Hail to thee, worthy Timon
ni te The five best senses Acknowledge thee their patron; and come freely To gratulate thy plenteous bosom : th’ear, Taste, touch and smell, pleased from thy table rise. » (Timon of Athens, act. I, sc. m1, 128-132.)
échapperait à une attention superficielle et qui dénote à la fois l'observateur, l'artiste et le familier de la nature”?
C’est un côté du talent de notre poète qui n’a guère été mis en lumière. La raison de cette injustice est très apparente. Ces traits délicats sont notés par Thomson avec une sincérité, on pourrait dire avec une naïveté absolues. Nos modernes littérateurs soignent et sertissent avec un soin jaloux tout effet inédit qu’ils ont eu la bonne fortune de découvrir. Il n’y a au contraire chez Thomson aucune préoccupation de souligner et de mettre en valeur ces éléments de pittoresque. Ils disparaissent presque, emportés au courant de son ample période et de ses larges descriptions. Mentionnés seulement comme appoint en vue d'effets plus vastes, ils sont souvent cachés sous le vêtement somptueux et un peu raide de son style. Et cependant on se ferait une idée incomplète et inexacte de son génie si l’on négligeait ces indications rapides. Dans toutes les parties de l’œuvre elles viennent nous montrer le don d’observation minutieuse et serrée, l’aptitude à noter certains traits pittoresques parmi les mille éléments qui concourent à l'effet d’ensemble.
Nous avons cité déjà les vers charmants où le poète décrit une promenade à la campagne par une matinée de printemps. Il y a là un détail singulièrement précis, et bien fait pour mettre dans les vers quelque chose de la fraicheur délicieuse de l’heure. C’est celui qui nous montre le promeneur courbant les buissons de la haie qui, en se redressant, font jaillir les gouttes tremblantes de la rosée !. — Il note un peu plus loin le calme parfait de l’air : € On n'entend pas un souffle frémir « parmi les bois, ou faire tourner avec leur bruissement coutu- « mier, les feuilles aux mille scintillements du tremble élevé ? ». — Jamais poète n’a rendu avec plus de sobriété, ni d'éclat, ni plus de fine justesse la magique transformation de la terre quand, après une longue pluie, un rayon perce les nuages : « Le rayon rapide frappe la montagne qui s’illumine, il glisse « sous la forêt, il tremble sur les eaux, et, dans une brume € jaune qui fume au loin sur la plaine immense, il met une € flamme sur toutes ces pierreries de la rosée dont les myriades « étincellent * ». — « Sur la terre saturée la nuit calme jette une
1. Spring, 103-105. — 2. Ibid., 155, 136. — 3, Ibid., 191-195.
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« ombre adoucie !, » — Nous avons parlé déjà de ce ruisseau de printemps, où € après que le premier et trouble torrent grossi « par les pluies printanières s’est écoulé, l’écume blanche « descend sur l’eau brune que colorent çà et là les mousses « du fond ? ». — La scène de la pêche fournirait plus d’un trait sobre et délicatement noté, comme celui de la surface de l’onde où une ride vient trahir la crainte du poisson qui s’est contenté de toucher l’appât*. — Le poête a vu encore dans le vaste panorama que le regard embrasse de la colline de Richmond, le fleuve dont la surface apparaît au loin moirée *. — Et, pour emprunter un dernier trait à cette première partie du poème, rappelons cette description des manœuvres de l'oiseau auprès de la femelle : «.. frappé, il se retire confus, puis il se « rapproche encore; tourne amoureusement et déploie ses ailes « tachetées; pas une de ses plumes qui ne frémisse de désir ° ».
L’ « Été » nous fournira également presque à chaque page quelqu’une de ces notes vives et pittoresques. Le poète en quête d’un frais abri remarque la coloration plus foncée de l’herbe près du ruisseau ÿ. — À la naissance du jour, il aperçoit « les « cours d’eau fumants qui brillent bleus à travers le crépus- « cule ». — Il voit la mer « jusqu’à l’extrême limite de l’horizon
1. Spring, 216, 217. — 2. Ibid., 318-382. — 3. Ibid., 426, 421. —