Romeo and Juliet, acte IL, sc. 11, v
S'il en faut croire un bon juge, Shakespeare, seul avec Wordsworth, a noté aussi un effet merveilleux du soleil sur les sapins dans ces vers de Richard II :
« But when, from under this terrestrial ball, He fires the proud tops of the eastern pines. »
Voir Rusxin, The Stones of Venice, I, p. 240, 241. 6. Romeo and Juliet, acte II, sc. 11, v. 107, 108.
Ailleurs, il fait tenir dans deux vers une évocation du lieu, de l'heure, des froides nuits du Nord, et de ses âmes à l’imagination inquiète et sombre :
« Que s'est-il donc passé — pour que tu viennes, corps sans « vie, comme autrefois tout vêtu d'acier, — revisiter la terre « sous les pâles rayons de la lune ‘7? »
Dans les tragédies où l’action marche du pas le plus emporté, les images gracieuses ou sinistres se rencontrent à chaque scène. Trois vers de « Coriolan » nous font connaître Valeria, et, du même coup, par une série de vibrations qui vont jusqu’au fond de nos esprits, ils éveillent l’idée de la vieille Rome républicaine, violente et dure, mais grave et de mœurs austères :
« C'est la lune de Rome, chaste comme le glaçon — que le « gel a fait de la neige la plus pure — et qu’il a suspendu au « fronton du temple de Diane ?. » Et dans la plus sobre et la plus concise des tragédies, dans ce Macbeth où la tourmente des passions et des événements semble ne pouvoir laisser aucune place à l’observation des choses, on sait quel délicieux « repos » est fourni par la description du château d’Inverness *, et quelle horreur ajoute au drame humain la violence déchainée de la tempête *.
Tout cela est depuis longtemps établi; nous nous reprocherions d'y insister davantage. La nature, elle est partout dans l'œuvre de Shakespeare, non pas comme un ornement accessoire, mais comme un des éléments essentiels de son système dramatique. Dans les tragédies où les passions se heurtent, et où l’humanité grandie emplit la scène, une part est faite au monde matériel, soit que la vision en vienne, comme un accompagnement harmonique, ajouter à l’intensité de l’émotion (« le Roi Lear », « Macbeth », & Pericles », etc.); soit qu’elle pose, en face de ce monde mobile et désordonné des âmes, l’antithèsee de la nature calme et bonne (« Cymbeline », « la Tempête », « le Conte d'hiver »). Et il en est encore ainsi dans ces comédies où le poète semble se laisser entraîner par