bid., v
« Earth trembled from her entrails, as again In pangs, and Nature gave a second groan. »
4. « Sky lowered, and, muttering thunder, some sad drops Wept at completion of the mortal sin. »
(Paradise Lost, Bk. IX, v. 1000-1003.)
Dryden.
Milton avait pu traverser vingt ans de polémique et rester poète. Ce fut une fortune unique. Ce que les successeurs de Shakespeare et de Spenser, ce que Ben Jonson et son groupe avaient conservé de la grande inspiration poétique avait sombré quand la tourmente politique eut pris fin.
Déjà, du reste, avant la révolution, les signes de décadence étaient manifestes. L’école littéraire qui fleurit pendant le règne de Charles [° est loin d’être sans valeur; mais elle nous apparait comme une continuation diminuée et affaiblie de la poésie de l’âge d'Élizabeth. Les dramaturges ont acquis une remarquable science de la scène, et cette habileté de main qu’assure une longue expérience. Ils ont conservé le don lyrique de leurs prédécesseurs, ils l’ont même développé et affiné plus que n'avaient fait les maîtres, à l’exception de Shakespeare et de Ben Jonson ‘. Mais la puissance dramatique a baissé. Ces dernières œuvres d’une grande école ne montrent plus ni la sûreté d'observation, ni la vigoureuse étreinte de la réalité qui sont au fond de la puissance tragique de Shakespeare et de ses contemporains. Et de même, la poésie, en dehors du théâtre, a conservé quelques-unes des qualités des grands poètes disparus : la langue colorée et éclatante, l’imagination prodigue, la verve spontanée et chantante. Mais là encore la fatigue et le déclin se trahissent, dans une fidélité moins exacte à la vérité des choses, dans un moindre souci et un moindre pouvoir de sentir et de traduire la nature. Le monde extérieur n’est certes pas absent de cette poésie; mais il n’en est plus l’intarissable inspiration. Les images qu’il suggère ne sont plus aussi directes; l'exactitude n’en est plus aussi sûre; leur rôle est de plus en plus subordonné et effacé. Pas un, il est vrai, de ces
1. Beaumont et Fletcher, Middleton, Webster, etc. Mr. Saintsbury a dressé la liste des plus remarquables parmi ces ariettes souvent délicieuses. (Elisabethan literature, p. 313.) Avec les derniers dramaturges de cette école : Massinger, Ford, etc. (mais à l'exception de Shirley), ce don de poésie et de musique légué par les maîtres est épuisé, quels que soient du reste les hauts mérites de plusieurs de ces écrivains.
poètes Cavaliers chez qui nous ne retrouvions quelques brillants souvenirs de l’admiration de la Renaissance pour la beauté des choses. Mais il est rare que, dans ces passages, un trait de faux goût, une infidélité de peinture ne viennent nous rappeler le caractère artificiel que tendent à prendre ces descriptions ‘. Celui même des poètes « carolingiens » qui est le plus imprégné de l'influence des champs, Robert Herrick, ne voit qu'une portion bien limitée des apparences diverses de Ia