vers à la fin du 4e acte de Athelwold
actes de Zara se terminent simplement par un distique. Or ce que constate Voltaire ce n’est pas la disparition chez Hill de toute rime, mais celle des vers d’un goût différent du reste de la pièce.
« En troisième lieu, dit Lessing, il est faux que l'exemple de Hill ait eu l'influence que Voltaire lui attribue. » Le critique allemand semble avoir mal compris les termes employés par Voltaire !. La 2° lettre à Mr. Falkener était écrite trop peu de temps après la représentation de Zara pour qu'on püût parler déjà d'une influence exercée par cette pièce sur le théâtre contemporain.
Mais que cette influence se soit en effet exercée plus tard, c'est ce que nous sommes tout porté à croire. Les prédications de Hill en faveur du naturel et de la simplicité, soit par ses articles du Prompter, soit par ses conversations, soit aussi par l'exemple de Zara n'ont sans doute pas été sans effet. Thomson lui-mème en fournit une preuve. Après sa Sophonisba qui était fidèle aux règles blâmées par Voltaire, son Agamemnon ne nous montrera à la fin des actes aucune comparaison, point de vers « d’un goût différent du reste de la pièce », et même, sauf un cas douteux, point de rimes.
Il est vrai que plus tard, dans des pièces écrites à une époque où l'influence de Hill et de Voltaire était moins directe, le poète est revenu en partie à ses anciennes pratiques, et, sinon aux Comparaisons, du moins aux passages rimés pour la fin des actes.
Pour ce qui est du jugement à porter sur ces morceaux de bravoure intercalés dans la tragédie, comment pourrait-on ne pas souscrire à la condamnation prononcée par Voltaire? Le simple distique rimé ne donne pas lieu aux mêmes reproches. Mais croirons-nous avec Lessing, qu’il ait pour raison d'être de servir de signal à l’orchestre?
C'est en réalité un usage, alors devenu banal, dont il faudrait rechercher l’origine et l'explication dans l’histoire du théâtre. Les anciennes tragédies , depuis Gorboduc avaient un chœur rimé succédant à chaque acte ?. Abandonné plus tard, le chœur a souvent tenté de reprendre sa place sur la scène tragique. Marlowe y revient dans Faustus, Ben Jonson dans Catiline, Milton, le grand apôtre
du vers blanc, dans Samson Agonistes. Rien d'étonnant que, là où il à disparu, il soit remplacé par un morceau d’allure un peu semblable, d’un style qui s’écarte plus ou moins de celui de la pièce, et où, par la bouche de l’un des personnages, le poète prenne en réalité la parole pour terminer l’acte sur une pensée brillante ou une comparaison ingénieuse. C’est cette transformation de l’ancien
chœur qui, par l'effet d’atténuations successives, en vient à ne plus
offrir que le simple distique rimé auquel Lessing cherche une invraisemblable raison d'être.
4. « Il a proscrit cet usage » voulait dire : il y a renoncé pour son compte, et non pas : il l’a fait disparaître de la scène anglaise.
2. « You shall be the Chorus and speak betwen the acts. » (BEN Joxson, The Silent Woman.)