‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 128 sur 272 · I hâve seen · texte numérisé non relu

I hâve seen

A curions cliihl, wiio dwell upon a Iracl Of inland Riound, applyin^ to his car The convolutions of a smooth-lippcil sliell; To which, in silonce hushed, his very soûl Listeiicd inlensely; aiid his countcnance soon Hri^hlencd wilh joy; for from wilhiu wcre heard Murmurings, wliereby llie monilor expressed Myslerious union wilh ils native sea. -

Mr. Stedman, <|ui cite ces vcrsi et le sonnet de Lee-ilamilton [The Salure ntifl Klernenls of Porlrtj, \). 2ut;, -iOI), fait rrnianiuer que Wordsworth y a paraplirasé quehpies vers plus fermes de Landor {(icUr) :

« But I hâve sinuous shclls of peurly hue;

Siiake one and il asNakens, theu ap[»iy

Ils polished lips to >our attentive enr,

And il remembers ils anguàl abodes.

And murniurs as ihe océan uiurmurs Ihere. »>

2 <« The hollow sea-shell which for vears hath slood

On duslN slielves, when held against Ihe ear.

Cette tristesse pathétique n'est pas la note que rende sous le doigt du critique le poème des a Saisons ». En le constatant nous sommes amenés à dire quelques mots d'un caractère d'après lequel on a quelquefois groupé les écrivains, indépendamment des formes de leur art ou des pensées directrices qui guident leur observation. On a voulu distinguer les poètes en raison de leur pessimisme ou de leur optimisme. Nous ne pouvons trouver là un caractère fondamental de classement. 11 exprime en effet un état tout subjectif de Tàme de récrivain puisque la Nature si diversement interprétée est la même pour tous; et, en tout cas, cet état est extérieur et postérieure l'effort d'observation et de traduction de l'artiste. Mais il ne sera pas hors de propos de dire ici, pour terminer cette partie de notre étude, à laquelle des deux familles d'esprits se rattache Thomson. Il y a lieu d'abord à dissiper une confusion qui se mêle souvent à cette question. Nous n'appellerons pas un poète pessimiste parce qu'il a fréquemment exprimé des sentiments douloureux. Nous réserverons ce nom au penseur qui, de l'observation du monde et de la vie, tire une conclusion de négation, de mépris, de tristesse, de désespoir ou de révolte. C'est peut-être pour n'avoir pas établi cette distinction, (]ue les critiques ont parfois cru et enseigné que le pessimisme seul est poétique. Il est trop vrai que la tristesse et la douleur fournissent à l'écrivain une inspiration plus variée e plus puissante que la gaîté et le bonheur. « Les plus déses-

Proclaims itsstormy parent; and \ve hear The faint far murmiir of the breaking flood, Wc hear the sea. The sea? It is the blood In our own veins, impeluous and Dear, And puises keeping pace with hope and fear And with our feclings' cver-shifting mood.

Lo! in my heart I hear, as in a shell,

The murmur of a world beyond the grave. Distinct, distinct, though faint and far it be.

Thou fool! Ihis écho is a cheat as well,

The hum of earthly instincts; and we crave A world unreal as the shell-heard sea. »

(EtOENB Lee-Hamilton, Sonnets of the Wingless llours.)

)érés sont les chants les plus beaux ^ i» Il est vrai surtout que tre sympathie est émue par les premiers de ces sentiments is que par les seconds. Notre àme semble s'ouvrir plus ontiers à la souffrance qu*à la joie d'autrui. Nous nous assons plus facilement aux plaintes douloureuses d' « In Memo- 11 » qu'au chant d'allégresse de V « Epithalamium »; Shelley is émeut plus profondément dans la tristesse d' « Adonaïsi» î dans les extases d' « Epipsychidion * »; et, depuis Aris- \ la haute poésie dramatique sait qu'elle est vouée aux ;^iques souffrances et aux larmes . Mais cette puissance cprimer une douleur en vers émouvants ne s'associe pas cssairement à une conception pessimiste de la vie et de la ition. Quelques-uns des chants les plus déchirants nous t venus drames chrétiennes pleines d'espérance, ou de nés esprits que ne trouble pas la pensée de l'humaine jrance. Le poète philosophe que nous avons cité plus d'une , Emerson, n'a pas de pièce plus achevée, plus émue et en ne temps plus exquise de forme que sa « Threnody », sur iiort de son fils bien-aimé, de son « hyarinthine boy ^ ». Il 1 demeure pas moins le plus convaincu et le plus éloquent :eux qui ont cru que le monde est bien fait et que la vie est ne; que le poète doit être joyeux; qu'il a pour mission de andre sur l'univers un esprit de gaîté et d'allégresse, et il reçoit des choses une inspiration de bonheur confiant.

« Le Printemps fait encore du [)rintemps dans notre âme,

Ouand soixante ans sont passés ; L'amour réveille ce co'ur palpitant

Et nous ne sommes jamais vieux.

A. DE Musset, La Suit de Mai.

Nous voulons parler de cette fm radieuse du poème :

Emilv

A ship is tloatiog in tlic harbour now <*, etc.

f>eiiit ou qui imagine le ravissement de Tamour heureux. Voir îi ce sujet Stedmam, The Nature of Poetnj, p. 267. haute et pure philosophie de cette belle pièce est résumée dans ces

« SayioK •' What is excellent,

As God lives is permanent;

Hearts are dust, hearts* loves remaiii,

Hearfs love will meet thee again. »

Au-dessus des glaciers de Thiver,

Je vois récUit de Tété, Kt, à travers Tanias accuuuilé di*s tourbillons de neige,

Lt's chauds boutons de roses c|ui se cachent au-dessous '. »

Cesl bien renseignement que donne la nature à ceux qui l'ont aimée passionnément, à ceux qui Tont observée d'une vue directe, sans Kintermédiaire des systèmes ou des croyances. C'est l'impression qui se dégage du tableau qu'en a tracé Thomson. 11 s'est longuement enivré des mille beautés de l'univers; il s'y est plongé avec ravissement, comme ce faneur qu'il nous montre couché sur la prairie et tout recouvert d'herbe Fraîche, de fleurs et de parfums. Comment de toutes ces beautés, dont chacune est une joie, pourrait-on extraire cette essence : — la tristesse? Non les choses en elles-mêmes sont une source d'inépuisables et de pures voluptés. Il n'y a d'amertume en elles que celle qu'y verse notre passion on notre inquiétude. Elles ne sauraient être rendues complices de notre égoïsme ni de notre présomptueuse ignorance *. Leur vie d'ailleurs ne nous apprend-elle pas que les troubles, 1rs

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