Springstill makei^ Spring in thc mind
When sixly yoarg are told; Love Nvakes ancw this throbbin^ heart, And we are never oUi.
Over the w in 1er placiers,
I see tlie summer glow.
And througli the wild-piled snowdrift,
Ttie wann rosebuds below. »
[The World-Soul.)
Le plus cloquent des ap<Mres du pcssiinisuie. Schopenhauer, nVt-il pas dit lui môme : « Le malaise des soucis et dos passions est apaisé par un simple regard jeté sur Tunivers; le torrent des passions, Torage des désirs et des craintes, le tourment de la volonté, tout est aussitôt calmé d*iinc façon merveilleuse. • {/>/> Welt als Wiiie und Vorstellung^ cité par Ribol. p. 99 <le son étude sur Schopeuhauer.)
2. Le groupe des poêles naturalistes de l'Amérique : Emerson, Thoreau Whillier, Lowell, etc., olTre ce caractère de n'avoir jamais cédé à cette tendance. Un critique français la remarqué avec justesse : • Aucun d'eux n'a jamais eu le tort d'amollir iVune en faisant de la nature la complice de ses passions, fécho de ses douleurs.... Sur ce point ils se dégagent du groupe des grands peintres du paysage idéal : Bernardiu de Saint -Pierre, Cowper, Chateaubriand, Wordsworlh, Byron. Lamartine, G. Sand, sortis de l'école de Rousseau qui lui-même, selon Lowell, dérive à son insu de Thomson, ce poète incomplet mais sincère, le premier qui essaya de rendre avec des mots ce qu'avaient fait avec des lignes et des couleurs Salvator Rosa et Le Poussin. • (Benfzon, Le Snturalisme aux Étals^l'nis. Revue des Deux Mondes, i5 sept. 1887.)
violences et le désordre ne sont qu'un accident passager; que ce qui paraît lassitude ou épuisement n'est que repos et prépai*ation d'une énergie nouvelle; qu'il n'y a pas de mort, mais seulement une transformation de la vie? C'est la leçon qu'y a lue Thomson; et il letend à tous les modes de l'existence quand il termine son tableau du monde par ces paroles de confiante espérance :
« Los leinpéles de l'hiver passeront rapidement,
VA un él»»rnel printemps (;nvelop|»era toute la création '. »
Pour une autre raison encore il est éloigné d'une interprétation pessimiste. S'il ne verse pas dans l'illusion qui consiste à confondre l'une dans l'autre les deux moitiés du monde, il associe cependant toujours la pensée de l'homme, de ses travaux, de ses intérêts à la contemplation de l'univers. Et c'est là une préoccupation qui exclut une conclusion découragée. Pour Tobservateur qui voit les choses du haut d'un dillettantisme dédaigneux, le contraste entre le monde et l'homme peut faire ressortir la faiblesse et l'impuissance de celui-ci; et le poète, le voyant écrasé sous des forces inconscientes et brutales, prend en pitié la vie et l'acteur impuissant qui s'y agite une heure. Mais tel n'est pas le sentiment qu'inspire à Thomson l'univers. Il y voit le champ fécond de l'activité des hommes; il sait que leur labeur trouve dans les choses une aide, un concours assuré, et comme une sympathie inconsciente. Il sait qu'il y a harmonie étroite entre l'être humain et cette nature où il vit, dont il vit et qui le fait ce qu'il est. Sa poésie est utilitaire, si l'on entend par là que le souvenir de l'influence des choses sur les intérêts humains y est toujours présent. — Dans le beau traité d'esthétique auquel nous avons tant de fois déjà fait allusion, Ruskin jeune s'élevait avec véhémence contre celte conception mesquine et stérile qui mêle à la contempla-
1. Winler, i068, 1069.— Il y a cependant un passage des Saisons où Fou pourrait être tenté de voir une interprétation pessimiste de la vie et du monde. Le poète vient de <lécrire et de célébrer TAge d'or. Il lui Tant bien, quand il y compare le temps actuel, constater une décadence, et il parle de • nos djîes de fer », de - cette lie de la vie •. {Spririff^ 271, 307.)
Mai» ce n'esl pas dans ce passage qu'il faut lire la pensée de rccrivain. Il n*y a là que le développement d'un lieu commun et la transition établie par le poète entre deux beaux morceaux descriptifs : celui de lu nature à l'âge d'or et celui du Déluge.
tien du Beau l'humiliante préoccupation de l'Utile. Mais lluskin vieilli, relisant les pensées qu'il avait autrefois énoncées, les corrige dans ce qu'elles avaient d'exclusif et d'absolu : « A mesure que j'avance en âge les aspects de la nature qui a intéressent la vie des hommes me deviennent chaque jour c plus chers; et j'aime mieux aujourd'hui voir un champ de « brune moisson que la plus brillante Aurore boréale * i>.... « la jeunesse sympathise plutôt avec la joie, la plénitude et la « magnificence des choses, et les cheveux blanc avec ce qu'il « y a en elles d'achèvement, de satisfaction et de repos '. »
Ces sincères et profondes paroles du grand esthéticien sont une réponse à bien des reproches et à bien des dédains que l'on a opposés au poème des a Saisons ». Nous ne pouvons mieux clore qu'en les citant l'étude où nous avons tenté de déterminer les caractères de Thomson poète descriptif, et de montrer en lui un observateur et un peintre d'une franchise rigoureuse, d'une simplicité qui n'exclut ni la pénétration du regard, ni la variété des impressions, ni l'émotion de Tàme; un artiste qui aima la nature d'un vif amour sans éprouver le besoin d'y ajouter des caractères ambitieux et incertains; un homme enfin qui, de cette contemplation charmée, a fait passer dans son œuvre l'influence apaisante et heureuse qu'il a trouvée dans les choses '.
1. • As I hâve grown older, tlic aspects of nature conducivc to human life hâve bccome hourly more dear to me; and I had rather now see a brown harvest field than Ihe brightest Aurore Borealis. » (Modern PainterSt C'd. de 1888, vol. I, note de la p. 84. >
2. • ... The youth sympathizing more with the gladness, fulness, and magnificence of things, and the grey hairs wilh their compleliou, sufficieocy and repose. • (MOme volume, p. 92.)
3. Tel est bien renseignement qu'a su trouver dans Fœuvre de Thooison, un des phis fermes esprits du xvin* siècle et l'une des plus louchantes victimes de la révolution. Mme Roland, dans la prison qu'elle ne devait quitter que pour l'échafaud, se rappelait et citait de mémoire quelques vers des • Saisons ». Ils lui apportaient, comme aurait pu le faire la
nature elle-même, un réconfort et une influence apaisante. « Ces vers
de Thomson •, écrit-elle, « que je ne répète jamais sans attendrissement :
• IMeasM was I, in m y cheerful morn of life, When murs'd by careless solitude I liy'd, And sung of nature with unceasing joy, Pleas'd was I wandering through your rough domain, Through the pure virgiu-snows, myself as pure, etc. •
[Mémoires de Mme Roland.)