Anittmn^ oVô-VAH
'2. Nous avons parlé du bain de Musidora et des peinturi^s iadiscrèle> du poùte. Dans lo même clianl, voici :
« ttie ruddy maid
Ilalf nakud ewellin^ on the si^lit. •
(Summer, 355, 356. ■ VA dans rAutomne :
« Her every cliarin abroad, llic village toast Yonnp, buxom, warm. in native beauty rich, Darls not unmeaning looks. •
(Autumn, 1226-1228.)
Ses statues de bronze n'ont pas moin? que les marbres qui ngureaU<:â jounts lllles d'Auf-leterre ce caracbTO de beaulê pleine, é]mnouie. un peu maté ri elle :
• Mis brothor Niger too, and ail llie floods In whicli the full-formed inaids of Afric lave Tlieir jelty limbs. -
{Summer, 822-824.)
'^. !>(' la LU it' rature, préface de la 2" édition.
^. Ihiff.. clinp. XV. • De rima^inalion des Anglais ».
Science.
es sciences naturelles, non moins que la philosophie, ient eu pour Thomson un attrait qui survécut à ses années nivei*sité. Sa poésie y a plus d'une fois trouvé une inspira- { heureuse. Le poème sur la mort de Newton montre avec 1 succès son vers et sa langue se prêtaient à Texposé des ndes hypothèses de la science. Les a Saisons » renferment nombreux passages où l'auteur mêle à ses descriptions pit- .^sques le souci d'une explication scientifique. Non pas du te que le poète oublie son véritable rôle et se place, pour erver la nature, au point de vue qui convient au savant, explications et les investigations de la science ne viennent plus que les spéculations de la métaphysique troubler sa re vision des choses. C'est en artiste et en poète qu'il coniple le monde. L'intérêt qu'il prend aux réponses fournies la science vient s'ajouter ch(;z lui à l'observation directe apparences, sans dénaturer l'émotion qu'il éprouve ni pression qu'il nous en donne. Tout au plus pourrait-on îver quelques rares passages où une confusion s'est établie !'e les deux personnages, et où le pseudo-savant vient faire . au poète. Il lui arrive par exemple, dans un accès de forte curiosité, de prononcer tel souhait où l'artiste eût dû r une profanation. Il voudrait pénétrer le secret de la fortion des sources, et s'écrie : « O génie de la science,... mets nu la montagne; révèle sa structure secrète aux yeux tonnés! arrache aux Alpes leur fardeau de sapins; arrache u Taurus l'énorme et encombrant vêtement de ses bois (Treux ^... »
iiutilede dire que ces notions scicMitifiques ne sont pas tours telles que le savoir moderne les puisse accepter. Klles roduisent les connaissances d'alors telles que pouvait les Drasser un esprit avisé, volontiers hardi dans ces matières, L'ptant d'enthousiasme les hypothèses des derniers arrivés
Autumn, *'l) 78 'i.
404 JAMES TBOMSON.
el des plus entreprenants parmi les chercheurs. Les difiérentes découvertes de Newton dans le domaine des sciences naturelles sont rappelées on plusieurs passages des « Saisons », indépendamment du brillant exposé qui en est fait dans le poème consacré à rillustre savant. S'il y a là même une part aujourd'hui condamnée, à plus forte raison les erreurs se rencontrent-elles dans les occasions où Técrivain ne s'appuie pas sur la haute autorité d'un Newtoïi. Dès le début du a Printemps » lauteur, après tant d'autres poètes — et il ne devait pas être le dernier, — fait du mois de Mai le temps des roses. Il croit que le c mildew » est causé par le brouillard *. II explique la formation des saisons par une pure fiction poétique *. Il répète, après Virgile, que le taon vit en troupes *. Il enregistre la commune erreur que les oiseaux brillants des tropiques ne puissent être d'aussi ravissants chanteurs que les oiseaux de nos climats *. Ses explications de la formation des orages et de la nature de la foudre ont le tort de venir quelque vingt ans avant les travaux de Franklin *. Il ne devait pas lui-même croire avec beaucoup de conviction que la peste soit due à l'influence des étoiles®. Il s'est trompé en supposant que c'était le mâle du ver luisant qui avait le pouvoir phosphorescent que l'on sait "; ce que. les naturalistes de son temps prenaient pour une lanterne, ceux du nôtre y voient un phare, le phare de Héro. Les hirondelles ne sont pas engourdies pendant l'hiver •, et sa sympathie pour les jolis oiseaux aurait été accrue s'il avait mieux connu leurs mœurs. Pour aucune de ces erreurs on ne songera à lui tenir rigueur. Pour quelques autres on est tenté de se féliciter qu'il se soit trompé. N'est-ce pas une heureuse fiction qui lui fait supposer que le soleil, dont Newton vient do décomposer les rayons, forme et colore directeujent les diverses pierres précieuses dans les profondeurs de la terre '? le tournesol, nous
t. Spring, Utl. — 2. Ibid., 310 et suiv. :\. Summer, 41»8, iOO. Cf. Virgile :
" Plurimus Albiirnum volilans. oui nomoQ asiio Homanum csU (Iraii n'struui vertêro vocantes. •
(« r,(>orîziqi]cs -, liv. UI, v. 147, 148.)
i. Summo'y 138-740. Sur ce siijcl on lira avec intérêt quelques pa^'es charmantes de J. Bunnouoiis, EiujUsh and American song-birds, in Fre^ffi Fields, p. 159.
5. Summet\ lÛOo-lOir,. — (J. //>«/., [Oi)\. — 7. Ihid., 1683. — 8. Autumn. 836-847.— 9. Summev, liO-l.-iîï.
assure-t-on, ne suit aucunement les mouvements du soleil. Les poètes continueront, je le crains, toutes les fois qu'ils le jugeront à propos, de lui faire a tourner vers Tastre son sein énamouré * ». A défaut d'une explication plus certaine des fonctions de la comète, il ne nous déplaît pas de rêver avec Thomson que ce sont tt des soleils alimentant la vie de mondes lointains ' ». Et s'il a tort de penser que les fils de la Vierge soient une condensation de la rosée ', qui voudrait détruire cette erreur pour se rappeler que ces lils chers aux poètes sont le produit et le moyen de locomotion de je ne sais quelle araignée?
Parfois aussi Tauteur des a Saisons » fait plus qu'enregistrer les croyances de son temps. 11 affirme que les diverses planètes sont habitées ^ Elles sont les séjours de nos âmes dans leurs transmigrations successives. C'est un rêve pour lequel le poète n'a pas à solliciter l'indulgence. Mais il a voulu aussi, dans un ordre de faits où le contrôle est moins impraticable, échafauder sa petite théorie scientilique. La chose n'a pas été sans l'entraîner dans d'assez singulières aventures. L' <t Automne b nous présente une étude et une explication des sources \ Les sept premiers vers du passage contiennent un exposé conforme aux données de la science. Puis vient l'énoncé d'une autre hypothèse; treize vers sont employés à la présenter, et vingtsix autres à la réfuter. La complication s'explique ainsi : l'auteur adopte dans la leçon définitive la théorie que dans les premières éditions il déiîlaniit insuflisante, et il réfute alors abondamment celle qui l'avait d'abord séduit. La tâche était pour le poète de conserver dans ses vers les deux théories alternativement déclarées vraies et fausses, et d'y ajouter une réfutation d'abord inutile. Il faut avouer qu'il s'est mal tiré de l'embarras où il s'est mis.
Une autre tentative assez ambitieuse est celle qui nous explique le phénomène de la congélation. Thomson, selon la doctrine alors courante, la croit produite par « des myriades K de petits sels crochus, ou bien en forme de doubles coins, et « répandus à l'infini dans l'eau, la terre et l'éther ^ ». C'est une hypothèse qui avait chance de lui plaire. Il est apparent qu'il aime ces théories qui mettent l'esprit en présence de nombres
1. Summer, 210, 211. — '2. Jbid., 1123-112'.). — 3. Autumn, 1211, 1212. — 4. Winter, 104-106. — o. Autumn, "ï30.«3o. — 6. \Vintet\ 718-:20.
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inlinis et de prodigieuses grandeurs. Celte idée d'une multitude de cristaux invisibles emplissant l'univers avait séduit son imagination, comme Tidée du voyage mystérieux des gouttes d*eau de la mer aux montagnes à travers les sombres immensités des roches, l 'ne fois au moins la ménie tendance de son esprit le sert plus heureusement. Il y a comme une vue prophétique des enseignements les plus récents de la scienre dans les vers où il célèbre la prodigieuse fécondité de la nature et rinépuisable multitude des organismes infiniment petits. a Au-dessous des insectes, par d'inlinis degrés, quelles espèces <c innombrables descendent et finissent par échapper même à la « vision du microscope! La vie fourmille dans toute la nature; « c'est une masse merveilleuse d'êtres vivants ou datonies (( organisés qui n'attendent que le souffle de vie '.... »
Voilà comment le grand poème descriptif donnait en même temps quelque satisfaction à ce besoin de savoir, à cet amour passionné du vrai qui est un des titres d'honneur du xvnr siècle. Les parties des a Saisons » que nous venons de rappeler devaient avoir pour les contemporains de Thomson une valeur et un intérêt qu'il nous est assurément diflicile aujourd'hui d'imaginer fidèlement.
Jugements littéraires.
Nous aurons enfin achevé de passer en revue les principaux éléments d'intérêt ajoutés par le poète à ses descriptions de la nature, si nous signalons les jugements qu'il a portés sur quelques grands écrivains, et les rares passages où sa muse, d'habitude grave et un peu guindée, se détend et s'abandonne aux saillies de l'esprit ou de l'humour.
Thomson est très sobre d'appréciations sur les poétesses contomj)orains. Il faudrait excepter le passage où il parle de James Hammond. Mais, on a pu le voir par ce que nous en avons dit, c'est en ami bien plus qu'en critique littéraire que Thomson s'est exprimé dans cette occasion. Sur Voung * ou Gay ', quel-