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bé, Dr
« avait, dans les sombres cloîtres, effrayé le troupeau supersti- « tieux !. »
Mais quand il vient à dépeindre et à juger l’art antique ou celui de la Renaissance, Thomson montre un goût plus sûr et une admiration éclairée. Il trouve aussitôt une forme plus ferme et plus précise. Peu de passages sont mieux venus, écrits avec plus d’aisance et de verve que les pages où il décrit les chefs-d’œuvre de l’a grec révélés à l'Italie de la Renaissance, ou ceux qu'ilso inspirés à la sculpture et à la peinture modernes. Dans une rie de descriptions d’une sobriété élégante il note d’un trait exact les caractères dominants de ces morceaux fameux : l’'Hercule Farnèse, le Gladiateur mourant, l’Apollon du Belvédère, la Vénus de Médicis. Il accepte sans doute docilement le jugement alors incontesté qui voit dans le Laocoon le chef-d'œuvre de l’art antique ?; mais, malgré cette erreur de goût commune alors, ses descriptions laissent deviner une sincérité d'impression et une ferveur d’admiration que ne comportent pas au même degré les descriptions de Byron plus brillantes, plus montées de ton et de couleur, plus déclamatoires aussi *.
On trouverait encore des exemples d’exposition didactique élégante dans le passage où sont définis et distingués les différents ordres de l'architecture grecque *. On pourrait noter avec curiosité les vers où le poète oppose l’une à l’autre la musique superficielle et sensuelle à une musique pathétique et dramatique. Il semble que le morceau se rapporte à une querelle artistique moins éloignée de nous que la première moitié du xvu° siècle :
Tu sus ajouter au chant du poète une douce force.
A toi l’éloquente musique du cœur;
Non pas les vains arpèges qui, vides de tout sentiment, courent Capricieux et confus, et charment les oreilles des oisifs,
Mais cette voix aux accents profonds et cette main savante
Qui savent faire vibrer à l’unisson l’âme mobile ÿ.