‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 117 sur 272 · Winfer · texte numérisé non relu

Winfer

3. Les vers 7^)4 à 76i du « Printemps » ont pris la place du passage sui* varit :

H Higli from Ihe snmmil of a crafi^y cli(T

tliing o*or tlic green sea, grudgin^ at ils base,

Tlie royal eagle draws liis young, rcsoived

Tu try them at the sud. Strong-pounced, and bright

As hnrnished day, they up Ihe blue sky >vind. •

che possible, et il ne la tente point *. Est-il certain que les oristes i» les mieux doués y puissent réussir? Les descrip- 1 (le la langue peuvent-elles jamais placer sous nos yeux les surs d'une scène ou d*un tableau, ou Texacte nuance d'un )ariiculier? Voyons comment y réussit tel peintre-poète :

« L'ensemble éblouissant de ces vives couleurs....

Où le jaune-citron, l'orangé, Tinearnat,

Le lilas, l'outremer, Tazur et le grenat.

Tous les Ions violents, toutes les note! franches

Eclatent au milieu des grandes masses blanches ^. »

s vers peuvent-ils nous suggérer une image de la moindre té? la réalisation du tableau ainsi esquissé ne peut-elle pas

on ami ut son élève, Savage, a <^lé plus audacieux. Les « Saisons « ferment pas une observation de couleur aussi compliquée que celle-ci :

- Tberc blue-vciPd vcIIonv, tliro * a sky serene, lu s>velling mixture foruis a floating green; Slrcaked tiiro* white clouds a mild vermilion shines, And the breeze freshens, as llie beat déclines. »

{The Urtm/p/rr, Canio V, v. 23:^236.)

i LES Bbeton, Œuvres poétiques : le Pardon de Sainte- Anne-la-Pnlud, il d'une scène dont le peintre s'i'st plus d'une fois inspiré et en parr pour une de ses toiles les plus impurlautes : /<? Pardon de Kergoat. IVnumcration des couleurs par l'écrivain ne reproduit guère TelTet Il par le peintre.

lutre exemple nous est fourni pur le petit poème Gronyar-lliU^ celte ion des •> Saisons » qui, par une si curieuse coïncidence, paraissait jes mois avant V » Hiver ». L'auteur, i)>er, était, comme notre Jules I, un peintre doublé d'un poète. L'oMivre commence par une invoà la nymphe qui colore la nature. Mais tout le coloris de Técrivain uit à des effets tels que celui-ci :

« Below me trecs unnumbered rise, Beautiful in varions dves : The gloomy pine, the poplar blue, The yellow bcech, the sable yew ,

And beyond a long and levcl la\N n.

On Nvhich a dark hill. steep and hi^h, Holds and charms the wunderinf: eve. »

a une incontestable fermeté d'observation dans la description; mais ire des effets de couleurs? Us ne sont pas plus complexes que chez son et ils sont moins justes. L'œil exercé de l'observateur a noté ileur un peu bleutée dans \o. vert du peuplier, un peu jaunâtre dans du h'Mre: et alors exagérant cette exacte Dotation, ne voyant plus la

dominante mais seulement Telément de distinction qui s'y mêle, il 'e bleu Tun de ces arbres et l'autre jaune. N'est-ce pas ainsi que se nt expliquer ces étrangetés de coloration qui, dans certaines pein-

découcertent les profanes?

produire aussi bien un barbouillage cru et déplaisant qu*UDe peinture d'harmonie éclatante comme le tableau qu'avait vu Jules Breton?

L'écrivain peut-il mieux réussir à rendre TelTet d'une nuaoœ spéciale, rare et subtile? Le vocabulaire de la langue s'y prête mal, mais une ressource y peut suppléer, c'est la comparaisoD avec un autre objet de nuance semblable et déjà connu. C'est le procédé dont se sont servis ceux des poètes de notre siècle qui ont visé surtoift à ces effets de couleur. Excellent s'il reste discret, il ne tarde pas, entre les mains d'un virtuose trop habile, à devenir la raison même et la fin de la description. Notre attention se porte alors sur l'ingénieux rapprochement de l'auteur, plus que sur l'objet qu'il s'agissait de peindre. Plus la comparaison est habile, c'est-à-dire imprévue et cependant exacte, plus grande est notre admiration de l'artiste, mais plus faible aussi Timpression provoquée en nous par Timagination de l'objet lui-même qui a fourni l'occasion de ces variations brillantes. Il nous semble que tel est bien le caractère de la plupart de ces pièces de Théophile Gautier, auxquelles conviendrait mal le nom de description, et où le poète-peintre a voulu fixer les teintes les plus délicates par une série de comparaisons accumulées *.

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