‹ James ThomsonChapitre 192 sur 294 · And bade him be the lord of all below · texte numérisé non relu

And bade him be the lord of all below

(Autumn, 63- 95.)

Nous insistons sur ces considérations parce qu’il y a là une face du talent de Thomson qui n’a pas toujours été appréciée à sa réelle valeur. L'auteur des « Saisons » est un artisan de vers d’une extrême habileté. Il peut à cet égard soutenir la comparaison avec les plus grands parmi les poètes anglais dont les sujets et la forme présentent quelque analogie avec son œuvre, avec Milton et avec Wordsworth. Ses périodes ne vont pas se perdre dans cette obscurité où s’égare parfois la phrase luxuriante de Milton. Elles ne sont pas, comme il arrive à celles du maitre, surchargées d’incidentes; on ne les voit pas faire effort pour dérouler avec peine leurs replis multiples. Et d’autre part les vers de Thomson conservent toujours dans l’ensemble une harmonie du nombre et une résonance musicale que n’offrent plus ceux de Wordsworth dans bien des passages prosaïques. Cette aptitude à revêtir d’une forme riche et poétique toute pensée et la description du moindre objet. est celle à laquelle Johnson faisait sans doute allusion, quand il déclarait que Thomson voyait en toute chose de la poésie ‘.

Il n’y a pas lieu du reste à tirer de cette comparaison des conclusions exagérées. Thomson n’est assurément pas un plus grand poète que Milton ou que Wordsworth. Peut-être même est-il juste de dire que, si sa facture est parfois supérieure à celle de ces deux maîtres, c’est parce que chez lui l'inspiration artistique est moins puissante et moins spontanée. On sent, à la lecture du «Paradis Perdu », qu’il y a conformité, simultanéité parfaites dans l’élaboration de la pensée et du langage qui l’exprime. On sent, à lire « l’Excursion » ou « le Prélude », que la pensée de l’auteur est toute fixée sur les idées à traduire ou sur les scènes à retracer. Son austère probité d’écrivain exprime de la façon la plus directe et la plus simple l’image ou l’idée qui le hante. — L’impression produite par les (Saisons » n’est pas toujours analogue à celle-là. Le procédé de composition poétique en parait souvent moins sincère. Au lieu que le fond et la forme soient indissolublement liés comme chez Milton; au lieu que la langue et le vers paraissent absolument subordonnés au fond comme chez Wordsworth, il semble que chez Thomson la forme égale en importance la pensée dans les préoccupations et dans le travail de l’artiste. On est tenté de

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