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La future duchesse de Brunswick

4, 11 donnait, à Leicester-House, sa résidence de Londres, des représentations où ses enfants étaient les acteurs. Ainsi l’année précédente avait-on joué Caton. Le prince George, le futur George III, y jouait le principal rôle et y débitait un prologue où l’on avait introduit des allusions auxquelles n’avait pu songer Addison.

5. Hill à qui les deux amis avaient soumis leur projet de Masque fait cette critique judicieuse : « .…. The business will, I fear, be thought too thin for the occasion ;.…..it languishes for want of action... » (Lettre à Mallet, Hur’s Works, p. 141.) — Les auteurs eurent le bon sens de reconnaitre la justesse du reproche. (Voir Hill à Mallet, le 13 janvier 1741. Hir’s Works, p. 152.

6. Fe à l'influence de Thomson et de Lyttelton, Quin était devenu l'acteur favori du Prince de Galles. (The Thespian Dictionary, art. Quin.)

1. On ne sait en effet exactement. si la musique de Rule, Brilannia doit être attribuée à Arne ou à Händel. On peut voir à ce sujet les notes

elle était destinée. Le Prince en ordonna pour le lendemain une seconde représentation ‘. Le grand public, à qui elle fut soumise quelques années plus tard, sous différentes formes, ne semble pas lui avoir fait mauvais accueil ?. Mais pour nous, qui ne savons plus goûter les charmes par lesquels elle a pu se recommander aux contemporains, la pièce ne mériterait pas d’être sauvée de l’oubli, si elle ne contenait le chant fameux Rule Britannia. On trouvera, exposés dans une autre partie de cette étude, les motifs pour lesquels nous attribuons à Thomson, plutôt qu’à son collaborateur, la paternité de cette ode qui assure à son auteur un rang parmi les poètes lyriques *.

échangées dans Notes and Queries par Mr. Chappel et Mr. Julian Marshall. (N. and Q.,1° série, vol. II, p. 132, p. 410; vol. IV, p. 452.)

Les deux adversaires négligent dans leur argumentation un point qui serait important. Ils s'occupent des éditions de 1751 et 1753, et de la musique écrite pour cette adaptation. Or le titre de la publication de 1753 dit formellement que toute la musique en est nouvelle sauf deux ou trois airs que le public avait dès l’origine adoptés (voir notre bibliogr.). Il est infiniment probable que celui de Rule, Britannia était du nombre, et la question se ramène à savoir quel est, de Arne et de Händel, celui qui put composer la musique d'Alfred, non pas en 1751, mais en 1740.

- 4. Il est rendu compte de la fête et des deux représentations dans le London Daily Post and General Advertiser du 2 et du 5 août 1740. Thomson y est seul indiqué comme auteur.

2. En 1745, Alfred fut transformé en opéra par le Dr. Arne pour la scène de Covent-Garden, et, la même année, en un « drame musical » pour la scène de Drury-Lane (M. Chappel, Notes and Queries, 26 novembre 1886). Après la mort de Thomson, Mallet voulut tirer parti de l’œuvre commune, et fit jouer le masque, considérablement modifié, à Drury-Lane, en 4754, « avec grand succès », dit Shiels qui écrit très peu temps après la représentation. Il est vrai que la Bibliographia Dramalica dit au contraire (1812) : « though excellently performed, it was not very successful ». Le prologue était écrit par le comte de Cork. Bolingbroke avait fourni pour le chant Rule Brilannia trois strophes nouvelles qu'a reproduites Davies dans sa Vie de Garrick (vol. II, p. 38, 39). Johnson raconte (Viede Thomson) que Mallet décida Garrick à recevoir et à jouer le masque, en lui promettant « de réserver une niche pour le Roscius du siècle » dans cette biographie du duc de Marlborough qu’il était toujours à la veille de publier et qu’il ne semble pas avoir jamais commencée. — Enfin, en 1713, Garrick fit subir à la pièce une dernière transformation et la J6SE comme tragédie.

3. Alfred fut publié en 17140 par Millar, en un format in-8. En 1751, 1153 et 1754 paraissent des éditions du texte remanié par Mallet, et en 1713 l’édition de Garrick. Dans l'intervalle le texte original avait reparu dans la belle édition des œuvres de Thomson que donnèrent, en 1762, Murdoch et Millar. Nous n’avons pu vérifier quel est le texte ie duit par l'édition publiée en 1781.

Däns la correspondance de Hill, trois lettres adressées à Mallet se rap portent au masque d'Alfred. L’officieux critique y offre des conseils, et y

À partir de ce moment, et pendant quelques années, les renseignements se font très rares sur la vie de notre poète. Cinq ans s’écoulent avant qu’il produise une œuvre nouvelle. Il est loin pourtant de rester inactif : il procède à une revision du texte des « Saisons » qui changera et augmentera considérablement le poème; il élabore lentement l'œuvre exquise de ses dernières années, « le Château d’Indolence ». Sa vie se partage entre ce double « labeur d'amour », et le commerce des amis nombreux qui vivent auprès de lui, comme Pope, Hammond, Robertson, Gray, Hill, plus tard Collins, de ceux qui viennent le voir, comme Millar, Quin, West, Armstrong, etc., ou qu’il va visiter dans leurs somptueuses résidences, comme Lyttelton, lord Cobham, le duc et la duchesse de Queensberry ‘. Dans le riche et riant pays qui lui offrait de nombreuses et agréables promenades ?, dans la petite maison où il avait réuni ses livres

suggère des modifications. Les termes de ces lettres sembleraient les placer avant la représentation, mais les dates données les font postérieures (voir Hills Works p. 141, 152 et 481). II faut supposer que les dates attribuées par l'éditeur sont inexactes. La première de ces lettres est manifestement antérieure à la représentation (voir plus haut, p. 135, n.5), et fut écrite en 1740, non pas en 1141. La deuxième, dans laquelle Hill se félicite de voir que ses critiques aient été prises en bonne part, peut être de la date marquée, 13 janvier 1741. Mais la troisième, qui propose des changements

en:vue soit de la représentation, soit de la publication du masque, ne

peut pas être du 21 décembre 1741, et doit aussi être rapportée à l’année 1740.

4. Ils habitaient Ham-House, tout près de Richmond et de Kew. Cest là qu’ils donnaient une si amicale hospitalité à Gay. Sur la résidence et ses hôtes, Leigh Hunt a écrit une page pleine de son humour habituel (Table Talk, p. 216, 217).

241l"se’ plaint que Richmond ne soit pas assez cures et va chercher à quelque distance « the muses of the great simple country, not the-little fine-lady muses of Richmond Hill ». (Lettre à Lyttelton, du 14 juillet 1743.) Il profitait des ombrages magnifiques et des pittoresques solitudes de Richmond Park, grâce à Lyttellon qui lui avait fait oblenir une clef du parc. Il semble que Brentford ait été une des localités où le portaient ses promenades, non pas cependant qu’il goûtât beaucoup l'aspect de celte ville, si nous en jugeons par la mention qu’il en fait dans la dernière strophe du « Château d’Indolence » :

« Even so through Brentford town, a town of mud, À herd of bristly swine is pricked along ».

* Peut-être y avait-il là quelque taverne qu’il honorait de sa faveur. Une tradition locale, qui persistait encore en 1824, rapportait en effet, que,

préférés et les gravures qui lui rappelaient les chefs-d’œuvre admirés jadis en Italie, il goûtait tout le charme d’une existence modeste, mais affranchie de soucis. Assuré du lendemain, revenu des désirs ambitieux de sa jeunesse, entouré de nombreuses sympathies et de quelques chères amitiés, sa vie n’était-elle pas celle que tout poète, depuis Horace, s’est proposée comme un idéal rarement réalisé?

Un élément d'émotion et de passion vint du reste s’y mêler qui l'empêche de trop rappeler la banalité béate d’une existence de bourgeois retiré, ou la sécheresse et la futilité d’un dilettantisme égoïste. Dans une des familles qu’il fréquentait à Richmond, il rencontra une jeune fille à laquelle il voua une affection délicate et profonde. Miss Élizabeth Young était d’origine écossaise; son père, le capitaine Gilbert Young, appartenait à une famille de Gully Hill ou Goolie Hill, dans le Dumfriesshire !, Une sœur de la jeune femme avait épousé Robertson, l'ami de jeunesse de Thomson, et son voisin à Richmond comme il l’avait été jadis à Lancaster-Court ?. Les occasions de voir et de connaître miss Élizabeth Young devaient par là même être fréquentes pour le poète. Leurs relations ont commencé de bonne heure, et, de bonne heure aussi, Thomson y apporta une galanterie qui l’achemina plus tard à la passion. C’est pour miss Young qu'il écrivait les pièces, assez nombreuses dans le recueil de ses œuvres, qui portent

dans un cabaret de Bentford, Thomson faisait de fréquentes visites, et récitait ses vers aux habitués de la maison. (Voir une note de M. C.-R. Ward dans Notes and Queries, 6e série, vol. Il, p. 447.)

Du reste il trouvait à Richmond même une taverne hospitalière où causer et boire avec quelque compagnon ami de la bouteille et ennemi des cérémonies. Robertson, confirmant la rumeur publique, se rappelait que Thomson se réunissait volontiers avec « Parson Cromer » et d’autres compagnons de bouteille. à Old Orange Tree, dans Kew-Lane. Et Mrs. Hobart, l’excellente femme qui gouvernait la maison du poète, voyait toujours avec inquiétude partir son maître lorsque Quin l’emmenait, parce que l’heure du retour et d’autres signes apparents disaient trop que: les deux amis n’avaient pas conservé dans leur séance à la taverne toute la sobriété désirable. (Voir p. 121, n. 1.)

1. « Amanda, the young lady of Goolie Hill, lived with her mother, on the banks of the Nith, in a secluded valley. She was of a good family, but had little wealth. » (ALLAN CuNNINGHAM, Memoir of Thomson, p. xxxtr.)

2. En 1726, au début même de la carrière du poète. Peu après, Robertson partit pour les Indes Orientales; mais à son retour l'amitié des deux jeunes gens devint plus étroite que ME et Robertson vint se loger à Richmond tout auprès de Thomson. Ë

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