Summer
« Is not wild Shakespeare thine and Nature’s boast? » Milton avait dit :
« Sweetest Shakespeare, fancy's child; Warble his native wood-noies Wild. »
(L’Allegro, p. 133, 134.) 4. Summer, 1567-1571.
Et, dans un autre chant, si le poète rappelle les gloires de la Grèce, à côté « du grand Homère, au vol audacieux, père de la poésie », il voit € égal à lui, le poète de Bretagne; ils mar- « chent la main dans la main, tous deux aveugles, et s’avancent « droit vers le sommet du mont glorieux ! ».
Si Milton est le poète qui s'impose d’abord à son admiration, nous pouvons croire que Spenser fut celui qu'il aimait audessus de tous. Cest au grave et majestueux auteur du «Paradis Perdu » qu’il demande le secret d’une versification fière, pompeuse, digne de ce sujet, Dieu révélé dans ses créations, qui était à peine moins sublime que le drame de la Genèse. Mais nous savons par maintes circonstances, et surtout par le « Chäteau d’Indolence », cette œuvre des longs loisirs si amoureusement caressée pendant quinze ans, que Thomson faisait ses délices du « poète des poètes » ?. II le nomme, dans les « Saisons », à côté de Shakespeare et de Milton. Son jugement, exprimé en trois vers, implique l’appréciation la plus juste du talent du grand conteur.
Le doux et charmant Spenser, fils de la Fantaisie, Dont le poème, comme un fleuve abondant, coulait Parmi tous les labyrinthes du pays enchanté #.
Thomson n'oublie pas non plus le vieux maître de Spenser. Son esprit ouvert et si franc d’allure ne pouvait manquer d’être charmé par le poëte à l’inimitable sincérité.
‘ Sage rieur, Chaucer, dont les vers naturels, tableau fidèle des mœurs,
Et riches en utiles leçons, brillent à travers ce nuage gothique Que le temps et la langue jetaient sur ton génie #.
C’est une question de théorie littéraire, à laquelle s’est intéressé Thomson, que celle de la nature de l'esprit et de l’humour. Il nous a donné sa définition de ces deux mots.