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que les directeurs de Drury-Lane mettaient tant de mauvais vouloir à faire paraître, et, le 13 janvier 1749, « Coriolan » était joué à Covent-Garden. Quin remplissait, comme l'avait désiré l’auteur, le rôle principal. Il vint, vêtu de noir, selon Pantique usage, dire le « Prologue » qu'avait écrit Lyttelton ‘.
une cérémonie tenue à Ednam, quarante ans après la mort du poète (voir p. 189).
Après Mrs. Boscawen, lord Falmouth devint propriétaire du petit domaine, mais il le vendit presque aussitôt au comte de Shaftesbury.
La maison existe encore aujourd’hui, mais elle a subi entre les mains de ses propriétaires successifs une transformation qui rappelle celle que Lyttelton voulait imposer aux poèmes de son ami. Les murs extérieurs n’en ont pas été démolis, mais ils ont été considérablement surélevés, et englobés dans une construction beaucoup plus vaste; le toit ayant, bien entendu, disparu. Quand Hovwitt visita le lieu, ce qui avait été la maison du poète formait le grand vestibule de la demeure de Lord Shaftesbury (Howrrr's Homes and Haunts, p. 218-228). Le côté gauche de ce vestibule correspondait à l'emplacement de la pièce où Thomson se tenait le plus souvent. On y voyait encore la table d’acajou qui lui avait appartenu, et sur laquelle Mrs. Boscawen avait fait incruster une banderole de bois blanc portant en lettres noires cette inscription : « On this table James Thomson constantly wrote. It was therefore purchased of his servant, who also gave the brass hooks, on which his hat and cane were hung in this sitting room. F. B. »
Le sixième puis le septième comtes de Shaftesbury et, après celui-ci, la comtesse douairière occupèrent la maison, Cette dernière y mourut, à l’âge de 93 ans, vers la fin de l’année 1866. La propriété est aujourd’hui devenue « the Royal Richmond Hospital ». Le kiosque a disparu; on a conservé seulement quelques carreaux émaillés.
1. Nous en citons les vers qui peuvent concourir à fixer les traits du caractère de Thomson :
« I come not here your candour to implore
For scenes, whose author is, alas! no more.
No party his benevolence confin’d,
No sect — alike it flow’d to all mankind.
He lov’d his friends (forgive this gushing tear : Alas! I feel I am no actor here)
He lov’d his friends with such a warmth of heart, So clear of interest, so devoid of art,
Such generous friendship, such unshaken zeal,
No words can speak it ; but our tears may tell.
O candid truth, o faith without a stain,
O manners gently firm, and nobly plain,
O sympathizing love of others bliss,
Where will you find another breast like his?
Such was the man, the poet well you know:
For his chaste Muse employ’d her heaven-taught lyre ‘ None but the noblest passions to inspire,
Not one immoral, one corrupted thought,
One line, which dying he could wish to blol.
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Les vers étaient beaux, parce que la douleur qu’ils exprimaient était sincère. L'acteur les prononça avec tant d'émotion qu’il dut s’interrompre quelques moments, suffoqué par de
véritables larmes.
Shiels, le futur biographe *, publiait dès avant cette repré-
sentation une ode à la mémoire du maître qui venait de disparaître ?. Un autre et plus célèbre poète, Collins, disait à son tour en 1749 la douleur de ceux qui avaient aimé Thomson. Pour lui, comme pour Lyttelton, la profondeur de l’émotion fournit une inspiration heureuse, et son « Ode élégiaque sur la Mort de Mr. Thomson » est restée un de ses purs chefsd'œuvre *. Il était venu s'établir à Richmond pour s’y trouver
1. C'était un ouvrier typographe qui, sans éducation première, s’est élevé au niveau de bon nombre d'écrivains et de poètes de son temps. Il avait conçu pour Thomson une admiration enthousiaste, et s’efforçait d’imiter son style. De même qu’il fut le premier à lui adresser un poétique adieu, il a été aussi son premier biographe.
2, Musidorus : a Poem sacred to the Memory of Mr. James Thomson.
« Dignum laude virum
Musa vetat mori, »
(Hor.)
« London : Printed for Griffiths, at the Dunciad in Ludgate Street (price : one shilling). »
La date est indiquée par cette note au bas de la page 15 : « Coriolanus, a Tragedy written by Mr. Thomson, which is expected to be acted this season. »
Le poème débute ainsi :
« From lighter Strains, to sing the Tragic Theme, Awake, my Muse! while Nature lends her aid, Inspires my bosom, animates the lay, And calls forth fancy from her airy seat To wing the sacred flight... »
Puis l’auteur passe en revue les diverses œuvres de Thomson, et en vient à décrire le caractère du poète défunt (p. 16) :
« Never did Envy stain his noble breast;
: .< «+ + - He never knew The jdle pomp of life, nor meanly grasp'd At pageant greatness; nor with eager eye, Pursu’d the glare of wealth….. »
Le portrait se poursuit ainsi, très consciencieux et très complet, n’oubliant pas de mentionner que Thomson était, à une table d’amis, un très joyeux convive.
3. Qui ne connaît ces strophes d’une harmonieuse mélancolie? Le thème principal sur lequel se déroulent les variations de ce flûtiste exquis que fut Collins, c’est l’union et comme la solidarité du poète pleuré avec la nature au milieu de laquelle il vécut, qu’il chanta et où il dort l'éternel
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dans le voisinage de Thomson ; il quitta cêtte résidence après la mort de son ami. Elle lui était devenue, disait-il, odieuse.
Murdoch s’est plaint que les confrères du grand poète aient négligé, à la seule exception de Collins, de lui faire de poétiques adieux. Il oublie le Musidorus de Shiels et l'hommage rendu par plus d’un autre écrivain. Mendez, un des amis du cercle de Thomson à Richmond, est sans doute l’auteur d’une poétique épitaphe qu’a publiée Johnson ‘. Shenstone consacrait plusieurs strophes à l’auteur des « Saisons » dans deux pièces de vers dont l’une au moins est de l’année 1748 ?. Et pendant
sommeil. Aucun trait ne s’y rapporte au caractère de l’homme. Mais Thomson n'aurait pu souhaiter un autre chant funèbre que cette petite pièce où, par une inspiration du cœur autant que du génie, Collins a uni dans l'expression de sa douleur tout ce qu'avait chéri le poète disparu et tout ce qu’il a chanté : les amis auxquels il donnait sans compter le meilleur de sa vie, la nature dont il est resté le chantre suprême et comme le poète-lauréat, et même ces créatures auxquelles ont foi l’imagination populaire et celle des poètes, ces génies et ces fées à qui l’auteur du « Château d’Indolence » avait l’un des premiers rendu leur place dans la littérature de son pays.
4 « Epitaph on Mr. Thomson.
« Others to marble may their glory owe,
And boast those honours Sculpture can bestow;
Short-liv’d renown! that every moment must
Sink with its emblem, and consume to dust!
But Thomson needs no artist to engrave,
From dumb oblivion no device to save;
Such vulgar aids let names inferior ask;
Nature for him assumes herself the task;
The Seasons are his monuments of fame,
With them to flourish, as from them it came. » L (Jonsorw’s Lives, etc., Thomson’s Works; vol. Lv, p. 185.)
2. Nous avons cité déjà (voir p.161, n. 1.) une strophe consacrée à Thomson dans l’« Ode Pastorale » adressée à l'honorable sir Richard Lyttelton. Dans des Vers adressés vers la fin de l’année 1748 à William Lyttelton esq. les treize dernières strophes sont consacrées au souvenir du poète des « Saisons »; la première étant :
« Though Thomson, sweet descriptive bard!
Inspiring Autumn sung;
Yet how should we the months regard, That stopp’d his flowing tongue? »
et la dernière : eur « But no kind suns will bid me share,
Once more, his social hour; Ah Spring! thou never canst repair This loss to Damon’s bower. »
Nous apprenons de ces vers que les relations d’amitié de Thomson avec George Lyttelton s’étendaient au père et au frère de celui-ci. On peut s'étonner que Mallet, le compagnon et l’ami depuis trente ans
les années qui suivirent, nombreux ont été les hommages rendus par les poètes à Thomson ‘, jusqu’au jour où sa gloire
le poète disert et facile, ne prenne point part à ce concert de poétiques lamentations. Peut-être pouvons-nous, malgré le silence des biographes sur ce point, rapporter au souvenir de Thomson certaine « Ode funéraire » qui imite le rythme de l’ode célèbre de Dryden, et dont quelques parties conviendraient heureusement à l’auteur des « Saisons » ; témoin cette fin de la dernière strophe :
tr AGO ISNIH SE And man most happy, when he dies!
His winter past, Fair spring at last Receives him on her flowery shore; Where Pleasure’s rose Immortal blows, And sin and sorrow are no more. »
(Joansow’s Poets, vol. 63, p. 150,154.)
4. Voici quelques-uns au moins de ces hommages de la Muse anglaise.
Eu 1763 paraissait « Genius and Valour, a Scotch Pastoral », Becket, 1/6. Un passage nous montre les quatre Saisons apparaissant à Thomson et l’invitant, comme les trois déesses du mont Ida, à décerner à l’une d’elles la palme de la beauté. Nous nous bornerons à citer quelques vers :
« First Spring addresses the liberal boy.
Her naked charms, like Venus, to disclose, Spring from her bosom threw the shadowing rose; Bar’d'the pure snow that feeds the lover’s fire, The breast that thrills with exquisite desire; Assum’d the tender smile, the melting eye, The breath favonian, and the yielding sigh; - One beauteous hand a wilding’s blossom grac’d, And one enfolded half her zoneless waist. »
(Voir sur cette pièce The Monthly Review, vol. 28, p. 398.)
En 1773 est publiée « À poetical Epistle to Christopher Anstey Esq., on the English poets, chiefly those who have written in Blank verse, in-4. Wilkie. » On y lit sur Thomson :
. Next Thomson came, He, curious s bard, examin'd every ‘drop That, glistens on the {horn; each leaf survey’d Which Autumn from the rustling forest shakes, And mark’d its shape, and trac'd in the rude wind Its eddying motion : Nature in his hand A peucil, dip’d in her own colours, plat’ d, With which the ever faithful copyist drew Each feature in proportion just. Had Art But soften’d the hard lines, and mellow’d down The glaring tints, not Mincio’s self would D : A prouder stream than Caledonian Tweed.
Fe (Voir The Monthly Review, vol. 48, “ 147, 148.)
: La même revue nous fournit un extrait des « Poems, by the Author of
ur
a été proclamée par quelques-uns des plus grands parmi les
The Sentimental Sailor » in-4, Dilly, publiés en 1174. Ce sont quarante vers dont nous citons les premiers seulement :
« To usher in (he smiling years,
Nature’s gentle bard appears!
Descriptive Thomson! on thy head
Every Muse sweet influence shed. » j (Monthly Review, vol. 51, p. 342.)
Datée de Kelso, septembre 1788, est la pièce suivante où se reflète clairement l’influence de l’Ode de Collins :
Eden Slreams :
To the Memory of Thomson.
By Dr. Trotrer.
Ye youths that haunt the Tiviot’s side, Or sport along the silver Tweed, What vales delight, what fates divide, What charms awake my Jamie’s reed!
To Ettrick braes pérhaps he’s fled, Midst forest flowers his laurel beams; Or haply stretch’d by sylvan Jed, He pipes no more by Eden's streams.
To Leader haughs l'Il gladly stray, If chance he roves through Cowdenknows, Though sweet their broom, and haughs so gay, PIl lead him back where Eden flows.
Or like the maid on Yarrow's side, V1l seek my love in-frantic dreams; Her's was the Yarrow’s early pride, And mine the boast of Eden’s streams.
Then mourn, thou dear deserted flood, Go murmur to thy banks along, And sigh, soft Echo of the wood, For thou no more shalt hear his song.
Those sweets are fled that loiter’d here, The seasons’s face in sorrow seems; Those notes he warbled smooth and clear Are heard no more on Eden’s streams.
Yet soft in these neglected shades, That nurs’d the Poct of the year, Shall Fancy, led by sylvan maids, And meek-eyed memory, shed the tear; While glides that wave with willows crown’d, Beneath pale Cynthia’s evening beams, Gay youth and geuii, hovering round, Shall deck his lover on Eden’s streams. »
Nous avons trouvé cette pièce dans un recueil de Thomsoniana formé. par un érudit d'Edimbourg, Mr. James Maidment; aucune indication ne
maîtres de l’âge nouveau, par Wordsworth et par Burns ‘. Pendant que se jouait « Coriolan » qui atteignit le chiffre de
nous fait savoir de quel journal ou de quelle revue le morceau est extrait. Dans les Poèmes de Langhorne, les Fables of Flora dédiés à la comtesse de Hertford contiennent une pièce où figure le poète des « Saisons ». C’est la dixième fable, «The Wilding and the Broom ». L'auteur y évoque Hamilton (of Bangour) et Thomson.
« And oh! that he whose gentle breast In nature’s softest mould was made, Who left her smiling work imprest In characters that cannot fade; That he might leave his lowly shrine, Though softer there the Seasons fall — They come, the sons of verse divine, They come to fancy’s magic call. ».
Et ce sont en effet Thomson et Hamilton qui célèbrent et qui comparent les mérites du sauvageon couvert de fruits, et du brillant mais inutile genêt, dans un langage qui se propose d’imiter celui des deux poètes. (Voir Jonxsow’'s Poets. Langhorne, vol. LXXI, p. 341.)
L'abbaye de Dryburgh, que Thomson enfant avait bien connue, était la résidence des comtes de Buchan, et, vers la fin du xvure siècle, avait, selon le goût du temps, son temple des Muses. Une inscription en vers y fut consacrée à Thomson le 10 novembre 1191, et plus tard imprimée aux frais de Buchan, le biographe de notre poète. L’auteur était le Rév. John Richmond, ministre de cette paroisse de Southdean où s’élait écoulée l’enfance du poète. Nous n’en donnerons qu’un bref échantillon :
« O pensive Autumn! how 1 grieve Thy sorrowing face to see!
When languid suns are taking leave Of every drooping tree. »
1. Nous ne rappellerons pas les vers où Burns revendique fièrement pour l'Écosse la gloire d’avoir donné naissance à Thomson. Ils sont plus faciles à trouver que ceux des poètes ignorés que nous venons de citer. Ils furent composés pour une de ces commémorations annuelles de la naissance du poète dont nous parlerons, et qui furent l’occasion de véritables volumes de vers à la mémoire de l’auteur des « Saisons ».
L’hommage rendu par Wordsworth se trouve surtout dans l'influence indéniable, malgré tant d’oppositions, du vieux poète sur son grand successeur. Wordsworth a rarement fait mention expresse de Thomson, et, une fois au moins, ce fut pour l’attaquer violemment. L'injustice et l’erreur du critique peuvent être pardonnés au poète qui a, dans quelques vers touchants, réuni le souvenir de Collins et celui de Thomson; et qui, dans une fantaisie très heureuse, imitant exactement la manière et le style de l’auteur du « Château », a, comme lui, enchâssé dans quelques strophes spensériennes le portrait de deux de ses amis. — Voir « Poems written in youth : Remembrance of Collins, composed upon the Thames near Richmond »; et « Poems founded on the Affections : Stanzas Dre ren on my pocket-copy of Thomsons Castle of Indolence ».
Nous ne songeons pas à relever tout ce qu’on pourrait trouver d’allu-
neuf représentations, Millar publiait le texte de la tragédie, et annonçait en même temps une édition dss œuvres complètes du maître en trois volumes '. Lyttelton de son côté poussait fort loin son zèle d'ami soucieux de la bonne renommée du poète. Thomson lui avait, paraît-il, confié la mission de revoir encore ce texte des « Saisons » qu’il avait lui-même si souvent et si laborieusement remanié. L’exécuteur testamentaire publia
sions à Thomson dans la poésie de notre siècle. Nous nous bornerons à citer deux morceaux.
J. Maidment a trouvé dans une publication dont il ne nous donne pas le titre, et à la date de janvier 1819, ces quelques vers : On a French time-piece, ornamented with Thompson’s Bust and Lyre.
« To teach old Time an equal pace Should be the artists care;
But every Season speeds his race, If Thompson’s lyre is there.
Fond workman ! — humbler minstrelsy Might regulate thy chime —
The Bard of immortality Need take no note of Time. »
Dans le parc de Richmond, sur le sommet d’une colline qui domine le cours de la Tamise, un écriteau est fixé sur un arbre, et l’on y lit ces vers :