‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 154 sur 272 · Summer, 281, 369, 596, 471 ; AuUimn, 319, 103^ etc · texte numérisé non relu

Summer, 281, 369, 596, 471 ; AuUimn, 319, 103^ etc

10. Spring, 168,672,730; Swmmtfr, 927, 1021, 1851; Autumn, 358; Winlei-, 314, 528.

11. Le sens énergique du verbe a demand • est mis en lumière par

former directement du latin des mots savants. L'effet est rarement heureux. Ces vocables nouveaux ont presque toujours quelque chose de prétentieux et de pédantesque. Ils consenenl au milieu des autres Tair d'étrangers et d'intrus. C'est que les mots, et surtout les mots de la langue poétique, ne sont pas de simples signes algébriques correspondant, avec une exacte et froide précision, à telle ou telle notion. Ils portent en eux, soit isolément, soit par les combinaisons dans lesquelles l'écrivain les groupe, un pouvoir de suggestion qui fait leur valeur poétique. Ils évoquent une image, une sensation, et parfois, comme dernier retentissement dans les profondeurs de notre être, une émotion. Mais il est rare qu'un terme nouveau ait cette puissance d'association. Il n'y a pas en lui cette sève dont sont gonflés les mots qui participent depuis longtemps à la vie du langage. Ceux-là seuls, par l'usage qu'en ont fait plusieurs générations et des écrivains de génie, ont pris une valeur à la fois précise et variée, riche de nuances immédiatement reconnues. Pour les termes d'une langue comme pour les arbres d'une forêt, c'est d'une longue vie en commun et d'influences mutuelles que résultent le caractère propre de chacun en même temps que l'harmonie de l'ensemble. Le nouveau venu, violemment implanté en plein développement, a peu de chances d'adaptation et de survie. Les néologismes latins de Thomson sont trop souvent dénués des qualités qui pourraient leur faire prendre racine dans la langue. Leur sens n'est pas facilement apparent. 11 faut le chercher dans une langue savante dont tous les lecteurs n'ont pas la clef. Alors même que la valeur du radical latin est connue, lein ot ne porte pas toujours en lui-même la détermination exacte de la nuance de sens visée par l'écrivain.

l'anecdote suivante que raconte M. Boiitiuy dans une de 8es savantes éludes sur la Couslitution des Etats-Unis : * Un peu après 1730... les rapports... étaient fort aigres entre les deux nations; le président Jackson alla même jusqu'à proposer au congrès des mesures d'un caractère extrême. Sur ces entrefaites, une dépêche française parvint & la Maison- Blanche. Elle commençait par ces mots : « Le gouvernement français demande... ». qu'un secrétaire ignorant traduisit tout uniment par : The Fi^ench government demanda. Le président Jackson no savait pas notre langue. A peine eut-il entendu cette phrase qu'il se récria : • Si le gouvernement français ose demand quoi que ce soit aux Étals-Unis, il n'obtiendra rien.... »> {Études de droit constilutionnel^ France, Angleterre, États-Unis, par E. Boutmy, Paris, Pion, 1883, p. 87-89.)

LES « SAISONS ». — LA LANGUE ET LE STYLE. 4âi

De fait, bien loin que ce terme apporte à la phrase son appoint de force ou d'éclat, il ne sera compris que grâce au contexte. Quelques exemples permettront de préciser ces observations :

The torpid sap, lietruded to the root By winlry winds *.

Les lettrés seuls entendront ce participe, et à ceux-là même l'expression paraîtra inutilement pompeuse. La langue a bien une forme a protrude » (et l'emploi qu'en a fait le poète dans un passage de V « Automne », risque de rester obscur*). Mais quand, du même radical, il veut former un dérivé nouveau, il ne voit pas que ce radical n'a pas en anglais de valeur propre, qu'il ne vit pas de la vie du langage, qu'il ne peut se prêter aux modifications que subissent aisément des termes vraiment anglais, et que, pour bien des lecteurs, même pour ceux qui connaissent l'adjectif « protruding d, le mot « detruded », restera affecté et quelque peu mystérieux '.

Le même désir d'ajouter à son style les ornements d'une élégance académique et savante explique l'usage des termes cités plus haut, et de nombre d'autres tels que c sequacious*, conjunctive *, ensanguined *, vacant ' au sens de « inoccupé », etc. La même cause fait comprendre le rôle attribué à certains termes abstraits tels que perfection^ ou oppression^; et le transport à la langue poétique de mots qui conviennent mieux au langage du raisonnement, de la logique et des sciences :

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