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Déesse de la Botanique descendant sur la terre, et les quatre parties du poème sont remplies d’un long discours prononcé par elle comme « La Liberté » est formée du solennel soliloque de la déesse Liberté.
On peut se demander si Thomson eût été très fier de reconnaiître un de ses imitateurs dans le poëte prétentieux qui mettait tout Linnée en vers allégoriques, souvent bizarres et parfois sangrenus. Ce n’est pas de cette façon qu'il lui était arrivé à lui-même d'exposer dans ses poèmes les enseignements de la science. Mais il y a plus d'honneur pour ces poèmes dans limitation qu’en ont faite parfois quelques-uns des plus grands écrivains de notre siècle. On a retrouvé dans Shelley et dans Keats l'écho de quelques-unes des strophes du « Château d’Indolence ». On pourrait également trouver serti dans les fragments d’«Hyperion»un passage de « La Liberté ».-— Quand dans l’Assemblée des Titans vaincus, Océanus se lève !, le poète entend dans sa voix « le murmure des flots que sa « langue, dans ses premiers efforts, imitait des sables couverts € au loin d'écume ». L'idée est belle, simple à la fois et grandiose. Elle se trouvait déjà dans le poème de Thomson. C’est du Génie des Mers que parle la déesse quand elle dit « Sa voix s'adresse à moi, semblable à la rauque rafale qui « hurle autour des cavernes mêlée aux murmures des flots « de la mer ? ».
Lyttleton avait voulu publier de lœuvre de son ami une édition notablement réduite. Johnson s’indigne de cette mutilation, tout en déclarant qu’il n’a pu continuer la lecture du poème complet. Lyttleton n’était pas mal inspiré. On ne peut espérer, on peut à peine souhaiter pour « La Liberté » que les lecteurs affrontent aujourd’hui plus qu’autrefois ses narrations interminables et ses lieux communs sonores. Mais on peut s'étonner que dans les éditions modernes, à côté des « Saisons » et du « Château », on ne fasse pas au moins figurer quelques extraits de ce grand poème dont toutes les parties ne méritent pas le dédain et l’oubli qui les ont indistinctement ensevelies.