Il est vrai que ces poèmes sont rimés
latines et verse dans sa langue tout le vocabulaire de la langue savante, si bien que ce maitre de l'anglais nous fait souvent l'effet d’un homme qui aurait pensé en latin. Mais Thomson n’a pas non plus cette naïveté sublime qui chez Milton fait compensation à l'intervention un peu pédantesque d’un humaniste trop savant ‘. Il n’a pas ces répétitions ou ces gaucheries que Je grand poète a dédaigné d’effacer, dont la simplicité repose parfois de l'effort et de la tension d’une partie du poème. Les « Saisons » ne nous laissent pas cette impression de spontanéité qui se dégage du € Paradis Perdu » malgré tant d’érudition et tant de latin. Thomson ne pourrait, comme son maître, parler de l QC inspiration facile qui vient à ses chants improvisés ? ». Le résultat de ce travail infatigable par lequel notre poète a revu, corrigé, poli et développé son œuvre pendant plus de vingt ans, c’est une phrase poétique remarquablement riche et variée, mais où l’effort et la manière se sentent très souvent.
La variété, que nous signalons comme un de ces caractères, n’est pas une qualité que l’on s’accorde toujours à constater chez lui. Il l’a recherchée cependant *, et il ne serait pas juste de la lui dénier entièrement. Des formes diverses que revêt sa phrase, le lecteur conserve surtout le souvenir de la période large et nombreuse à laquelle on à attaché son nom. Mais la « période thomsonienne » n’est pas l’unique moule où se fonde la pensée du poète. Qu’on relise les pages où il s’attache à la description de scènes familières. On y trouvera plus d’une fois un style simple, une phrase brève et dégagée, qui font contraste avec la pompe ou les effets déclamatoires de tant d’autres
4. Voir, par exemple, les quarante-sept premiers vers du livre IX du « Paradis Perdu », cette sorte de préface apologétique où le poète justifie le choix de son sujet et la nature de son inspiration, et exprime sa crainte de ne pas trouver un style digne de sa tentative.
2, « If answerable style I can obtain Of my celestial patroness, who deigns Her nightly visitation unimplor’d, And dictates to me slumb’ring, or inspires Easy my unpremeditated verse. »
(Paradise Lost, Bk. IX, 20-24.)
dima née AQU SE MNRer At Oh! pour The mazÿ-running soul of melody Into my varied verse.
Spring, 515-571.)
LA Loi
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passages ”. C'est bien aussi du Thomson, et du meilleur, que ces morceaux : la construction des nids ?, la description de la basse-cour *, les effets produits à la ferme par l’accablante chaleur de midi ‘; ou le repos du berger et de son troupeau Ÿ; ou l’épisode célèbre du rouge-gorge f, — pour rappeler TR quelques-uns des plus connus parmi les passages familiers et d’une grâce facile.
Le contraste de phrases brèves et d’amples périodes est quelquefois pour Thomson l’occasion d'effets heureux. Dans la description d’un paysage d'automne noyé par la pluie, une phrase sobre d’un seul vers, « Bientôt les fossés s’emplissent et les € prairies sont noyées », est suivie d’une période de sept vers qui doit à cette opposition une partie de sa valeur descriptive 7. — Il y a certainement un contraste voulu entre les courtes phrases par lesquelles un passage de l « Été » célèbre la beauté et les bienfaits du soleil, et l’ample développement de dix vers où, aussitôt après, se déroule une apostrophe au Créateur ÿ.
Le poète du reste a, pour cette phrase oratoire large et soutenue, une évidente prédilection. C'est dans l’habileté avec laquelle il manie cette forme de style complexe, aux séductions dangereuses, que réside un de ces principaux mérites comme écrivain. Les exemples de périodes pleines sans redondance, riches sans lourdeur et prolongées sans obscurité pourraient être multipliés. Contentons-nous d’en citer comme type cette phrase de l’ &« Automne » qui se déroule en trente-deux vers et qui, sans fatigue et sans monotonie, grâce à la clarté de la construction et aux heureuses variations du mouvement, conduit le lecteur, par une progression soutenue, jusqu’au vers qui résume et clôt la période ?.
- 1. Des phrases telles que celles-ci sont nombreuses, mais elles sont un
“peu étouffées sous les grandes périodes :
Moist, bright, and green, the landscape laughs around. (Spring, 196.) ’Tis silence all
And pleasing expectation.
HR, Fri (Ibid., 160, 161.)
2. Ibid., 630-659. — 3. Ibid., 163-181. — 4. Summer, 220-240. — 5. Ibid., 480-505. — 6. Winter, 245-256. — 7. Autumn, 336-343. — 8. Ibid., 160- 184.