‹ James ThomsonChapitre 238 sur 294 · Acte II, se. mn. — 2. Acte IT, sc, mm · texte numérisé non relu

Acte II, se. mn. — 2. Acte IT, sc, mm

si c'est en effet le cri d’un cœur blessé, ou une ruse habile. — Le mariage est convenu, accompli et la reine explique à sa confidente comment elle y a consenti uniquement par amour pour Carthage ‘. Elle renouvelle les mêmes assurances à Syphax ?, et, même à l’agonie, ses pleurs et ses adieux vont à sa patrie, à sa compagne plutôt qu’au mari, à l’amant qui se désole devant elle. Sans aucun doute le poète a voulu, audessous des mâles vertus, montrer dans son héroïne quelque passion plus féminime. Mais son intention est restée impuissante. Il ne nous semble pas que jamais un cœur de femme palpite sous le costume royal ou sous les voiles de deuil de Sophonisbe, reine, veuve, épouse ou captive. — Thomson aurait ici pu s'inspirer heureusement de l'exemple du Trissin. Le vieux poète avait conservé au personnage quelque chose d’humain et de touchant. Le sacrifice de sa vie une fois fait, la coupe de poison bue, Sophonisbe redevenait femme, avec les touchants regrets de la vie, des choses terrestres et des chères amitiés qu'avait exprimés l’Iphigénie grecque *. Rien de ce côté féminin, aimable et vivant n’est conservé par Thomson. En dépit de l’assurance qui nous est donnée de son amour pour Massinissa, la Sophonisbe qu’il nous montre est bien l’héroïne la plus dépouillée de fémininité que présente le théâtre.

Pas plus de clarté, ou, pour mieux dire, pas plus de vérité dans le caractère de Massinissa. Le premier acte nous montre en lui le parfait jeune héros de tragédie, moins l’amour. Vainqueur de Syphax, il lui témoigne la plus courtoise compassion; il ne parait pas qu'il ait conservé souvenir d’une ancienne flamme pour Sophonisbe, et, à la vue des transports furieux de Syphax, il adresse une prière aux dieux pour leur demander de ne jamais connaître les orages et les ravages des passions ‘. À l’acte suivant, avant même qu'il ait revu Sophonisbe, nous sentons dans les protestations par lesquelles il s'efforce de rassurer Narva* que cet amour n’est pas aussi

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