‹ James ThomsonChapitre 119 sur 294 · The English Poets, by James Russezz LoWELL, p · texte numérisé non relu

The English Poets, by James Russezz LoWELL, p

rations variées de la forêt; il voit d’un arbre ses mouvements; il ne déterminera son port et son caractère que par de vagues épithètes morales. Il n’a pas la vision plastique; ses images des choses sont celles d’un coloriste !.

Ce terme lui-même demande à être expliqué. Quand on dit d’un poète tel que Victor Hugo que sa langue est éminemment colorée, qu’il prodigue la couleur, etc., on est exposé à une confusion qu'ont fortement signalée les analyses de M. Mabilleau ?. On ne trouvera pas chez Hugo une notation fréquente des couleurs, ni l’observation de tons variés ou riches ou rares. Ce qui revient sans cesse dans ses images, c’est l’opposition d’ombres vigoureuses avec d’intenses lumières. Ses puissantes antithèses ne se lassent pas d’accoler à un objet sombre ou noir, un autre objet blanc ou radieux. Il ne semble pas qu’il puisse mentionner un de ces effets sans qu’aussitôt s'impose à son imagination la vision d’un objet contrasté *. Les gradations de la lumière et de l’ombre sont infinies; ellespeuvent suffire à la

1. Veut-on par un exemple préciser ces différences ? Dans « l’Été » Thomson a noté les « nuages qui sans cesse changeant revêtent des formes pittoresques, rêve de l’imagination éveillée ». (Summer, 1313-1376.) Voici ce que devient, dans la bouche d’un personnage de Shakespeare, cette indication abstraite :

« Parfois nous voyons un nuage qui ressemble à un dragon,

Une vapeur quelquefois a l’aspect d’un ours ou d’un lion,

D'une citadelle cerclée de tours, d'un rocher menaçant,

D'une montagne à la cime fourchue, ou d’un bleu promontoire

Portant des arbres qui s’agitent et s’inclinent et nous trompent.

Tu as vu ces apparences; c’est la fête et la pompe du sombre soir. » (Antony and Cleopatra, IV, xtv, 2-8.)

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