The woods shall answer and their echo ring
(Summer, v. 16.)
« qui se jouent parmi les osiers tremblants » *, quand il nous montre «entre des rives pastorales, la Tamise d’argent — sur « les eaux de laquelle dansent les rayons du soleil, — et où les «aunes verdoyants forment une ombre frémissante ? ».
La « Forêt de Windsor » fournissait au poète une admirable occasion de développer librement ce qu’il y avait en lui de sens de la beauté des choses et de talent descriptif. Le poème était écrit au milieu même des scènes grandioses ou gracieuses qu’il se propose de peindre; l’auteur en était à cet âge où l’influence de la nature fait le plus facilement vibrer une âme de poète. L'œuvre cependant ne donne, comme les précédentes, que la promesse d’un talent de peintre; elle manifeste le même pouvoir, limité de sa nature, et volontairement comprimé dans son effet. On a souvent cité la description du faisan blessé par le plomb du chasseur *. Elle est en effet le meilleur spécimen qui puisse être donné de l’habileté de Pope dans ce genre. Il voit avec exactitude les aspects superficiels *; il n’a pas la sympathie profonde qui sent au-dessous de ces apparences la vieintime. Mais, au service de son observation un peu étroite et sèche, il a une admirable maîtrise d'expression. Ce passage de huit vers est le plus important de ceux où Pope s’arrête à décrire des scènes naturelles. Il en est d’autres qui ne sont pas sans bonheur :
«Ici, en pleine lumière, les plaines rousses s'étendent; — «là voilés de brume s’élèvent les monts bleuâtres, — et la «lande sauvage elle-même étale les tons empourprés de ses « bruyères *. »
«Souvent les vanneaux criards sont atteints du plomb mortel
1è « Let vernal airs through trembling osiers play. » (Spring, v. 5.)
Die OU Re ee tale « Along the silver Thame, Where dancing sunbeams on the waters played, And verdant alders formed a quivering shade. » : : (Summer, V. 3, 4.) 3. Windsor Forest, v. 111 et suiv.
4. Il avait pendant quelque temps étudié la peinture, et dut peut-être à cette circonstance la minutieuse justesse d'observation dont témoignent parfois ses œuvres.
Ga « Here in full light the russet plains extend : There, wrapt in clouds the blueish hills ascend. Even the wild heath displays her purple dyes. » (Windsor Forest, v. 23.)
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€— alors que de leur vol agile ils tournoient en effleurant les € bruvères !. »
€ Au printemps quand les fraiches vapeurs se traînent sur « la prairie, — le pêcheur prend son poste sous l’ombrage fré- € missant ?. »
Dans le miroir (du Loddon) le berger étonné voit souvent € — les monts renversés et le ciel reflété; — l’eau lui montre «un paysage de bois suspendus, — et dans l’onde mobile €tremblent des arbres absents ?. »
Au total, cependant, ce qui frappe le plus dans ce poème descriptif, c’est la faible part faite à la description. Ici, bien plus encore que dans le Cooper's Hill de Denham, dont nous parlions plus haut, les scènes et les objets naturels ne sont qu'un prétexte commode et un cadre sans cesse oublié pour des choses très différentes : personnifications et ressouvenirs d’une mythologie inanimée, développements historiques ou moraux, et patriotiques apostrophes.
Eh bien! cette portion si modeste à laquelle est réduit le monde des formes, des couleurs et des sons, ce minimum de description introduit dans les premières œuvres, Pope müri et en pleine possession de son talent le regarde comme un péché de jeunesse. Ce n’est pas, comme paraît le croire le critique dont nous avons cité l’opinion, parce que ses facultés poétiques ont subi une transformation. Ne le voyons-nous pas, après 1738, collaborer avec complaisance, avec plaisir et quelquefois avec un remarquable succès au grand poème où Thomson décrit la nature sous tous ses aspects *? S'il fallait choisir quelques exemples particulièrement significatifs du talent de peintre de Pope, ce serait peut-être dans ces notes
el. « Oft, as in airy rings they skim the heath, The clamorous lapwings feel the leaden death : » (Windsor Forest, v. 131, 132.)
2. « In genial spring, beneath the quivering shade, Where cooling vapours breathe along the mead, The patient fisher takes his silent stand. »
(lbid., v. 135-137.)
3. « Oft in her glass the musing shepherd spies The headlong mountains and the downward skies, The watery landscape of the pendent woods, And absent trees that tremble in the floods. » = (lbid., v. 211-214.) 4. Voir plus haut, p. 146.
proposées à Thomson qu’il conviendrait de les prendre. Mais s’il veut bien ainsi concourir à l’œuvre d’un confrère, il a, pour son compte, résolument éliminé cet élément des poèmes de sa dernière manière. Il ne parle que pour s’en excuser, et en plaidant les circonstances atténuantes, de cette époque où, dans ses vers, « la pure description tenait lieu de pensée * ». Ilest tout fier de s'être élevé à une conception plus raisonnable du rôle du poète. Il revendique le mérite « de ne pas s’ètre « attardé dans le labyrinthe de l’imagination, mais d’avoir mis « ses chants au service de la morale ? ». C’est encore la même idée, vue sous un autre angle qu’il exprime par cet aphorisme : «La nature doit céder à l’art * ». Enfin, la doctrine qu’appliquaient ses œuvres, le poète la prêchait autour de lui. Voici la formule qu’en a recueillie un critique enthousiaste : « Mr. Pope était d’avis que la poésie descriptive est une com- « position aussi absurde qu’un repas où l’on ne servirait que « des sauces “ ».