‹ James ThomsonChapitre 164 sur 294 · Summer, 1573-1515. — 4. Ibid · texte numérisé non relu

Summer, 1573-1515. — 4. Ibid

Quand, après les sérieuses pensées de la philosophie,

Nous chercherions quelque soulagement, nous ferions se jouer [devant nous les formes

De la fantaisie capricicuse, nous composerions sans cesse

Ces tableaux rapides, ce cortège rassemblé

D'idées fugitives qui n'ont jamais été jointes,

Et par lesquelles l'esprit alerte excite une surprise joyeuse,

Ou par lesquelles l'humour, peintre des sottises, lui-même [restant toujours grave,

Provoque un rire qui ébranle profondément tous les nerfs !.

Rien de surprenant à rencontrer dans les « Saisons » cette analyse d’une faculté qui du reste a peu de part aux inspirations ordinaires du poète. L'esprit n’est-il pas une des qualités souveraines de la poésie du xvrnr siècle? Tout ce que les dramaturges de la Restauration avaient dépensé de verve, de traits piquants, de saillies ingénieuses et risibles, les poètes du siècle l’ont retrouvé. L’héritière directe de la comédie du xvir° siècle, c’est la poésie satirique et légère. À côté de Steele et d’Addison dont la gaîté prend la forme de l’humour plutôt encore que celle de l'esprit, c’est Pope qui est le véritable successeur de Congreve. Autour de lui tout le monde a de l’esprit; esprit morose, amer, parfois féroce chez Swift, .esprit frondeur, impertinent et immoral chez Gay, esprit moral et moralisant chez le Young des « Satires » et même un peu plus

tard dans les mélancolies apprêtées des « Nuits ».

Or l'esprit ne serait-il pas à peu près l'opposé de l’imagi-

nation qui fait vraiment le poète? Le trait spirituel suppose toujours une comparaison. La comparaison développée, ou au

contraire résumée dans un seul terme métaphorique, C’est le

mode d'expression fondamental de la poésie. Mais quelle différence entre ces deux genres de comparaison !

L'esprit rapproche deux termes en raison de rapports inattendus et peu probables. L'imagination poétique au contraire les unit en constatant entre eux une harmonie intime et profonde. L'esprit voit les choses par leurs côtés exceptionnels,

1. Winter, 609-616. — La définition développée par Thomson est celle qu'avait donnée Locke : « Wit consists. in the assemblage of ideas; and putting these together with quickness and variety, wherein can be found any ressemblance or congruity ». (On the Human Understanding, - Bk. I, chap. nm.) — C’est aussi la théorie qu'a exposée Dugald-Stewart.

(Elements of the Philosophy of the Human Mind, sect. IV, p. 302.)

extérieurs et peu importants. Le poète les voit en ce qu'elles ont d’essentiel. Le trait d'esprit sera d'autant plus piquant qu’il mettra en lumière un caractère plus imprévu de l’objet visé. L'image poétique est d’autant plus belle qu’elle nous fait mieux pénétrer jusqu’au fond permanent de l'être ou de la chose. Voilà sans doute pourquoi les écrivains si spirituels de l’école de Pope sont si peu poètes. Voilà pourquoi Thomson, qui avait retrouvé une des sources vives de la vraie poésie, montre peu d’esprit. Il n’est pas sans doute au même point que son maître, le grand Milton, dépourvu de tout sentiment d'humour. Mais, comme lui, il se laisse aller à la recherche d'effets d’un goût très contestable. Ses antithèses à l’instar de Pope sont quelquefois assez heureuses, témoin celle que nous venons de citer au sujet de Pope lui-même ‘. Plus souvent cependant ces effets sont d’une lourdeur banale, exprimant par une froide répétition de termes une assimilation peu naturelle. On en a pu lire plus haut quelques exemples.

La fantaisie, qui rapproche deux termes en apparence fort éloignés, est assez heureuse dans ce vers, qui, au milieu des fêtes mondaines, signale

. insecte brillant dans tout son éclat de l'été, Le petit maître qui voltige léger, et étend ses ailes poudreuses ?. à

Elle est plus audacieuse dans l'exemple suivant, mais un sourire du poète atténue l’emphase de l’hyperbole. Il s'adresse aux jeunes filles :

Dans le berceau Où flotte le chèvrefeuille, et où les roses font un lit, N’allez pas, quand le soir:tire ses rideaux de pourpre, Vous fier pour quelques douces minutes à l’homme trompeur ?.

Mais le plus souvent cette fantaisie n’aboutit qu’à des pointes recherchées, à des concetti du genre de ceux-ci :

Cueillons dans leur fraicheur Des fleurs à peine écloses, pour en orner les tresses de tes cheveux, Et ton sein aimé qui ajoute à leur parfum #,

1. Voir p. 407. — 2, Winter, 643-645. — 3. Spri ing, 978-981.

4. Spring, 490-492. Thomson était très satisfait de la gentillesse qu'avait trouvée là son esprit. 11 y revient encore dans une petite pièce et à Amanda. .

« Unless to deck Êue sweeter breast, In vain I rear the breathing flower. »

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