MAURICE MAETERLINCK
jA vision se modijie en observant. La première vision IJ celle du ^19^, c'est la ligne simple, sèche, sans recherche de couleur, la seconde période, c'est celle oh l'œil plus exercé discerne les valeurs des tons et leurs délicatesses : celle-ci est déjà moins comprise du vulgaire La dernière est celle ou l'artiste voit les subtilités et les jeux multiples de la lumière, ses plans, ses gravitations Ces recherches progressives modifient la vision primitive' et la ligne souffre et devient secondaire. Cette vision sera peu comprise. Elle demande une longue observation une étude attentive. Le vulgaire ne discernera que désordre chaos, incorrection. Et ainsi l'art a évolué depuis la liane du gothique à travers la couleur et le mouvement de la henaissance, pour arriver à la lumière moderne !
l882< JAMES ENSOR.
Pour James Ensor.
rEOsLSt i'^^f^^difmais d'autant plus réfléchi, d'un \À Ostendais ralhe, d'un compatriote, dérouté lors de pre mieres luttes par l'attitude énigmatique du profond ZX c.en quêtait df, Ensor. Toujours la" silhouette gravide artiste a rappelé à mon souvenir le portrait connu de ^Lr le mvsbohste de Nuremberg ; .nais quand je subis la s du fon de ses étonnantes eaux-fortes, je crois voir s'aUuineXs coms son un reflet de Rembrandt, soit une torche rolntique de Goya.
Pourtant son art entier, pour moi, se récapitule dans ce magistral Lampiste et dans le Vl6llX % Se fm Là, je retrouve les traces accumulées des successifs efforts de sa vie de lutteur solitaire.
||; ' |ïf|ii \EDàAR BAES.
folles, septembre 1898.
je me souviens, en plusieurs occasions, J avoir rencontré des planches fantastiques et précises, des œuvres de vision et de réalité ou d étranges Christs hâves et hagards étaient coudoyés de toutes parts par le tumulte des multitudes stupides ou anxieuses. Architectures mouvementées, agitation et remous des foules par des carrefours tragiques et simples. Telles, volontaires et fantasques, les images embrasées ne s'éteignent plus en les esprits qu'elles ont, une fois, irappes De Pn-anèse ou de Rembrandt, de Jacques Callot, des Breughel, l'Apre imagination a mûri un cerveau épris du rêve moderne et de perspectives d'aujourd'hui : j aimerais, pour saisir la signification totale dune œuvre aussi ondoyante, aussi surchargée d'intentions diverses et certaines, m extasier à la contempler, si l'occurrence m'en était offerte, en un salon où on l'expose, tout entière, et comprendre profondément le génie priniesautier et grave de cet artiste neuf, James En-
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