit frisson de peur, venait se blottir dans les bras de son ami.

Mais cette idylle prit fin. Vers l'automne, quand la mer fat secouée par les tempêtes d'équinoxe, la sirène se laissa enlever par un mercanti, sans doute. Sa prudence lui suggéra l'idée qu'elle hivernerait plus confortablement delà sorte.

Le peintre, tout en songeant à l'inconstance de ce démon qui lui était apparu sous une forme gracieuse, réintégra son atelier. Il se mit à peindre des fêtes exquises, d'une lumière de féerie et suavement vaporeuse.

Comme on vient de le voir par la légende que je n'ai pu qu'ébaucher seulement , James Ensor est une personnalité très marquante. On peut même prétendre qu'il est le plus personnel de nos peintres. Aucun autre ne s'est plus délibérément jeté hors des chemins pour suivre des sentiers escarpés de l'art. Et cependant, quoiqu'on en ait dit, quoi qu'on en ait écrit, c'est peut-être, de nos bons artistes, celui qui a le plus de tradition, j'entends de vraie, de grande tradition, car

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