Autumn
animaux. Pourquoi cette souffrance d'êtres inoffensifs? Vingt fois il se pose cette question douloureuse. IT s’élève contre la cruauté de l’homme qui sacrifie leur vie à ses besoins ou à ses plaisirs !. Il regrette cet âge d’or où n’était pas né le goût de la chair et du sang ?. Cette cruauté le révolte d'autant plus qu’elle s'aggrave d’une noire ingratitude. Nos victimes ne sont pas seulement inoffensives; elles sont nos serviteurs et nos amis. Et alors, avec une conviction qui atténue le ridicule de l'argumentation et des hyperboles, le poète flétrit l’homme plus cruel que le loup, car celui-ci « n’a pas bu le lait de la victime qu'il entraine bêlante, il ne s’est pas vêtu de sa chaude toison ? ». Du reste la compassion de Thomson n'attend pas pour s'émouvoir la catastrophe causée par le couteau du boucher. Il s’apitoie sur le sort des bestiaux exposés à l’orage. Il ne peut se défendre de prêter à ces humbles frères des attitudes et des expressions tout humaines. À l'approche de la tempête bœufs et moutons « élèvent vers le ciel menaçant de « suppliants regards ‘ ». Au milieu de l'hiver, le poète a vu les