QUELQUES LETTRES
Mon cher Ensor.
{g\EMOLDER me demande mon avis sur votre peinture. £j Je viens de relire la belle et définitive étude qu'il vous a consacrée. Il a tout dit. Que pourrais-je ajouter? rien, si ce n'est que je partage entièrement son admi- 1 ration. Vous êtes, me semble-t-il^ le plus Flamand des coloristes actuels, le seui peut-être qui se rattache directement aux maîtres tout a fait autochtones, tout a fait purs de la peinture des Flandres; je veux dire les Bouts, les Bosch et surtout l'incomparable Breughel des paysans. Voici plusieurs années que les circonstances ne mont plus permis de m approcher de vos œuvres, mais je me souviens, comme si c'était d'hier, de certains verts, de certains rouges de vos masques {que je n'aime pas toujours) et de vos natures mortes que je goûte sans arrière-pensée.
Croyez-moi bien vôtre