‹ James ThomsonChapitre 231 sur 294 · IV · texte numérisé non relu

IV

morales et la doctrine sociologique se trouvent, nous l’avons vu, indiquées sommairement dans plusieurs passages des « Saisons » et de « La Liberté ! », Rousseau y aurait-il aussi trouvé le modèle de ces descriptions des beautés de la montagne qui demeurent une des meilleures parts de sa gloire littéraire? A coup sûr son sentiment artistique et son génie d'écrivain suffisent pour expliquer ces passages de ses œuvres. Mais il est aussi permis de penser que l’exemple de Thomson n'a pas été sans influence. A tout le moins le poète anglais a-t-il précédé notre grand prosateur dans la perception ravie et dans l'exposition éloquente de ces scènes. [Il mérite par là encore de figurer au nombre des grands interprètes de la nature, puisqu'il est de ceux qui ont eu la gloire d’ajouter une corde à la lyre de la poésie moderne.

Le poème si dédaigné que nous étudions peut donc revendiquer l’honneur de marquer une date, et une date importante, dans l’histoire de la littérature. Il n’est que juste aussi de noter que plus d’un écrivain illustre s’en est inspiré directement. Il est de toute évidence que l’idée-mère de l’œuvre, cette exposition poétique des observations faites par le voyageur dans les diverses parties de l’Europe, est celle-là même qui donne naissance au € Voyageur » et au « Pèlerinage de Childe-Harold ». Ce n’est pas là une ressemblance fortuite, et les preuves de détail abondent qui montrent combien Goldsmith et Byron ont connu et pratiqué « La Liberté ? ». Ils en

1. Voir en particulier, sur les rapports de l’homme envers le corps social, sur les devoirs de la paternité, sur les vertus qui naissent de la liberté, etc., la partie III du poème, de 103 à 119. On a déjà en France

relevé la concordance frappante des idées développées par Rousseau avec celles qu’a exprimées Thomson.

Page 1