‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 13 sur 272 · lluco Arnot, The History of Edinburgh, p.3o · texte numérisé non relu

lluco Arnot, The History of Edinburgh, p.3o

4. • The Couneil enacted Ihat, whercas the not obli^ing ail persons to repair timeously to their lodgings at night, is one of the greatest causes of the abounding of drunkenness, uncleanness, night-revellings, and other

n'est pas de ceux où Ton contracte des habitudes de sévère discipline et de parfaite sobriété. Supposons du moins qu'autour des tables malpropres, dans les sous-sols obscurs des ruelles d'Edimbourg, James Thomson et les. amis qu'il fréquentait : Granstoun, Pettie *, le joyeux Mass John *, et Malloch ' s'eni* vraient moins de bière faible que de gais propos, de projets d'avenir et de hautes spéculations sur les choses de la science, de la philosophie et de la poésie.

Nous comprenons toutefois que le milieu ait semblé à Thomson peu favorable à l'éclosion des idées poétiques qui germaient en lui. Il saisissait avec empressement toutes les occasions de quitter Técole et la ville pour retrouver l'air, la lumière et la paix des campagnes. La résidence de son ami Granstoun à Ancrum, entre Jedburgh et Selkirk, fut un de ses séjours de prédilection pendant les périodes de vacances. La (( manse », où sans doute le jeune médecin habitait avec son père, ministre de la paroisse, était située sur les bords de l'Aie. En amont du bourg on remarque sur les rives rocheuses une quinzaine de grottes creusées dans des parties d'accès difficile, et qui sans doute avaient servi de lieu de refuge aux habitants, au temps des guerres du Border. James avait adopté une de ces grottes, la plus voisine de la manse, pour y rêver et y écrire. Son nom s'y voit, dit-on, sur le plafond, gravé peut-être de sa main; et elle est appelée encore a Thomson's cave », la grotte de Thomson *.

immoralilies and disorders, bo(h in houses and upon Ihe slreeU, and is a grcal liinderance to sober persons in Uieir worshiping of God, in accret, and in their familles, therefore they prohibit ail persons from being in laverns, cellars, etc., aftcr len at night, under penalties, at Uie dibcrclion of Ihe magislralcs,... and déclare their resolution to hold « two courts in the week, allenarly for cognoscing and puuishing of immoralilies, such as cnrsin.:*, swcaring, drunkcnness, brcach of Ihe Lord's day -, etc., and to «ive informers the third part of the fines as their rcward. • {Council register, v. 36, p. 862, — cité par Ar.not, p. 193.)

1. Pathick MiruDOCH, D. D., F. R. S., • the oily man of God », du Château d'Indolence, l'ami fidèle et le biographe de Thomson. 11 devint un mathématicien distingué, et mourut à I^oudres le 12 novembre 1174.

2. Mass Jour ou .Misjohn, le boute-en-train, semble-t-ii, de cette troupe de jeunes gens, se nommait Gabriel Wilson et devint ministre de Maxton, du pre8!)ytèri^ de Selkirk.

3. Maixocu. l'écrivain gagé de Walpole, l'éditeur posthume de Bolingbrokc, trop connu pour qu'il soit utile de présenter sa biographie. Il changea son nom en celui de Mallet comme plus euphonique.

4. Gooniiion, Tfh> English Gmileman's Hbrar;/ Mamiaf, p. 256. — The

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Le jeune poète cependant poursuivait longuement le cours de ses études. Devenu en 1719 étudiant en théologie, il recevait le 2 novembre 1720 une bourse du a presbytery » de Jedburgh *. Les livres de l'université mentionnent des exercices exécutés par lui en février 1720, février 1722 et mai 1724. Sa bourse est, le !•' janvier 1724, renouvelée pour une année, et (réserve qui paraît montrer qu'on soupçonnait l'aspirant ministre de tiédeur), il est invité à envoyer au « presbytère » des certificats de son assiduité à suivre le cours du professeur de théologie.

Le moment approchait où il faudrait prendre un parti. Thomson pouvait comme Riccaltoun, comme Cranstoun, comme Murdoch ou Wilson entrer dans la carrière ecclésiastique, et se réserver d'en rompre la routine monotone, en continuant les exercices poétiques de ses années d'études. Il lui aurait fallu, pour accepter cette disposition de sa vie, moins de vocation poétique et plus de goût pour le ministère religieux. Mais il était poète; le fait devenait chaque jour plus évident, et les vers l'occupaient chaque jour davantage. Ce n'était pas que ses productions rencontrassent une approbation unanime. Murdoch, près de quarante ans plus tard, parlait encore avec amertume deces critiques d'Edimbourg qui n'avaient pas su comprendre lo génie de son ami, et qui, dans ces œuvres de jeunesse, n'apercevaient que des défauts. Thomson ne prenait pas si fort à cœur ces opinions défavorables. La même sûreté de goût ^^ la même indépendance de jugement qui jadis lui faisaient, à Southdean, immoler gaîment ses propres œuvres lui permet- ^^ent aussi d'apprécier à leur valeur les critiques favorables ^û hostiles. Il savait écouler les avis de Riccaltoun quand ^'ui-ci combattait une tendance naturelle à l'emphase ' ; il

"^ Statistical Account, etc., vol. III, p. 2i4. — La groltc est devenue, P^ suite d'ëboulemenls, impossible d'accès. Le Rèv. John Mair, de ^uthdean, y parviat, non sans peine, il y a une trentaine d'années, et ^ostata l'existence des initiales J. T.

I. ScoTT*8 f*af/i, etc., part. IV, p. 519. Le renseignement a échappé aux plus récents biographes. Sir Harris Nicolas arfirme niéuie que Thomâon f^'obiiat pas de bourse, et l'opinion est endossée par P. Cunningham.

1 Bien des années après, Riccaltoun écrivant à un ami au sujet de poésies d'un Mr. Muir, d'Orwell, qui lui avaient été soumises, s'exprimait ainsi : < I hâve looked over the spécimen you sent me of his poelic laleoLs; and, had I the same opporluuitics, I wouid treat him as I did Mr. Thomsoo, and still do ail my friends in that way; viz. to discourage to iie utmost of iny power indulging thaï humour where it requircs more

savait dcdaignoi* sans s'abaiulonnor au découragement les coiidauinations niiutelligentes et malveillantes des juges dont parle Murdoch. Mais il semble avoir conclu que, malgré les chaudes approbations de quelques amis, son talent ne trouverait pas à Edimbourg la considération à laquelle il devait prétendre. La capitale écossaise pouvait assurer une renommée de clocher à des poètes chantant, comme Allan llamsay, dans le dialecte local, les coutumes, les costumes, les menus événements de la ville et de ses environs. C'était autre chose cfue voulait James Thomson. Il entendait exercer sur de plus vastes sujets le don de poésie qu'il sentait en lui. Il voulait pour instrument, non pas la langue du spirituel perruquier devenu libraire, du poète lauréat du club des Sans-Souci \ mais celle de Spenser et de Milton. Et il tournait vers l'Angleterre et v^îrî Londres ses regards et ses espérances. Il fallait dès Ion renoncer à la carrière pour laquelle il allait être prêt. Il étSLÎt nous pouvons le croire, disposé à le faire sans regrets. C'ét^i-î-'' comme le dit Murdoch, le choix de son père et non pas le si^^ qui avait orienté sa vie vers ce but. Il n'avait pas hérité d& 1 foi de Thomas Thomson. L'Kglise presbytérienne, avec s<^ dogme austère et sombre, avec sa discipline inquiète et intol ^ rante, éloignait le jeune homme dont le cœur s'ouvrait confi à tout sentiment de large humanité, et Tesprit à toute influe de joyeuse et enthousiaste admiration. Il semble même qu^ vieille cité presbytérienne n'ait pas réussi à fermer ses por** à ce vent de scepticisme frondeur qui soufflait de TAngletef:^ L'esprit des Bolingbroke et des apôtres de l'incrédulité coi*^ mençait-il à recruter des adeptes jusque sur les bancs de faculté de théologie? On le croirait assez d'après le ton de ^^ deux ou trois lettres qui ont conservé pour nous, comme ^ fragments d'un miroir, quelques reflets brisés de l'esprit ^ James, a May I be damned, if.... », écrit ce jeune lévite, ^ début de sa lettre de 1720 à Granstoun ; et, cinq ans plus ta. ^^^ dans une lettre au même ami, il demande à Mass John, ^^ joyeuse mémoire, comment il a pu « traîner avec lui un ^^^

judgment Uian evcrybody is master of to kccp imagination and fancy' to their proper province. » :LeUre écrite de Hohkirk, le 30 avril 1759.)

1. Tlic Easy Club conTéra celle distinction à Allan Ramsay vers 1712. // ii*y avait pas longtemps qu'il avait renoncé à son premier métier de perruquier.

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I bagage de bonne humeur à travers les sentiers épineux des c systèmes et de la théologie scolastique )>. Enfin notre jeune homme n'était pas dépourvu d'ambition mondaine *, et nous savoosque TËglise écossaise n'avait à oiTrir à ses prêtres qu'une position fort humble *. Pas de hiérarchie; pas de riches bénéfices comme ceux de l'Église anglicane, et, pour l'acquisition

•des postes les meilleurs, le choix d'assemblées près desquelles Mectation d'un zèle extrême comptait parfois plus que le talent, le caractère ou la vertu modeste.

Tels étaient donc les désirs d'indépendance, de gloire et de fortune, qui flottaient dans l'àme de Thomson, attendant l'accident, le choc léger qui les ferait cristalliser. Il ne tarda pas à se produire, et aussitôt, de toutes ses répugnances pour l'avenir Çui lui avait été préparé, de toutes ses aspirations vers un iutre idéal de vie naquit la résolution de quitter TÉcosse.

II suivait depuis plus d'une année le cours de théologie de ^- William Hamilton ', quand ce maître lui fixa comme tâche

. ''ne dissertation explicative d'un psaume *. Le jeune homme '^t son travail dans la grande salle de la faculté de théologie, '® 27 octobre 1724. L'effet produit par son langage coloré et

^* • There is another life aflcr this, which dépends as to its happiness ^n oar virtue, as this for Ihe roost parton our fortune. >• (Lettre à Crans- *^^n, écrite à la veille du départ d'Edimbourg.)

. ^- II est vrai que TÉglise anglicane avait aussi pour quelques-uns de ses ''^nibles serviteurs une médiocre générosité : 40 livres par an, c'était le IJ^^^re, à Pallas, du père de Goldsmith, le modèle de Timmorlel pasteur ^* >VakeOeld.

^< Le Révérend William Hamilton, ministre de Cramonl en lOOi. fut '^^Qiiné professeur de théologie en 1709, et devint, en 1730, principal du ^^llège de Jacques VI. 11 mourut en 1733. II passait pour un homme

^iâlingué pour sa piété, son savoir et sa modération •. (Soott's Fasti, •^* 67; — Sir Alexander Grant, The Slorff of the UniversUy of Edinhurgh, ^5^1.11, p. 238.) — J. Ramsay of Ochtertyre dit de lui • qu'il y avait une ^^Dcérité, une bonté et une veine de libéralité daus tout ce qu'il disait ou ''^îsait qui lui gagnait le cœur de ses élèves, et leur faisait épouser ^lialeureusement ses opinions et ses sentiments » {Scotland and Scolsmen *»l the xviii'* cenlury, p. 228).

4. C'était la 10* section du psaume CXIX. Il s*agissait d une sorte de Germon sur un texte indiqué. Nous n'avons pas à supposer un moment ^ueTbomson ait donné à la place une pièce de vers. C'est ce qu'ont cru cependant plusieurs biographes. Shiels avance même que ce que le Hévé- ^nd professeur bl&ma principalement fut le choix de vers non rimes; il les jugeait indignes d'un pareil sujet. — La vérité est qu'une confusion l'est établie entre cette homélie sur un fragment du psaume CXIX et la paraphrase poétique du psaume CIV, dont nous avons parlé déjà comme tvaol été écrite par Thomson à Edimbourg.

magnifique fut tel que Tauditoire éclata en applaudissemenli Mais le professeur fut plus sévère. Il loua le talent de récri vain, mais il en déclara remploi inopportun. Il fit observer a jeune poète que l'éclat et la richesse du style ne sauraier remplacer les facultés plus modestes grâce auxquelles u ministre du culte met la parole divine à la portée d'un humble congrégation. C'était autre chose que des qualités litU raires qui pouvaient assurer le succès dans la carrière ecclé siastique. L'autorité personnelle, la bienveillance et la larger d'esprit de M. Hamilton rendaient l'avis particulièremei significatif. Thomson ne voulait pas renoncer aux lettres; renonça à la carrière ecclésiastique *.

Dès ce moment, il s'occupa de préparer son départ. Que proposait-il de faire à Londres? Nous ne le savons pas exact ment. Ses lettres renferment quelques vagues allusions a 3 grand projet » qu'il nourrissait. On a supposé que peut-èL il songeait à entrer dans le clergé de l'Église anglicane. Il nous semble pas admissible que ce projet eût pris corps ; moment où il quittait l'Ecosse. Son but dernier était assui" ment de devenir homme de lettres, et sans doute il espéra qu'à la gloire poétique viendrait s'ajouter pour lui, comr pour bien d'autres, quelqu'un de ces bénéfices laïques do les hommes d'État et les grands seigneui's disposaient. Quai aux ressources à se procurer immédiatement, il comptait si sa bonne étoile avec cette confiance qui soutenait le courag de tant d'Écossais venant chercher fortune à Londres. So ami Mallet, l'humble fils d'un aubergiste des Highlands, I « janitor » du High-School d'Edimbourg, n'était-il pas attach comme précepteur à une riche et puissante famille'? N'avait-i pas lui-rnème à compter sur de précieux concours? L'auditeu Benson après avoir pris connaissances de quelques-unes de pièces écrites par le jeune homme, lui prédisait le succès e lui promettait son appui. Une dame de qualité, lady Grizf Baillie, parente de Mrs. Thomson et poète elle-même ^ s'en

1. Mr. William Hamilton ne sut pas mauvais gré à son élève de cett décision. Il s'intéressa à la carrière du jeune poète, et nous le voyon figurer parmi les souscripteurs à la 1" édition des * Saisons •.

2. Le duc de Monlrose ayant besoin d'un précepteur pour ses fils sVlai adressé ou collège qui lui envoya Mallet.

3. Klle appartenait à cette grande famille des Home h laquelle, nou

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gageait à aider James à Londres. 11 se munit en outre de lettres de recommandations, Cranston lui en donne une pour un cousin habitant la capitale *, et une autre pour un Mr. Elliot% frère sans doute de Sir Gilbert EUiot. Thomson en sollicite une aussi d'un Mr. Golden, et se plaint avec une certaine amertume de l'indifférence du digne homme qui se borne à lui offrir ses souhaits et ses prières. Tous les préliminaires du voyage sont enfin terminés, et il s'embarque à Leith, par une nuit agitée ■* de février 1725, accompagné jusqu'au bateau par sa mère. Il emportait pour tout bagage beaucoup d'espérances, et très peu d'argent, une forte dose de résolution, quelques fragments poétiques, et ses lettres de recommandation enfermées dans un mouchoir noué.

l'avons dit plus haut, la mère de Thomson se rattachait (voir, p. 8, note 1). ^ Elle estrauteur d'une chanson pleine de saveur et qui Tut très populaire.

• Were na m y Heart licht I wad dee. •

1^ petite pièce parut cette même année 1725 dans VOrpheus Caledonius

^l fui reproduite par A. Ramsay dans The Tea-Table Miscedany, Cette

femme d'esprit, qu'on aime à trouver parmi les premiers patrons du jeune

Thomson, était aussi une femme de CŒur. Elle avait dix-huit ans quand

^^ père, sir Patrick Home de Polwarth, fut compromis dans le niouve-

'^(nt d'iosurrection presbytérienne auquel s'est attaché le nom de Jer-

^^ood qui en avait été le promoteur et en fut la victime. La jeune fille.

Pendant un temps prolongé, servit de messagère à son père qui s'était

caché dans un souterrain du cimetière de Polwarth; elle lui portait de

1^ nourriture, lui transmettait les avis utiles, et lui sauva la vie. Plus

|^f<l elle épousa le fils de ce Baillie de Jerviswood, Tami malheureux

1*^ sir Patrick Home. Au moment où nous la voyons s'intéresser à

Jhonison elle dispose d'une influence considérable. Son mari est membre

^^ift Chambre des Communes; son père est ou va devenir lord March- "ïûni.

^* La lettre à Cranstoun (Edimbourg, février 1125), telle qu*on la lit dans l'^dine Edition porte : n Your letter to my cousin, I do not doubt, will ^ considerably useful to me, if I can find him out •. 11 faut évidemment ure • your v au lieu de • my cousin ».

3« Probablement le Mr. J. Elliot que nous voyons figurer parmi les ^uscripteurs à la première édition des « Saisons », entre le capitaine Wil. EiJiot et Mrs. Elliot.

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