Tim Birch signale par exemple ceci
« And then it was, that when the heroe heard That I to thce belong’d », etc.
Les éditions suivantes changèrent « That I » en « How I ».
bleu qu’on voit trembler à travers le blanc pur d’un nuage ”. » — Tous les actes, on le sait, se terminent par quelques vers rimés. Le passage qui finit l’acte [III prend le développement d’un air de bravoure. Massinissa y compare le calme rétabli dans son âme par l’amour de Sophonisbe à l’apaisement des flots irrités quand la jeune Vénus s’est élevée, a souri, a montré sa beauté. Tout ce simile est vraiment beau, d’une langue harmonieuse et sûre qui contraste avec les laborieux efforts du dialogue. Il y a repos pour le lecteur, comme sans doute aussi pour l’auteur, à ces quelques vers de description où le poète parle en son nom, et ne s'impose plus la tâche ingrate de fournir un langage aux sentiments forcenés de ses personnages.
À l’imitation des tragédies antiques, la « Sophonisbe » du Trissin faisait une grande part au chœur. Les femmes carthaginoises mêlent leur voix, leurs soupirs, leurs espérances ou leurs lamentations à toute l’action de la tragédie. Les traducteurs et les imitateurs du poète italien conservent cette donnée *; mais on voit chez eux l'importance du chœur diminuer graduellement. Mairet enfin le supprime. Thomson a songé à le faire intervenir de nouveau, avec infiniment de réserve du
4 « She wept and blush’d Young, fresh and blooming like the morn. An eye As when the blue sky trembles through a cloud Of purest white. »
2. Dans la traduction en prose de Mellin de Sainct-Gelays, ces chœurs seuls sont en vers. Dans le dialogue même la mesure est celle de l’alexandrin (quelquefois sans rimes) :
« Il fait bon s'exempter de si cruelles mains Maïs non point par la mort; car la mort est le mal Extrême et le dernier de lous les autres maux. »
En dehors du dialogue le chœur s’exprime en vers de sept syllabes, et une seule fois dans une combinaison de vers qui forme une strophe gracieuse :
« Las! je me sens au cueur Une si grande peur, Que je ne scay que taire ou que parler; Je me sens toute telle, Comme la colombelle, Qui sur son chef voit un aigle voler. »
(Première intermédie, p. 176.)
Mermet emploie aussi pour le langage du chœur, ou, comme il le dit, des « Dames ensemble », le vers de sept syllabes. — Chez Montchrestien, il n’y a pas d'autre mesure que l’alexandrin.
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reste. Le chant nuptial qui figure dans ses œuvres diverses comme ayant été destiné à la tragédie de « Sophonisbe » devait y être entendu à l’acte IV, au moment où le peuple se réjouit du mariage de Massinissa et de Sophonisbe. C’est ce chant qui devait apprendre à Lelius un mariage auquel il a peine à croire. Certes nous ne voulons pas exagérer l'importance du morceau. Il ne suffit pas à nous faire voir en Thomson un poète lyrique. Mais cette pièce à Vénus et cet éloge du dieu de l'amour sont à coup sûr mieux venus que la plupart des tirades ampoulées des protagonistes.
Au début de l'acte V, on peut noter aussi un court et brillant passage où se retrouve la maestria du grand poète descriptif. Massinissa joveux voit toute la nature s’associer à son bonheur :
TERESA ARE rene The breezy spring Stands loosely floating on the mountain-top.
And deals her sweets around.
Cette comparaison des défauts et des beautés de la tragédie peut sans doute suffire à expliquer le peu de succès de l'œuvre. On sait cependant que l’échec en a été attribué à certain vers tourné en ridicule au moment de la représentation. Nous avons dit autre part avec quelle réserve il faut accepter ce menu fait de l’histoire littéraire. Mais nous ne pouvons terminer notre étude de la « Sophonisbe » sans rappeler le seul passage qui en soit resté célèbre :
Oh! Sophonisba, Sophonisba, oh!
Nous n’entreprendrons pas de réhabiliter ce vers malheureux. Il n’est que juste cependant d'affirmer que les contemporains de Thomson ne le trouvèrent pas, € prima facie », ridicule comme il nous apparaît aujourd’hui. Pour le rendre grotesque, on le coupe en deux hémistiches symétriques. Il est clair que c’est une trahison que ne prévoyait pas le poète. Sa ponctuation indique un arrêt après la première et avant la dernière interjection. — Quant à ces interjections, elles sont monnaie courante dans la langue dramatique pendant une longue période. Thomson en use largement. Les « O Sophonisba! » ne sont pas à compter ‘. Parfois même un autre nom propre