‹ James ThomsonChapitre 47 sur 294 · On en jugera par ces deux échantillons · texte numérisé non relu

On en jugera par ces deux échantillons

’Tis a much more pious office,

To save your father’s old and broken years, His mild and easy temper, from the snares Of low, corrupt, insinuating traitors.

Has not the Royal heir a juster claim

To share his father’s inmost heart and counsels Than aliens to his interest, those, who make

A property, a market of his honour?

3 £ ob A, dE nn

texte de sa tragédie. C’est ainsi qu'avait procédé Brooke, et cette première victime du « Stage act » avait exploité sa mésaventure en lui faisant produire mille livres', Mais, bien que les deux pièces fussent écrites sous une même inspiration et s’attaquassent aux mêmes adversaires, celle de Thomson ne rencontra pas la même faveur ni les mêmes encouragements. Il est probable que l'effet à tirer de la persécution avait été épuisé par le premier martyre.

La pièce imprimée était dédiée à la princesse de Galles, dans des termes qui soulignaient nettement l'intention du poète de rapporter au temps présent bon nombre des réflexions émises par les personnages. Le Prologue et l’Épilogue sont écrits par «un ami». Le prologue est de ton sérieux, conformément aux principes de Thomson. Au contraire l’épilogue, assez lestement tourné du reste, revient au genre badin que le poète avait paru blâmer, à l’occasion de l’'Agamemnon. L’' &« ami » devait être Mallet, qui avait

rendu déjà de semblables services à Thomson, et pour qui celui-ci venait d'écrire, peu de mois auparavant, le prologue

de Mustapha ?. Le volume, de format in-8, était imprimé pour l’auteur, et vendu par Millar. L’épigraphe de la page du titre prenait soin d'établir que le public, aussi bien que le poète, était volé par la décision du censeur. Cette ingénieuse adaptation d’un vers de Phèdre n’eut pas raison de la froideur du public.

1. Grâce auxquelles il alla s’établir à Twickenham dans une maison proche de celle de Pope. Il est en conséquence probable qu’il se lia avec Thomson, son voisin, son coreligionnaire politique et son compagnon de persécution.

2, Joué à Drury-Lane le 13 février 1739, avec un assez vif succès. Dans ce prologue, Thomson développe son thème favori de l’influence moralisatrice du théâtre.

3. « Edward and Eleonora, a Tragedy. As it was to have been acted at the Theatre-Royal in Covent-Garden by Mr. Thomson.

« Suspicione si quis errabit sua, Et rapiet ad se quod erit commune omnium, Stulte nudabit animi conscientiam.

(Phædrus.) London. Printed for the author ; and sold by A. Millar, etc. MDCCXXXIX. » Nous pouvons supposer cependant que la vente fut plus satisfaisante que ne le ferait supposer le récit des biographes, car la même année une édition, de format in-12, était imprimée à Dublin (voir notre bibliographie).

Une autre édition parut à Dublin, éditée par G. Risk, en 1751.

A cette interdiction d’ « Édouard et Éléonore » ‘ se rattache une anecdote bien connue qui mérite de figurer dans un des chapitres gais de l’histoire de la censure. Mr. Paterson, un ami de Thomson que nous retrouverons plus tard, rendait au poète le service de recopier ses manuscrits. Lui-même avait des prétentions au talent dramatique, et il présenta à l'examen de la censure une tragédie d’Arminius. Mais le lecteur n’eut pas plutôt reconnu l'écriture du manuscrit d’ « Édouard et Éléonore » que, croyant avoir affaire à une nouvelle œuvre de Thomson, il s’écria : « Emportez-moi cela! » et, de confiance, refusa la permission de jouer *.

Les écrivains ministériels apportaient parfois de la gaité, à défaut d'esprit, dans leur défense de l'administration et de cette censure dont les foudres suivaient des voies si capricieuses., Johnson dit qu’en réponse aux protestations du public contre la mesure qui avait atteint l’auteur d’ « Édouard », on fit courir ce mot : « Mr. Thomson a pris une Liberté qui n’est « agréable à Britannia dans aucune Saison * ».

Cette tragédie redoutable aux puissances était la troisième œuvre dramatique du poète. Aussi le voyons-nous traité comme un des maîtres, ou au moins comme un des ouvriers experts, de la scène de ce temps. Savage que le zèle de ses amis, et en particulier de Pope, avait expédié en province, loin du théâtre de ses sottises et de ses misères, voulait revenir de Bristol ou de Swansea à Londres pour y faire jouer une tragédie écrite dans son salutaire exil. Pope s’efforce de le dissuader de ce retour, et lui conseille plutôt d'envoyer son

1. La pièce, du reste, a été plus tard jouée et rejouée. Le texte en avait, il est vrai, été remanié par un certain Thomas Hull, qui publia, en 1715, sa version amendée en la faisant précéder de ces observations : « Miss Barry hinted a wish to restore this play : a desire to oblige this excellent actress.... as well as an ardour to be the means of producing to an audience another work of our amiable and elegant Thomson, induced the present Editor to undertake an alteration. The omission of too prolix passages rendered some additions indispensably necessary. »

Cest ce texte retouché qui figure dans l’'Edward and Eleonora du British Theatre de Bell, 11797, vol. XXII.

2. L’anecdote est donnée par Murdoch, ce qui lui confère quelque caractère d'authenticité.

Paterson publia lui aussi sa tragédie, et la dédia au due de Cumberland. :

3.« Mr. Thomson had taken a Liberty which was not agreeable to Britannia. in any Season. » É

manuscrit à Mr. Thomson ou à Mr. Mallet qui se chargeront de mettre le travail au point pour la scène".

C'est encore une œuvre dramatique qui marque la prochaine contribution de notre poète aux lettres anglaises. Le 1‘ août 1740, le prince de Galles donnait une fête, à sa magnifique résidence de Cliffden *, pour célébrer à la fois l’anniversaire de l’avènement du roi George I‘, et celui de la naissance de sa propre fille, la princesse Augusta *. Le prince était grand amateur de théâtre ‘. II commanda à ses poètes, Thomson et Mallet, un drame pour la circonstance. Un théâtre avait été dressé dans le jardin, et toute la charpente en disparaissait sous les plantes et les guirlandes de fleurs. On y joua quelques scènes des pantomimes de Rich et deux masques : « Le Jugement de Pâris », et « Alfred ». Ce dernier était l’œuvre due à la collaboration des deux poètes. Ils avaient fait en sorte d’y ménager les occasions d’allusions flatteuses et de courtisanesques compliments au prince et à sa famille. Quant à l’action et à la force dramatique on n'avait pas jugé que ce fussent qualités utiles pour la circonstance ÿ. L'œuvre, soutenue par une riche mise en scène, par le jeu de Quinf et par la musique du Dr. Arne, peut-être même du grand Händel ”, plut à l’auditoire auquel

1. Jouxson, Life of Savage, p. 343, 344. — Savage rejeta du reste la proposition avec indignation.

2. C’était ce palais, bâti par Villiers, duc de Buckingham, sur les bords de la Tamise, dont parle Pope :

« Gallant and gay, in Cliveden’s proud alcove, The bower of wanton Shrewsbury and love. »

(Épitre LI, à Allen lord Bathurst, v. 307, 308.)

Page 1