‹ James ThomsonChapitre 83 sur 294 · AO 2 PT CP D · texte numérisé non relu

AO 2 PT CP D

mature dans le théâtre de Shakespeare, ML &e Laprade a écrit quelques

queni Fauteur lai dictent d'éloguentes et reueirentes olcertations qui sont ue honmewe pour là enttique française, Voir là prèftee aux Smphames pe LR A. « Right well E wote, most mihty Soreraine, antique kitorr

5 En leurre ÆT nn «e

2 À ee aque ch un mot fait entrer Pret Bétrture angle, à Le —— .

mn ès Vénus, à Déiisss

SENTIMENT DE LA NATURE DANS LA POÉSIE ANGLAISE. 295 complaisance; il n’y déploie pas une moindre richesse de coloris. Sans doute ce n’est pas le monde réel. Peut-être le poëte a-t-il voulu se garder d’une dissonance possible, en évitant de placer, au milieu des scènes et des formes qui nous sont familières, la foule hétérogène et brillante de ses person nages : dieux païens et satyres, chevaliers et allégories du moyen âge, enchanteurs et nobles dames des poèmes italiens,

. géants et fées des légendes populaires. Nulle surprise donc si

nous trouvons à la « nature » de Spenser le même caractère de fantaisie audacieuse. Il remplace volontiers les forces du monde matériel par les poétiques entités de l’antique mythologie. Il aime mieux reproduire ou imaginer un mythe que noter exactement les phénomènes visibles. Une pluie d'orage est déversée par Jupiter irrité sur le sein de sa maitresse !. Aux cris d’effroi poussés par une vertueuse héroïne, les étoiles se fondent et tombent comme des larmes. Phébus, pour fuir un spectacle révoltant, recouvre d’un nuage Le son visage rougissant et se cache de pure honte *.

Et cependant, de même que tous les habitants du « Pays Féerique » ne restent pas à l’état de vagues chimères, parce qu'ils ont reçu le don de vie, qui les dispense de la vraisemblance, de même aussi les paysages parmi lesquels la fantaisie du poëte les promène conservent avec là nature quelques points de contact. De tous les phénomènes du monde sensible,

4, « The day with cloudes was suddeine overcast, And angry Jove an hideous storme of raine Did poure into his Lemans lap s0 fast, That everie wight to shrowd it did constrain. » (The Faerie Queene, Bk. I, canto I, str. vi.)

Peut-être, il est vrai, avons-nous affaire ici à Virgile plus encore qu'a Spenser. Le poète anglais s’est évidemment souvenu des « Géorgiques » :

« Tum pater omnipotens fecundis imbribus æther

Conjugis in gremium lætæ descendit, et omnes

Magnus alit, magno commixtus corpore, fœtus. » (Géorgiques, Liv. II, v. 325.)

2, « The pitteous mayden, carefull, comfortlesse, … With Joud plaintes importuneth the sky es, That molten starres doe drop like weeping eyes; And Phœbus, flying so most shamefull sight, His blushing face in foggy cloud implyes, And hydes for shame, »

. (The Faerie Queene, Bk. I, canto VI, str. vi)

le poète s’est attaché à celui qui, par son caractère infiniment variable, se prête aux jeux capricieux de ses créations, et dont la magie propre défie les plus merveilleuses visions de l’art. Spenser ne nous donne guère de paysages aux formes arrêtées, aux couleurs franches et vraies; mais il a fait sien le monde de la lumière. Le soleil ruisselle dans son poème, dore et fait briller tous ces groupes chatoyants quis’y meuvent. Et ce n’est pas seulement du grand éclat lumineux qu’est frappé l'artiste. I1 observe et enregistre les effets les plus subtils de la lumière réfléchie et brisée. On peut se demander si jamais poète avant lui a fixé dans ses vers les délicatesses du clair-obscur. « Le « jeune chevalier ne se laissa pas arrêter, mais pénétra dans la « sombre caverne, — et regarda. Son armure brillante produi- « sait — une faible lumière sombre, très semblable à l’ombre, « — et il put voir distinctement le monstre affreux ‘. »

Un pareil sens de la lumière, si vif et si juste, contribue puissamment, on ne l’a pas assez remarqué, à cette illusion

12 « But, full of fire and greedy hardiment, The youthfull knight would not for ought be staide; But forth unto the darksome hole he went, And looked in. His glistering armor made A little glooming light, much like a shade; By which he saw the ugly monster piaine. »

(The Faerie Queene, Bk. T, canto I, str. x1v.)

Leigh Hunt (Imagination and Fancy) a remarqué la prédilection du poète pour ces effets savants de lumière. On pourrait citer encore cette caverne de Mammon qui n’est éclairée que par les vagues reflets de l'or qui en forme les murs, le sol et la voûte :

« Both roofe, and floore, and walls, were all of gold,

But overgrowne with dust and old decay.

And hid in darkenes, that none could behold

The hew thereof; for vew of cherefull day

Did never iu that house it selfe display,

But a faint shadow of uncertein light :

Such as a lamp, whose life does fade away,

Or as the Moone, cloathed with clowdy night,

Does show to him that walkes in feare and sad aftright. » (The Faerie Queene, Bk. IT, canto VII, str. xxx.)

Au premier de ces exemples on peut opposer cet autre effet d’une armure réfléchissant l'éclat du plein soleil :

« One in bright armes embatteiled full strong That, as the Sunny beames do glaunce and glide Upon the trembling wave, so shined bright, Ahd round about him threw forth sparkling fire, That seemd him to enflame on every side. »

(The Faerie Queene, Bk. IT, canto V, str, 11.)

Page 1