‹ James ThomsonChapitre 11 sur 294 · Proupuow, Correspondance · texte numérisé non relu

Proupuow, Correspondance

3. « Savage was of great use Lo Mr. Pope, in helping him to little stories, and idle tales of many persons whose names had long since been forgotten, had not Mr. Pope mentioned them in his Dunciad. » (Life of A. Hill in Crsser’s Lives.)

C’est le même renseignement que le Docteur répète en langue johnsonienne : «He was considered as a kind of confederate of Mr. Pope, whom he was suspected of supplying with private intelligence and secret incidents; so that the ignominy of an informer was added to the terror of a satirist ». (Jouxson, Life of R. Savage.)

4. « When. Mr. Rickerton first saw Mr. Thomson’s Winter, which was in a bookseller's shop at Edinburgh, he stood amazed and after he had read the lines quoted below (Induction to Winter), he dropt (he poem

from his hand in the ecstasy of his admiration, » Sie Cibber’s Life of Thomson.)

surprenant que nulle critique ne vint se mêler au concert des éloges. Samuel Johnson disait au moment où allait paraître son premier livre : « Quelle réception je dois trouver sur le «rivage, je l’ignore. Je ne sais si je verrai sur la côte une « Calypso qui m'appelle, où un Polyphème qui me fasse «€ obstacle. Mais si c’est Polyphème qui se présente, gare à son € œil ‘! » — Thomson, nous l’avons vu, a rencontré sur le rivage la menue monnaie de Calypso; il y a aussi trouvé Polyphème. Joseph Mitchell était un de ses anciens camarades d’Université, celui-là même qui l’estimait un pur lourdaud. Lui aussi était poète, et lui aussi venait chercher la fortune à Londres. Après la publication de l « Hiver » il adressa à l’auteur son jugement sous forme de distique :

« Les beautés et les défauts se montrent là si pressés — que « je ne puis voir les premières tant sont proches les derniers *. »

La critique ne fut pas du goût de Thomson, malgré la part d’éloges qu’elle impliquait; et il répondit par ce quatrain :

« Pourquoi autre chose que des défauts, insolent Mitchell? «pourquoi — une seule beauté se montre-t-elle à ton œil & flétri? — Une condamnation pire que ta damnation, si cela « est possible, — c’est là tout ce que je demande, et tout ce que «je veux de toi. »

Il faut, pour apprécier l’aménité de la réponse, savoir que Mitchell était borgne. Tout ce que purent obtenir de Thomson les instances d’amis communs, ce fut qu’il modifiàt l’adjectif offensant. « Blasted » devint « blasting », l’œil flétri, un œil flétrissant. Décidément Polyphème n'avait pas à se louer de la rencontre.

D'Israëli voit ici chez notre poète la preuve d’une irascibilité

ridicule ‘. Nous ne devons pas oublier qu’il s’agit d’une bou-

1. « What reception I shall meet with on the shore, I know not... whether I shall find upon the coast a Calypso that will court or a Polypheme that will resist. But if Polypheme comes, have at his eye! » (Cité par Forster, Life of Goldsmith, B. III, ch.r, p. 129.)

D Beauties and faults so thick lie scattered here, Those I could read, if these were not so near. (Surezs, Cibber’s Life of Thomson.) Se Why not all faults, injurious Mitchell; why Appears one beauty to thy blasted eye?

Damnation worse than thine, if worse can be Is all I ask, and all I want of thee.

4. D'IsRaeLt, Literary characlers. Crilicism of friends, p. 65.

tade à l’adresse d'un camarade de jeunesse. Les plaisanteries échangées ne sont pas du plus pur atticisme; mais cette bourrade brutale reste dans le goût des méchants tours que l’on se jouait jadis l’un à l’autre au « club des Grotesques ». Mitchell lui-même ne garda pas rancune au poète, et, quelque temps après, il s’efforçait de rendre service à son confrère, « pour réparer ses torts envers un génie excellent » 1.

Quant à Thomson, il avait quelques vigoureuses antipathies, et Mitchell figure en bonne place dans la liste des gens qu’il n’aimait pas. Une de ses lettres à Mallet contient ces mots : «Loin de défendre ces deux vers de ma traduction ?, je les «condamne aux derniers abimes du Tophet poétique depuis «longtemps préparé pour Mitchell, Morrice, Rook, Cooke, Beckingham, et un long etc. * » Et, dans une autre lettre à Mallet : « Ce journal Britannique de samedi est plus mépri- « sable que la langue ne saurait le dire; je soupçonne fort cet «imbécile de Mitchell, à demi foudroyé des dieux ».

4. « In one of his letters, in answer to Ker's question whether he was the author of Winter, he (Mitchell) says it was written by that dull fellow Thomson, who had long been the sport of their club. He says that the obligations he had latterly conferred on him were the best atonement for his petulance towards an excellent genius. » (J. Rausay, Scotland and Scotsmen, p. 24.)

2. Il a bien raison de ne pas défendre ces deux vers, si, comme il semble probable, ce sont ceux par lesquels il traduit le « Me vero primum » de Virgile. On en jugera par le début :

«Me may the Muses my supreme delight »

Il cite ces vers ainsi traduits dans sa Préface à la 2° édition de « Hiver» pour montrer que le dévoûment aux œuvres de la Nature a inspiré à Virgile son style inimitable, « inspired the rural Virgil to write so inimitably ».

8. « Far from defending these two lines in my translation, I damu them to the lowest depth of the poetical Tophet prepared of old for Mitchell, Morrice, Rook, Cooke, Beckingham, and a long etc. » (Lettre à Mallet, du 2 août 1726.)

Le « long etc. » est en partie complété par une autre liste moins connue. Elle se trouve dans une pièce de vers fort immodestes dont Buchan a vu l'original écrit de la main de Thomson et trouvé dans ses papiers par Andrew Mitchell. L’exemplaire de Mitford, au British Museum, en contient une copie en caractères grecs. Une énumération de poètes ennemis de Pope et de l’auteur y figure, et comprend ces noms : Ralph, AE Welsted, Mitchell, Cook.

. « That British Journal of last Saturday is more contemplible than ee can express; 1 suspect that Planet-blasted fool Mitchell. » » (Lettre à Mallet, sans date, de sept. ou oct. 1726.)

Cette antipathie est du reste fort naturelle et assez louable. Ce Joseph

Du reste les critiques d’un petit cercle de confrères jaloux ne nuisent en rien au succès du poème. « Tous les gens de € goût, dit Murdoch, cherchaient à connaître l’auteur, et plu- {sieurs nobles dames se déclarèrent ses protectrices : la com- «tesse de Hertford, Miss Drelincourt (la future vicomtesse € Primrose), Mrs. Stanley, d’autres encore. » Déjà dans la société d'hommes tels que Duncan Forbes, Aikman, les Graham et les Montrose, Thomson s'était défait des manières un peu frustes, du langage et de la prononciation exotiques qu'il avait apportés d'Écosse !. Il acquiert dans le commerce des nobles

Mitchell qui a laissé une tragédie dont la paternité, dit-on, devrait revenir à l’obligeant Hill (he Fatal Extravagance), en vint à être connu comme « le poète de Sir Robert Walpole ». Il n’y avait rien de flatteur ni d’honorable dans ce patronage de l’homme d’État que Swift appelait : « Bob, the poet’s foe. » (An Epistle to Mr. Gay, 1131.)

Quant aux poètes dont les noms accompagnent celui de Mitchell dans les deux listes, ils appartiennent à la même classe d'écrivains de peu de talent et de moins d'honneur. Ralph, un Américain venu à Londres avec Franklin, en 1124, était apte à tout. On le voit journaliste, polémiste, pamphlétaire, dramaturge, poète et historien. Partisan déclaré de la faction du Prince de Galles, Rob. Walpole l’achète à beaux deniers. Il figure au premier chant de la Dunciad :

« Silence, ye Wolves, while Ralph to Cynthia howls And makes the Night hideous! Answer him, ye Owls. »

Cooke s'était imprudemment attaqué à Pope en 1725 dans son poème de « la Bataille des Poètes ». Il publie en 1727 dans le Daily Journal une traduction de l'épisode de Thersite, pour montrer les bévues de Pope. Aussi a-t-il sa place dans la Dunciad. Il vécut pendant vingt ans des pro-

- duits d’une souscription, qui ne fut jamais close, en vue d’une traduction de Plaute. (Voir Perry, English Literature in the xviu cent., p.256.)

Beckingham avait été un jeune prodige et fait représenter des tragédies avant l’âge de vingt ans. Il a aussi écrit un poème sacré traduit du latin de Rapin, et est mort à trente ans. « Beckingham and another gentleman published an account of the life of Savage when he was under sentence of death (1727). » (Joanson, Life of Savage.)

-Besaleel Morris est l’auteur de satires sur les traducteurs d’'Homère, et de nombreux articles dans les journaux du temps.

« Breval, Bond, Besaleel, the varlets caught. » (The Dunciad, B. II, v. 126.)

Voir aussi dans la Dunciad un autre trait à la même adresse, B. INT, V. ne

4. « Duncan Forbes is supposed to have aided him in taming his language a little » (Allan Cunningham). — Forbes était en effet noté pour l'excellence et la pureté de son anglais. C'était chez les Écossais qualité assez rare pour qu’elle fût signalée quand elle se présentait, comme chez Arbuthnot, le Dr. Armstrong ou sir Gilbert Elliot, le fils de celui que nous avons vu encourager Thomson enfant. (Voir J. Ramsay, Scotland and the Scotsmen, etc., vol. I, p. 311, 364.)

personnages qui le recherchent et le patronnent ces façons aisées et simples, également éloignées de l’indiscrétion et de la servilité, qui lui permettront, sans effort et sans gaucherie, pendant tout le reste de sa vie, de traiter sur un pied de parfaite dignité avec tous, depuis les écrivains besogneux jusqu’aux princes de la famille royale. De ce moment aussi datent les relations du poète avec bon nombre d'hommes que nous rencontrerons désormais mêlés à sa vie : Dodington, qui devient un de ses plus actifs protecteurs !; Dyer, le peintre-poête et l’auteur de Grongar Hill, cette œuvre sœur des «Saisons », si parva licet componere magnis ?; l'acteur Quin, peut-être, bien que l’autorité du renseignement soit douteuse * ; les poètes Young *, Hammond *, West 5; John Forbes, le fils du Lord- Advocate !; Roberison, qui nous laissera de si précieux renseignements sur son voisin et ami, et qui nous apprend qu'à ce moment le poète habite Lancaster Court dans le Strand *;

1. « Dodington sent his services to Thomson by Dr. Young and desired to see him... this was his first introduction to that acquaintance. » (Spence.., by Sinxcer, Mallet, p. 321.)

2. Thomson fait de lui une mention amicale dans une lettre à Mallet du 18 juin. — John Dyer, né probablement la même année que Thomson, dans les montagnes du pays de Galles, comme notre auteur dans celles de l'Écosse, fit paraître aussi en 17126, son célèbre Grongar Hill (sous forme d’ode irrégulière dans un volume de Mélanges de Savage). L'œuvre certes reste bien inférieure à l’ « Hiver », mais elle procède de la même inspiration, et apporte le même élément nouveau dans la poésie anglaise.

3. « About this time, I believe, commenced the friendship between Thomson and Quin. » (The Seasons with an original Life of Thomson, by Le HEroON, Perth, 1793.)

. Mentionné de façon fort irrévérencieuse dans une lettre à Mallet du 2 ue « [have not seen these reflections on the Dr.s « Installment », but hear they are as wretched as their subject. The Dr.s very buckram has run short on this occasion; his affected sublimity even fails him, and down he comes with no small velocity. »

5. Hammond, le poète élégiaque, le Tibulle anglais, élait écuyer du prince de Galles. Thomson avait pour lui une vive affection qui nous à valu quelques vers émus sur le jeune poète gentilhomme, mort à trente ans.

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